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Interviews


Interview Neg’Marrons

Cet article a été rédigé par Jude | publié le 1 juillet 2008 | 00h25
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Neg'Marrons

Entre deux séances d’enregistrements, les Neg Marrons ont accepté de nous recevoir en exclusivité pour nous parler des « Liens Sacrés » Leur 4ème et tout nouvel album dans les bacs.

B2d. Bonjour Neg Marrons, tout d’abord félicitations pour vos dix ans de carrière et de succès. Vous attendiez vous à connaître un tel succès lorsque vous avez commencé en 1997 ?

Ben-J : Oui on savait. On savait bien sur… (rires)

Jacky : Déjà on savait même pas à l’époque qu’on allait ne serait ce que sortir un album. Nous quand on a commencé, c’était par passion de la musique. Rien que le fait d’être les superstar dans le quartier, pour nous ça nous suffisait. Aujourd’hui d’être là encore après dix ans, de pouvoir sortir le 4e album et d’avoir toujours autant de niac et d’énergie, et de voir que le feu brûle toujours autant. Ben ouais on est toujours content, mais c’est clair qu’on pouvait pas le prévoir.

B2d. Comment entame t’on la sortie d’un nouvel album après tant d’années de succès derrière soi ?

Ben-J : On a toujours quelques petites appréhensions parce qu’avec les trois premiers albums on a fidélisé un certain public. On a habitué les gens à une certaine qualité, au niveau artistique. Nous on s’est enfermé pour faire ce disque dont on est pleinement satisfaits. Artistiquement on est content de tout le contenu. Maintenant c’est clair qu’on appréhende un peu de savoir si le public va être réceptif, si il va bien ressentir la vibe comme nous on a envie qu’il la perçoive. J’te parle même pas après de l’aspect business qui fait que l’industrie de la musique se porte pas très bien. Il y a quelques petites appréhensions. Mais globalement on est surtout pressé d’aller défendre ce disque sur scène. On est pressé qu’il sorte. Parce que ça fait un peu plus d’un an qu’on bosse dessus. On a hâte qu’il soit dans les bacs quoi !

Jacky : Dans les bacs et dans les blocs ! dans les autoradios !

B2d. Avec Cesaria Evora, qui sont les autres invités sur cet album ?

Jacky : On en a plusieurs, on a déjà le big big Admiral T, avec qui on a fait un morceau qui s’appelle « L’Union ». On a Mr Toma avec qui on a un morceau qui s’appelle « L’encre du Bitume ». On a Faya D notre pote de toujours. On a la famille, Arsenik, Pit Baccardi. On a une jeune fille qui s’appelle Gen Renard, qui évolue plus dans le RnB et qui là a posé sur un morceau dance hall. On a un gros morceau de dance floor avec Big Ali, un morceau qui va retourner tous les club, tous les sound system, tous les dance floors. On a un morceau aussi avec tous les jeunes couteaux de notre ville, Garges. Y a du monde en invité, mais c’est que des choix du cœur.

B2d. Pour en revenir à « Petites îles » le morceau avec Cesaria Evora, comment c’est passé cette collaboration ? Et toi Jacky qui est originaire du Cap Vert, peux tu nous dire ce que cela représente pour toi ?

Jacky : Pour moi c’est un honneur. Quand on a fait le morceau, quand on l’a rencontré, quand on a fait le clip ensemble, il y avait beaucoup d’émotions. On a beaucoup de respect pour elle de par son parcours, de par ce qu’elle représente dans la musique, et aussi parce que c’est une grand-mère. On est obligé d’avoir énormément de respect. A la limite, quand on était sur le tournage du clip, c’est plus elle qui nous mettait alaise que l’inverse. On était quand même assez émus et contents. Beaucoup de fierté ! C’est vraiment un morceau qui nous fait énormément plaisir. Parce que c’est vrai que Cesaria Evora, au-delà de la musique cap verdienne, c’est un nom qui raisonne dans le monde entier.

Ben-J : Moi je ne suis pas cap verdien, mais ça m’a fait quelques chose quand même. Parce que la musique dépasse les frontières des pays, des continents…

B2d : Qui sont les artistes avec lesquels vous envisageriez peut être de travailler à l’avenir ?

Ben-J : Y a Michael Jackson qui nous a passé un coup de fil y a deux jours pour un featuring. Avant on avait la même couleur maintenant il est peu gris (rires)… Non mais des artistes avec qui on aimerait collaborer, y en a un paquet. Y a rien de concret parce que là on sort d’un album et qu’on a quand même beaucoup travaillé, mais des artistes comme Sizzla, Cappleton, Lauryn Hill ou Alicia Keys, ou même des artistes plus locaux entre guillemets comme Kasav avec qui peut être un jour on sera amené a collaborer, y en a beaucoup, c’est large…

Jacky : Nous c’est vraiment l’humeur du jour, la spontanéité. Même quand on a commencé cet album, on s’est pas dit on va faire un morceau avec tel ou tel. C’est une fois qu’on reçoit une musique où qu’on commence à travailler un texte, c’est à partir de là qu’on commence à visualiser.

B2d. Qu’est ce qui selon vous fait la force des Neg Marrons et vous a permis contrairement à d’autres groupe de continuer a évoluer ensemble et pas vous diriger vers des carrières solo ?

Ben-J : (en chanson) « C’est l’union qui fait la force, tous rassemblés dans la joie et la fraternité… C’est l’union qui fait la force… Boum ! »

Jacky : Voila, Ben-J l’a dit en musique ! Je pense que c’est notre union. D’où le titre de l’album « Les liens sacrés ». On a quand même une certaine complicité lui et moi, on s’est connus tous jeunes dans notre banlieue à Garges les Gonesses. Aujourd’hui, beaucoup d’années plus tard, on est toujours ensemble. On voit toujours les choses de la même manière. On a toujours cette même envie commune. C’est ce qui fait la différence. Notre sincérité, notre respect mutuel. Je pense que tous les gens qui nous connaissent, et même ceux qui nous connaissent pas, qui nous côtoient de près ou de loin sentent bien que Jacky et Ben J c’est vraiment une réelle affaire de famille, c’est de la fraternité qui nous lie aujourd’hui. C’est ce qui fait que ça dure et qu’il y a pas de problème !

B2d. Sur l’album il y a aussi un morceau qui s’appelle « Nouvelle Époque » avec Arsenik et Pit Baccardi. Quel rapport entretenez vous aujourd’hui avec les membres ou ex membres du Secteur A ?

Ben-J : On a des bons rapports, pourquoi ? Parce que comme on a dit en 1998, c’est une affaire de famille, c’est pas une affaire de business ou une affaire de musique simplement. A la base, le secteur A ça s’est monté parce qu’on était tous issus d’une même ville voire de villes voisines, Garges Sarcelles, Villiers le Bel… On faisait chacun de la musique, à un moment donné on a décidé de se mettre ensemble et de se structurer pour essayer de monter un truc solide… Aujourd’hui, musicalement ou artistiquement on nous voit moins faire des collaborations, mais dans la vie de tous les jours on s’appelle tout le temps, on va manger ensemble, on se voit quasiment tous les jours. L’amitié est toujours là ! C’est vrai que par rapport au secteur A les gens se posent beaucoup de questions parce que la structure de production en elle-même n’existe plus. Nous artistiquement on continue d’être connecté. Jacky bosse souvent avec Stomy, moi je bosse souvent avec Passi, Arsenik et Pit Baccardi on les voit tout le temps, Mc Janik, y a deux jours j’étais au téléphone avec lui…

Jacky : Moi j’étais avec lui en ligne tout à l’heure ! D’ailleurs il sort un nouvel album lundi 23. Big Up Janik ! Je t’avais dit que j’allais te caler dans une interview. Ben voila c’est fait ! (rires)

B2d. Quel est votre plus grand souvenir de la grande époque du secteur A ?

Ben-J : Y’en a pas mal des souvenirs ! On va parler des deux concerts du 22 et 23 mai 1998 où on a fait l’Olympia pour célébrer le 50e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. C’était deux concerts vraiment mémorables, je dirais pas mortels, mais plutôt immortels. C’était les dix petits nègres du secteur A qui se réunissaient. Deux concerts à guichets fermés. Avec un message assez engagé pour faire référence à l’histoire. Et un bon moment de divertissement tout simplement. C’est un des souvenirs très forts de la grande époque du secteur A

Jacky : C’est vrai que celui là particulièrement est un fait assez marquant. C’est vrai après que y a eu plein d’autres belles aventures. Le secteur A quoiqu’il arrive restera a tout jamais dans nos têtes et dans nos cœurs. Ca a été une très très grande aventures pour nous tous.

B2d. Vous accordez une importance particulière à la scène. En quoi cela est il important pour vous de multiplier les scènes comme vous le faites ?

Ben-J : C’est important parce qu’à un moment donné, c’est bien de pouvoir partager aussi l’album avec le public. De le faire vivre différemment. Quand on est en scène, on est avec les musiciens donc c’est une autre interprétation. C’est une autre énergie. Les morceaux on les rallonge, on les raccourci. Les formules changent un peu quand on est en live. Et puis ça permet surtout de jouer tous les morceaux du répertoire Neg Marrons, parce que Dieu sait qu’aujourd’hui, il y en a beaucoup… Nous on fait partie d’une génération où avant même de rentrer en studio pour faire des titres on a commencé par la scène. Quand on écrivait nos premiers textes, on les chantait dans les MJC en bas de chez nous ou dans les villes voisines. Pour nous c’est super important la scène. Ca fait vraiment partie de la carrière d’un artiste. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui un artiste arrive à tenir sur la longueur. Aujourd’hui si tu ne fais pas de concerts, tu n’existes pas !

Jacky : On peut même dire qu’aujourd’hui le moyen de survie d’un artiste, c’est la scène. Aujourd’hui, le disque se porte tellement mal que si t’es pas un artiste qui fait des concerts, tu auras du mal à tenir. Pour faire des concerts, faut être bon sur scène ! C’est pour ça que nous on se donne les moyens d’être bons. Quand tu viens voir Neg Marrons, c’est pas simplement un concert, mais c’est vraiment un show, un spectacle. Tous ceux qui sont venus nous voir généralement sont toujours repartis avec la banane !!

B2d. Est-ce que tu peux nous parler du City Raid Andros ?

Jacky : C’est une association qu’on parraine actuellement. L’histoire a commencé par une personne qu’on a rencontré qui s’appelle Stéphane Meterfi, un gars de Rouen. A la base, on voulait créer notre propre association. Et quand on l’a rencontré et qu’il nous a raconté son parcours dans le milieu associatif, il nous a vraiment touché et on s’est retrouvé dans son histoire. Nous dans la musique et lui dans l’associatif, on a trouvé qu’on avait un parcours similaire. A partir de là il nous a proposé de parrainer l’association City Raid Andros, une association liée au civisme pour que les jeunes puissent mieux connaître leur ville. En fait c’est un jeu de piste où y a des questions qui sont posées dans tout ce qui est institutionnel, préfecture, mairie, commissariat. En fait tu te rends compte que y a plein de jeunes qui connaissent pas vraiment l’endroit où ils habitent. Y a plein de jeunes qui sont jamais rentrés dans une caserne de pompiers, y a plein de jeunes qui sont jamais rentrés dans une mairie, dans une préfecture ou dans un commissariat, où y en si il y sont rentrés ils en sont jamais ressortis tu vois (rires). En fait on avait un peu le rôle de grand frère, on allait à la rencontre de tous ces jeunes, on parlait avec eux, et on essaye de faire qu’ils s’intéressent à leur ville et surtout au systeme, pour pas qu’il y ait une haine gratuite envers le système. Et puis à la fin, on faisait un concert et on remettait la coupe à l’équipe gagnante, celle qui avait répondu le plus rapidement aux questions. A chaque fois on se retrouvait devant 400 ou 500 jeunes. Belle expérience quoi !

B2d. Merci Neg Marrons pour cette interview. Avez vous un dernier mot pour les internautes de Bounce2dis ?

Ben J : L’Album est dans les bacs ! Rendez vous dans vos villes. Neg Marrons en tournée à partir du mois d’octobre !

Jacky : Pour tous ceux qui partent en vacances, c’est vraiment l’album qu’il faut se pécho, qui va vous faire passer de bonnes vacances. Pour tous ceux qui partent pas, c’est aussi l’album qu’il faut se pécho parce que c’est comme un billet d’avion a 20 dollars, c’est pas tous les jours (rires)

Ben J : Ne laissez personne se faire un avis pour vous !

Jude



2 commentaires

  1. dreexay le

    Ca va bon interview Jude du kiff
    du temps passé je m’en rand compte
    (t’aurai dû les amener a placer un : »T’entends pas ou quoi!!?)
    :-)

     
  2. Snoop le

    Cool interview Jude ! Faut que j’écoute l’album, ça devrait bien passer avec ce début d’été ensoleillé ;)

     




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