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Can You Dig It ? – A warmed up big bad bass

Cet article a été rédigé par Sheeryu | publié le 24 avril 2009 | 09h19
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Lors d’une longue soirée à trainer sur le forum, à défaut de faire quelque chose de constructif (en l’occurrence, taper un devoir pour la fac), j’ai eu une longue discussion avec un membre du forum (un bounceur, pour les habitués) qui portait sur l’importance du flow. Ce bounceur (dont je tairais le nom pour d‘évidentes raisons de respect de la vie privée), fan du rap des années 80, soutenait que tout l’intérêt d’un morceau de rap était porté par le flow, la performance verbale et vocale du rappeur. En gros, un bon morceau de rap pouvait très bien s’écouter a cappella. Ce bounceur était lui-même assez insatisfait du rap ces dernères années parce qu’il n’y avait plus la performance d’antan, et que les auditeurs, en général, portait trop d’intérêt à l’instrumental qui supportait le M.C. .

Si j’étais relativement d’accord avec lui sur un point (trop de personnes jugent aujourd’hui un album uniquement sur la qualité des beats, voir des producteurs en présence), il était pourtant inconcevable pour moi que l’on parle d’un bon morceau de rap sans forcément parler de l’instru, car on parle avant tout de musique, et même s’il n’y a pas de formule magique de type 50/50 entre le MCing et le beat, l’instrumental participe largement de la qualité du morceau.

J’ai donc pris en exemple un morceau de Big Daddy Kane (une grande référence partagée entre ce bounceur et moi), « Warm It Up Kane », sur son deuxième album, It’s A Big Daddy Thing. Sans doute mon morceau préféré du grand papa Kane, « Warm It Up Kane » est une démonstration de technique, autant dans le verbe que dans le flow. Un « braggadocio » qui a infecté la plupart des rappeurs au cours de la décennie suivante. (D’ailleurs, le « swag » dont se réclame certains d’entre eux aujourd’hui n’est rien d’autre que ce braggadocio d‘antan, en plus propre et FMisé, voir féminisé).

Mais si ce monument du rap est toujours aussi incroyable 20 ans plus tard, c’est aussi grâce au beat, concocté par Kane lui-même, dans un style proche de celui de l’architecte sonore du Juice Crew, Marley Marl. Le rappeur a été cherché pour ce beat la ligne de basse jouée au début de la chanson d’un autre « big », le méconnu Big John Hamilton. Musicalement typique du style 60’s du sud des États-Unis, dont Otis Redding était l‘une des figures de proue, « Big Bad John » est férocement addictive, notamment grâce à cette basse pesante, parfaite et hypnotisante. L’énergie et la virilité qui s’en dégage était inévitablement plus que propice pour un égotrip aussi patate et maîtrisé que celui de Kane. Et qui décuple forcément la puissance de son flow inégalé.

Le samplé

Big John Hamilton – Big Bad John


en cas de problème pour écouter la chanson, vous pouvez également la trouver ici

Le sampleur

Big Daddy Kane – Warm It Up Kane

Et juste pour le plaisir, une performance live de Big Daddy Kane lors de son passage aux VH1 Hip-Hop Honors en 2005, où il a justement joué en conclusion le premier couplet de « Warm It Up Kane ». On reste encore admiratif devant la puissance et la pêche de Big Daddy Kane.



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