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Chroniques


Rick Ross: Deeper Than Rap

Cet article a été rédigé par Keezy Carter | publié le 29 avril 2009 | 11h40
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Trilla, son deuxième et précédent album fut le succès qui confirma sa place au top du rap game, mais comme avec chaque gros succès, les problèmes ne sont jamais très loin, et en 2008/09, Rick Ross a eu son lot. Son passé de maton est remonté à la surface et a fait des remous, une petite idylle tournant court avec Foxy Brown jusqu’à sa beef ultra médiatisé avec 50 Cent, si ce n’était pas toujours de la meilleure des façons, Ross aura au moins fait parler de lui depuis Trilla. Et après avoir tant fait parler Rick Ross vient tous mettre sur la table avec son troisième album, Deeper Than Rap.

Ces deux premiers albums ont fait de lui une star, Rick Ross se pose maintenant en patron du rap U.S , et le boss qu’il est n’échappe pas à la controverse et aux rumeurs , il les met à plat dès le début, ouvrant les festival avec le puissant Mafia Music ou il aborde pas mal de points ayant fait jaser, sur un beat bien patate, avant d’enchainer sur Maybach Music 2 se voulant l’hymne de son mode de vie flamboyant, et invite T-Pain, Lil Wayne et Kanye West pour l’accompagner sur un titre étant plus qu’une hymne et se révèlant être le fil conducteur de cet opus. Maybach Music 2 donne vraiment le ton, et s’en suit une série de titre un peu dans la meme veine et assez agréable o l’oreille comme Magnificient, un autre hymne à la vie facile, ou la sublime voix de John Legend accompagne le boss de M.I.A, ou encore Usual Suspects, avec Nas en feat.

Loin des grosses prods de la trapmusic, ou du bling bling tape à œil, Ross passe définitivement à autre chose, nous entrainant dans l’ère du classe et snob avec des titres comme Yacht Club ou Rich off Cocaine, célébrant tous cette vie de millionnaire oisif et sans trop de soucis que l’on retrouve aussi sur le terrible Valley of Death qu’ on s’imagine facilement écouter tenant une coupe de champagne le petit doigt en l’air dans une Bentley ou Maybach. Rick Ross est vraiment à fond dedans mais n’oublie pas ses racines, et retourne vers un son plus gangsta, jouant à Bonnie & Clyde avec Foxy Brown sur Murda Mami, et ça fonctionne aussi dans un style plus bounce avec Trina sur Face. Et à deux ou trois titres près, le boss a définitivement mis la rue de coté, et préfère flamber nous rappelant lourdement d’un bout un l’autre de l’album toutes les meufs qu’il pécho, la maille qu’il a, et on s’en lasse vite. Son affichage permanent de richesses finit par jouer contre lui et le rend même ennuyeux. Des titres comme Bossy Lady ou In Cold Blood ont leur petit cachet mais Ross tourne déjà pas mal en rond, et dure d’être encore dedans quand il termine l’album avec In Cold Blood pas vraiment différent de 10 des 14 titres de ce CD.

En même temps, musicalement, c’est assez homogène et cohérent, et a part All I Really Want ne trouvant pas sa place et dénotant du reste, c’est assez fluide de la première à la dernière plage, et ce son relax et laid back a vraiment de quoi séduire. J.U.S.T.I.C.E League produisant quatre titres, The Inkredibles et The Runners, et les autres beatmakers donnant sa bande son à cet album apporte vraiment une vibe spéciale et assez plaisante à un album coulant assez bien malgré quelques imperfections.

Malheureusement, Rick Ross ne suit pas toujours la musique, il ne lui rend pas toujours hommage, et c’est vraiment le gros défaut de cet LP. Le rappeur de Miami nous saoule vite par la redondance de ces thèmes, donnant l’impressionnant de vite se répéter, ne voyant jamais plus loin que ses kilos de coke, sa rolex et sa maybach.

Il avait promis un album énorme et avec un titre comme Deeper than Rap, on pouvait s’attendre à du profond, de la substance mais c’est tout l’inverse. Deeper Than Rap à ses charmes et recèle de bons petits titres, on peut même dire qu’il passe plutôt bien mais ce n’est loin d’être l’album de l’année, Ross déçoit meme un peu restant toujours trop superficielle, et si c’est le mieux qu’il puisse faire, ça reste léger. On s’aperçoit qu’en trois albums, on a un peu fait le tour de la question. Je ne sais pas si Rick Ross à atteint ses limites ou non, mais Deeper Than Rap n’est pas ce grand album annoncé, et il lui faudra se renouveler un peu pour rester au top un peu plus longtemps.

3.5/5

Keezy Carter www.rapcypher.com



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