
J’avoue hors son premier album, survolé, et avant ça, quelques titres ici et la, je ne me suis jamais vraiment intéressé à Slim Thug. Débarqué dans la foulée des Chamillionaire, Mike Jones et compagnie, quand Houston était au top, je n’ai jamais pris le temps de vraiment écouter Thugga. Et je n’étais apparemment pas le seul, malgré un titre plein d’espoir, Already Platinum, l’appui de The Neptunes et Interscope, ses débuts raclèrent difficilement le disque d’or et beaucoup crièrent au flop. Slim Thug n’atteignit pas les objectis fixés et se retrouvera au placard avant de quitter Geffen/Interscope, et retourné vers les projets régionaux et indé. L’histoire pourrait d’ailleurs s’arrêter la, un rappeur avec un petit succès major retourne vers l’indé et le rap régional après des ventes décevantes. Pas pour le boss de H-town, après quatre ans sans album major, il revient chez le plus majeur des indés, Koch, pour son deuxième solo, Boss of all Bosses.
Il faut bien l’avouer, après Already Platinum, personne ne comptait vraiment sur lui, mais le Texan a eu le temps de peaufiner son art et ce n’est pas juste une impression sur le titre éponyme, Boss of all Bosses, ouvrant l’album, c’est en grand patron qu’il fait son retour. Plus percutant que jamais, Thugga a affuté sa meilleur plume et nous entraine pour de pures bombes tel Im Back, avec Devin the Dude, le génial Smile, l’irrésistible ode au cruisin et ridin, Show Me Love, avec Mannie Fresh, et dans le même registre que ce dernier, Top Drop, avec Paul Wall, et le terrible Leaning avec UGK sont taillés sur mesure pour le rappeur, en faisant des hymnes dans la tradition du rap Texan. Thug maitrise vraiment son affaire, et il est plus que crédible quand il se pose en boss sur I Run avec Yelawolf, et monte vraiment en puissance tout au long de l’album, brillant sur Thug, et tout simplement excellent sur le magnifique Hard avec le légendaire Scarface et J-Dawg.
Il y a toutefois un reproche majeur à faire ici, Thugga ne sort rarement de sa zone de confort et forcément quand on se répète un peu dans les sujets, certains morceaux finissent par être moins intéressant, et ici, c’est She Like That et My Bitch, deux titres grillés sur les meufs, qui en font les frais.
Par ailleurs, c’est deux titres sont les fautes de Slim Thug sur Boss of all Bosses, le rappeur fait fort d’un bout à l’autre, finissant aussi en apothéose avec le crew cut, Welcome 2 Houston, ou il invite presque toutes les figures importantes de la scène de H-Town, pour un titre énorme. Et si c’est si bon, les prods y sont pour beaucoup, Jim Josin ( Smile, I Run), Bigg Time & J-Moses ( Hard) et Mr Lee, parmi d’autres, donnent vraiment ce qu’il faut à Thugga, retournant chaque beat avec brio.
Already Platinum n’a jamais atteint les objectifs et celui-ci, vu la conjoncture, ne devrait même pas faire disque d’or mais loin de toutes les considérations de ventes et le business, Boss of All Bosses est sa masterpiece, son meilleur opus à ce jour. Et si comme moi, vous avez dormi sur Slim Thug dans le passé, Boss of all Bosses vous réveillera avec un grande claque.
4/5
Keezy Carter, RapCypher.com