
Quand Cam’ron a disparu en 2006, laissant le Dipset sans vrai leader, c’est Jim Jones qui a pris la tête et s’est révélé bien plus qu’un simple sidekick. Longtemps, le Capo était seulement vu comme le bras droit de Cam mais quand son ancien meilleur pote s’est absenté du rap game, Jimmy est devenu une star a part entière. Et alors que beaucoup d artistes se retrouvent chez Koch une fois leurs carrières en major terminées, au début personne ne croyait vraiment en Jim, et au final, il fait le chemin en sens inverse. Il débarque chez Warner après trois albums très bien reçus chez Koch, et surtout un hit immense, We Fly High (Ballin) qui lui donna une toute nouvelle dimension, maintenant, c’est en vrai boss qu’il revient avec son nouvel opus, Pray IV Reign, prêt pour enfin avoir son règne sur le rap game.
Jim Jones débute les hostilités sur une instru nous plongeant dans une atmosphère soul/blues des 60s, il nous parle de sa vie et de son Harlem, revenant sur son parcours avec un coté assez cinématique, loin d’être désagréable, une belle façon d’ouvrir un album. Jimmy veut faire de Pray IV Reign sa grande entrée, en solo, dans le monde des majeurs, et nous sort, à cet effet, du lourd comme Pulling Me Back, avec Chink Santana, My My My, une sorte de prière qui pourrait être clichée mais se révèle être une des meilleurs surprises de l’album tout comme le très bon titre phare, Rain (Pray IV Reign).
Jim est toujours un hitmaker et on a le droit a de bonnes choses de ce coté, on connaît déjà Pop Champagne mais Girlfriend, ou il retrouve son camarade du Dipset Juelz et Oshy, est aussi plutôt sympa. Jones est aussi habile sur le smooth Precious, ou il montre tous ses talents de dragueur, accompagné par la voix du crooner Ryan Leslie, et sur Frienemies, ou il parle d’amitiés passés (pensez Cam’ron, Max B).
Jones fait presque illusion sur une partie de l’album, seulement, il ne s’est pas vraiment amélioré. On entrevoit vite la limite de ses skillz de rappeur sur un Let It Out, ou il a du mal à s’imposer, et il n’arrive pas plus à reproduire la magie de We Fly High (Ballin) sur Na Na Nana Na, se voulant être un de ses hits imparable, mais on est loin de l’incontournable. On peut en dire autant pour la grande partie de Pray IV Reign, des titres comme This is the Life, Blow the Bank ou This Is For My Bitches n’ont rien de vraiment rien inoubliables, et les couplets des membres du Byrdgand (Chink Santana, NOE…etc) n’aident pas non plus, avec pour prime exemple How to Be a Boss, une collab avec Ludacris plutôt bien foutu, s’il l’on n’avait pas le droit à un couplet bidon de NOE pour clôturer le morceau.
Je me rappelle avoir lu une interview de Dame Dash parlant de cet album comme le Reasonnable Doubt de 2009, et je doutais déjà lourdement avant de l’avoir entendu, maintenant, j’ai presque envie d’en rire. Jim Jones est peut-être un bon business, même peut-être un bon acteur, mais il le prouve définitivement ici, il ne sera jamais un grand rappeur. Il sait divertir et peu servir des hits mais il en faut plus pour produire un album vraiment solide, et pour son premier essaie en major, il est même dure de dire que Jim Jones fait mieux que sur les précédents. On tourne vite en rond, les titres de qualités se comptent sur un peu plus d’une main, et on aura probablement oublié Pray IV Reign après l’été.
2.5/5
Keezy Carter, RAPCYPHER.com