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Chroniques


Nas: Untitled

Cet article a été rédigé par Keezy Carter | publié le 13 juillet 2008 | 23h13
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Nas

Il avait déjà fait beaucoup parler avec le titre de son huitième album, Hip-Hop et Nas en surpris plus d’un quand il annonça son neuvième album s’appellerait NIGGER. Une bonne partie de la communauté noire américaine avait répliqué en voulant faire interdire l’album et certains magasins de disques avaient même annoncés qu’ils ne le mettraient pas dans leurs rayons mais Nas ne bougea pas. Soutenu par Def Jam, la polémique enfla, et durera plus d’un an mais Nasir Jones était inflexible, l’album s’appellerait Nigger et les pressions multiples sur le label et le rappeur n’y faisait rien.

Puis après plus d’un an et demi de controverse et de dates de sorties systématiquement repoussées, Nas abdiqua, et au mois de Mai dernier, cédant aux pressions de certains lobbys, il se décida à changer le titre de son album. Ce neuvième opus n’a plus de titre, le titre original n’ayant pas était remplacé, et certains fans voient dans ce geste une défaite de Nas mais après la polémique et les nombreux retards, on commençait à croire que l’album ne verrait jamais le jour. Enfin arrivé, il est temps de voir si tout ce bruit était vraiment justifié et si Nas peut regagner le cœur de certains fans déçus par ce retournement de veste.

Hip-Hop Is Dead était un album concept autour du Hip-Hop, et son acte de décès, et cette fois Nas touche un sujet encore plus épineux et sensible, titillant un des plus gros tabous de l’Amérique, le nègre. Comme Nas l’a voulu, l’album tourne autour de ce fameux terme Nigger, anglais pour Nègre et il important de le préciser car l’album aurait bien pu s’appeler Black et parler des noirs américains mais c’est l’autre noir de l’Amérique dont il parle ici. Le noir attaché, enchainé et rabaissé même a notre époque et c’est le même qu’on les blancs appelait un Nigger pendant la ségrégation, car loin des apparences, Nas rappelle qu’aux états unis, le noir reste souvent un Nigger.

Nas & Kelis

Et on entre vite dans le vif du sujet avec une intro magnifique, Queens Get The Money, sur une instru froide et percutante de Jay Electronica qui nous scotche des les premières premières paroles du rappeur qui enchaine avec Can’ t Stop Us Now, un message d’espoir et surtout de fierté, sur un beat aux accents funk très 70s, lui donnant un air d’hymne pour les Panthers et ou il parle de la marche en avant des noirs sans pour autant oublier que tout n’est pas encore fait. Il le rappelle d’ailleurs sur la plage suivante, Breathe, Nas nous y dit qu’en Amérique, si les chaines ne sont plus apparentes, il reste dur de respirer.

Mais ses chaines n’empêchent pas de briller et il fait en sorte qu’on n’oublie pas l’influence des noirs sur le monde avec Make The Round Go Round, ou il invite Chris Brown et The Game et se place en Hero sur le flamboyant titre du même nom avec Keri Hilson et une très bonne prod de Polow Da Don. Et on remarque que l’album a vraiment été bien travaillé jusqu’à l’enchainement des plages qui n’a pas échappé à ce travail, ça coule bien et il y’a une cohérence, et des le titre suivant, le ton devient plus sombre, plus sérieux.

America pourrait être, pour ainsi dire, le début du deuxième chapitre de l’album, sur ce titre, Nas parle de son pays avec tous les talents de story-teller qu’on lui connaît, il parle des inégalités et des conditions des noirs dans son pays. On sent que Nas veut faire monter la sauce tout au long de l’opus et des America, on sent que le ton devient lus grave avec des titres plus directs comme Sly Fox, un violent brulot anti Fox News, ou la célèbre chaine d’info U.S en prend pour son grade et elle n’est pas la seule ciblée, les médias en général et la façon dont il manipule l’information et sont aussi autant visés sur un titre tout simplement excellent, auquel une instru bien patate de Stic.Man de Dead Prez contribue pleinement.

Il relâche ensuite un peu la tension avec le groove cool de Testify, mais réattaque derrière avec le dément N.I.G.G.E.R et c’est vrai qu’il pratiquement en apothéose, le rappeur fait une excellente démonstration de ses talents d’écriture et aussi de toute sa créativité avec les géniaux Louis Farrakhan et Fried Chicken, avec Busta Rhymes, deux des meilleurs titres de l’album. Et il finit sur deux titres aux instrus plus soul avec Y’all My Niggas et surtout We’re Not Alone, qui conclut cet album en beauté.

Nas

Dure de trouver grand-chose à redire, Nas à sa plume de ses plus grands jours et niveau prods, c’est aussi très bon. Nas défend justement sa cause, fait preuve de maturité et si il est encore la et toujours aussi coté après tant d’années, c’est qu’il arrive toujours à être d’actualité et son écriture reste indémodable, il se bonifie avec l’âge. Mais revenons vite fait sur la polémique, Nas aura perdu son pari ne pouvant pas appeler son album comme il le voulait mais si vous avez écoutez le même album que moi, c’est sur Nas a gagné !

Le MC de QB gagne car il a tout de même réussit à sortir son album et le message y est clair et ce n’est pas tant l’emballage qui compte mais le contenu et on ne peut pas être déçu avec le contenu de cet album, frôlant l’excellence, et qui satisfera surement les plus exigeants.

Nasir Jones réussit une fois de plus à combler les fans et surtout ici à faire passer son message sur un album grandiose.

Keezy Carter pour www.rapcypher.blogspot.com



3 commentaires

  1. jojo le

    Trés belle album, une pochette jolie, un artiste tout simplement.

     
  2. Keezy Carter le

    Tu vois ça avec des yeux de fans mais pour Nas et Def Jam, c’est surtout du business, ça reste important ce que le public pense….

    Sinon, je pense pas que God’s SOn soit dans la meme veine, il n’est pas la moitié d’un Hiphop is dead

    Et Nastradamus, t’as du mal l’écouter parce que dans la texte, c’est un album dure dans le texte….Je te rapelle qui y parle d’esclavage, de droits sociaux…etc….
    D’apres ce que tu dis en intro, tu devrais justement que le son ne fait pas forcément le contenu….

     
  3. 2Fray le

    mon avis est que nas n’a pas forcément besoin d’instru; car elle est accessoire. son texte se suffit à lui même, nous faisant voyager. pas besoin de trucs stylés, juste d’instru avec une âme.
    de toutes manieres la tendance ne lui réussit pas (ecoutez nastradamus, selon moi une catastrophe).
    Nas, MC de légende, une plume digne des plus grands poètes mondiaux, tous domaines confondus.
    Une conscience éveillée, des paroles pensées sur une musique qui donne envie de se dépenser: voila une bonne définition du rap, élément du hip hop. en gros Nas est un parfait acteur du hip hop. et un homme lucide « droppin’ knowledge ».
    un album qui se lance dans la continuité d’un god’s son ou d’un hip hop is dead.
    réagit bien, réagit mal quoi qu’il arrive il aura réussi son pari: FAIRE REFLECHIR ET REAGIR, quelle que soit la réaction

     




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