
En 1992, Hard to Swallow les plaçait sur la carte, et s’en suivit une longue carrière qui assiéra ces précurseurs Texans comme un vrai mythe du rap down south.
Et 6 albums et 15 ans après plus tard, la ou, le succès, les objectifs solos et les disputes séparent souvent les groupes, Bun B et Pimp C sont toujours restés fidèles à leur tandem, et tragiquement, la mort prouvera qu’elle était la seule à pouvoir casser l’incassable.
Soudés jusqu’à la fin, en 2006, après plus de six ans sans albums, du à l’incarcération de Pimp C, UGK faisait son grand retour avec Underground Kings, ce come back démontra que le groupe était toujours d’actualité, réalisant les meilleures ventes d’albums de leur carrière, comme preuve de cet engouement.
Puis suite à ce succès, les compères se mirent vite au travail sur le suivant, malheureusement, la mort emporta Pimp C en décembre 2007, pendant l’enregistrement de ce qui deviendra leur dernier album, le bien intitulé UGK 4 Life.
Bien intitulé car comme le suggère le titre, pour ces deux la, c’était vraiment UGK pour la vie. Le lien les unissant était solide, et on le se ressent quand ils posent ensemble, ils sont complémentaires, la voix grave et porteuse de Bun B se marie toujours aussi bien à celle plus nasillarde de Pimp C, et on les prend toujours au sérieux quand ils se disent encore sur le terrain avec Still on Da Grind, avec Raheem Devaughn pour la partie chant. Il n y a d’ailleurs aucune raison de leur activité sur le terrain, le duo accroche toujours l’auditeur, et pour le plus plaisir de l’auditeur, ça fonctionne comme au premier jour sur Everybody Wanna Ball, Purse Come First, avec Big Gipp, ou Used to Be, une des grosses collab de cet album, puisqu’on y retrouve, des feats d’E-40, B-Legit et MJG & 8Ball, sans oublier un autre gros feat, Steel Your Mind avec Snoop Dogg et Too Short, lui aussi incontournable.
C’est du UGK dans la plus pure tradition qu’ils nous servent ici, des rimes tranchantes parlant des sujets de prédilections du rap dirty south (beaucoup de cruisin’ dans des caisses couleurs candy, des meufs, la vie cool du version sud …etc) sur des sons aux influences funk, soul et country blues pour des rythmes bien laid back, et quand certain en font deux disques, on s’ennuie vite, avec eux, c’est fait avec classe, et on ne peut pas passer à coté d’un She Luv It, la ballade Feelin You ou encore The Pimp et the Bun qui feront bouger des têtes, et pas seulement, tout comme le splendide Swishas and Erb, avec la participation vocal de Sleepy Brown.
Ces adeptes du ridin’ made in texas nous offre un album sur lequel on navigue tranquillement. Il y a un titres ou deux à passer comme Harry Asshole, avec Lil Boosie et Webbie, drôle au premier abord mais manquant de finesse, on passe vite, et certain râleront en voyant Hard As Hell avec Akon, mais si on tolère Akon, c’est même une bonne collaboration, pas forcément éloignée de l’esprit du groupe.
Les deux sont rodés et ça se sent mais si la ça roule si bien, c’est aussi grâce au carburant que sont les producteurs.
Les productions de Cory Mo, présent avec cinq prods, Mannie Fresh, Steve Below et aussi de Pimp C, co-produisant quatre tracks, sont le background parfait pour les deux rappeurs, offrant aussi beaucoup d’homogénéité à cet opus, en faisant une écoute des plus agréable même en écoute continue.
Game Been Good to Me, la quinzième plage de l’album, retrace le parcours de ce duo légendaire et si c’est une bonne façon de conclure un album, ici, on sait qu’après ce titre, et l’outro qui s’en suit, on tire le rideau sur une carrière qu’on aurait voulu voir s’achever différemment, c’est certain. Malgré çà, sans complaisance, et sans toutes les considérations hors musique, UGK 4 Life est un grand album. Carré sur chaque prod, le duo assure comme jamais, et des rimes aux beats, on y retrouveront tous ce qui a fait la légende de ce groupe mythique. UGK 4 Life ravira tous ce les fans de Pimp C et Bun B, c’est du classique UGK, et la plus belle façon pour Pimp C de dire au revoir, avec un album à la hauteur de ce duo qui grave ici définitivement son nom dans l’histoire du rap.
R.I.P PIMP C
4.5/5
Keezy Carter www.Rapcypher.com
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Très bon album, ils sont bien présent dans le nouveau top 15 du site !