
Rencontre avec Nemo, un artiste qui nage avec succès entre les pays, les styles, alaise toujours, comme un poisson dans l’eau… Nul doute qu’on entendra encore parler de lui !
Jude. Salut Nemo, ravi de t’accueillir sur Bounce2dis, à l’occasion de la sortie de ton nouvel album Key Mo’ Thérapy. Pour commencer, peux tu te présenter rapidement pour ceux qui ne te connaissent pas ?
Nemo, c’est un grand mélange, un peu de Rnb, un peu de Dance Hall, un peu de P-Funk, un peu de Soul. Je mélange tout ça, c’est un grand cocktail molotov. Ça donne un truc qui est de la musique urbaine. Nemo, ça veut dire personne en latin, je trouvais ça classe. L’Underground est squatté, j’ai envie de dire sous la flotte y a plein de place. Le label s’appelle Nautilius. C’est pas à cause du poisson, mais du Capitaine Nemo.
B2d. Ton premier album s’appellait Cross Breed, un album 100% Reggae, produit à Kingston par Jah Thomas, nominé aux Grammy Awards en 2004, en catégorie meilleur album reggae, pourquoi cet album n’est jamais sorti en France ?
C’est une histoire de distribution. C’est parce que le distributeur français n’acceptait pas les conditions du label américain, et que la France est l’un des seul pays qui fait du dépôt vente. C’est-à-dire que le distributeur ici voulait prendre zéro risque. Donc il disait soit tu déposes 5000 CD’s, soit rien ! Le ricain a dit je vais pas faire fabriquer 5000. Soit vous m’en payez la moitié… Donc il a préféré contacter des gens indépendants en France qui lui en ont acheté, des cent, deux cent, trois cent copies et qui les vendaient sous le manteau. C’est un choix, mais en même temps, il a peut être eu raison. Là, je viens de récupéré les droits de le re présser. Dès que j’aurai un peu de buzz, je le rééditerai à un moment ou à un autre, en version un peu customisée.
B2d. Tu es connu en Jamaïque, très peu encore en France. Comment vis tu le fait d’être finalement bien plus connu hors de tes terres?
Disons que si il y avait pas un proverbe qui dit qu’on est rarement prophète en son pays, j’aurais déprimé. Mais, je m’y suis fait avec les années. Le fait de tisser des vrais liens d’amitié et de musicalité avec des BIG artistes, des gens que j’écoutais dans mon casque, et de voir qu’en Jamaïque ça passe super bien, qu’aux Etats unis ça passe super bien. Je me dis que ça viendra, que c’est peut être une question de flex aussi, que le flex passe mieux avec les gens partout ailleurs qu’avec la France.
B2d. Peux tu nous expliquer le concept de Key’ Mo Thérapy, le nom de ton deuxième album ?
Key Mo’ Therapy, c’est né un soir très très tard avec Georges Clinton. On parlait de comment réussir dans le business. Il en revenait à dire qu’il ne savait pas lui, même après quarante ou cinquante ans de carrière, qu’il fallait collectionner les clefs. Qu’en fait, La vie c’est un espèce de passe partout, tu rajoutes toujours des clefs que tu trouves, et tu sais pas quelles portes elles vont ouvrir. Donc ça donne Key Mo’ Therapy. Plus tu as de clefs, plus la vie devient facile !
B2d. Qu’est ce qu’il représente pour toi, Georges Clinton ?
Dieu ! Pour moi c’est Dieu ! C’est le mec le plus simplet dans le monde. J’sais pas si il a passé un pacte avec le diable ou quoi… Il a inventé le disco dix ans avant le disco ! Il a inventé le rap, dix ans avant le rap ! C’est un des musiciens le plus éclairé du siècle. Pour moi c’est un des Mozart du siècle. C’est le premier qui m’a emmené en tournée aussi à 16 ans. C’est un grand monsieur. C’est un de ceux qui m’a fait comprendre que même quand tu étais une super big star, tu pouvais rester humble et accessible. Quand tu le regardes d’un peu trop bas, il te dit « Oh, remontes, on est à la même hauteur, je chie comme toi… »… Que l’inventeur de la Funk, du P-Funk te consacre un peu de son temps, c’est magique ! Et puis il m’a fait un cadeau incroyable, il m’a offert cinq titres, des interludes, il m’a montré que je faisais partie de la P-funk Family… et je partage complètement sa folie !
B2d. Tout le côté excentrique…
Pour moi la musique c’est ça ! Pour moi aujourd’hui, C’est que en fusionnant des trucs qui existent déjà que tu vas pouvoir créer un truc nouveau. Je pense que tout a été déjà tourné, toutes les lignes de bases ont été tournées dans tous les genres. Maintenant, en brassant les genres… Clinton souffrait un peu de ça. A l’époque il disait de lui-même « j’suis trop blanc pour les blacks et trop black pour les blancs ». Je me retrouve dans ce truc là quoi !
B2d. Peux tu nous parler de ce que tu as fais entre les deux albums. Et pourquoi tu es passé d’un premier album 100% Reggae à un second album beaucoup plus éclectique ?
Je suis parti m’installer en Jamaïque. Talent show, Talent Show, collaborations… Et j’ai compris que j’étais pas fait que pour ça. J’ai fait une rencontre incroyable qui était les Lords of the Undergrouds, qui m’ont vraiment amené au hip hop. On est devenu vraiment amis. Ils m’ont forcé a rapper. Ils m’ont dit y a un rappeur en toi. Tu chantes, mais tu écris comme un rappeur. Au bout de 25 titres, j’étais rentré dans le truc. Et puis j’ai fait la connaissance de leur pote, les potes des potes… J’ai toujours aimé le hip-hop. J’ai grandi avec. J’aime toute la musique, ça a renforcé ce coté urbain, super éclectique. Y a toujours un peu de Jamaique dans ce que je fais, mais je vais le décliner sur du RnB, du P-Funk, de la Crunk… J’aime la musique, c’est tout.
B2d. Quelles sont tes attentes par rapport à cette première sortie en France ?
Key Mo’ Therapy, c’est un peu une carte de visite. C’est pour montrer ce que j’ai fait ces quatre cinq dernières années, les différentes rencontres…. C’est comme un avant goût de ce qui va arriver. Si tu veux, l’album d’après qui s’appelle Whatever, c’est vraiment encore plus hip-hop, et encore plus urbain, j’ai envie de dire plus logique. Key Mo’ Therapy c’est comme un carnet de bord musical des rencontres, de mes amis, avec qui j’ai pris vraiment du plaisir à faire des sons. C’était pour tourner la page. Je pouvais pas sortir un vrai album avant de sortir Key Mo’ Therapy.
B2d. On peut je crois te retrouver aussi en ce moment sur la dernière mixtape d’Akon…
Ouais ! J’suis sur deux mixtapes d’Akon. J’suis sur European Shakedown, avec mon pote Enza et Taxi. Sur LockDown, et là je vais être aussi sur la troisième, Lockdown 2. Puis, y en a d’autres qui arrivent. Y a G-Unit aussi… J’ai un morceau aussi produit par Snoop et DJ Suarez sur sa dernière compile qui s’appelle Mean My space vol. 6. Les ricains en fait, j’ai mis un pied dans un étrier qui fait qu’ils se passent le mot. Le game est petit aux Etats-Unis. Et si y en a un qui a un morceau de toi, ils veulent tous un son de toi !
B2d. Merci pour cette interview, Nemo !
C’est moi qui te remercie !
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Je trouve la couverture très originale! Il fallait oser! Cette ambiguité : une grande avancée dans le rap!
Je suis un peu et meme beaucoup d’accord avec Dirty…Ca fait un peu taffiole…
C’est quoi cette photo ultra gay?
Bonne interview Jude ! Faut que j’écoute ça…