
Jude. Salut Médine et bienvenue sur B2d. Ton dernier album Arabian Panther est sorti il y a quelques mois maintenant. J’aurais aimé pour commencer que tu nous en parle un peu aujourd’hui avec le recul…
Artistiquement parlant, il y a encore un cap à passer. Je ne suis pas arrivé au sommet de ma progression. Au niveau du flow, j’ai envie d’améliorer ça encore. Au niveau de la thématique, de la musicalité, faut que je me perfectionne. Commercialement parlant, c’est pas ce que la maison de disque espérait. Le public aussi pensait que j’allais faire beaucoup plus. Maintenant au niveau de mes objectifs personnels, je suis pile où j’avais envie d’arriver et j’espère continuer d’évoluer avec le prochain album… Sur le plan du discours, j’ai vraiment l’impression qu’aujourd’hui on peut identifier Médine et Din Records… C’était aussi l’un de mes objectifs de m’installer au sein du paysage français avec un discours particulier, et peut être susciter le débat pas uniquement au sein du rap français, mais aussi en dehors de ses frontières.
Peux tu me donner trois adjectifs pour qualifier ton dernier album ?
Subversif. Engagé… et Rap !
Trois choses qu’on ne trouve pas dans l’album ?
De la rigolade (rire)… Des petites meufs RnB qui viennent faire des refrains que tout le monde garde en tête… Et la troisième chose… L’égotrip
Quelles sont pour toi les principales difficultés à faire du rap conscient ?
D’abord le terme « conscient » ça me convient de moins en moins. Ça voudrait dire qu’il y a du rap inconscient, et je suis pas dans cette logique là. C’est plus « engagé » moi qui me définit. La difficulté de faire du rap engagé, c’est que forcément tu te fais des ennemis… La deuxième, c’est la documentation. Ça demande énormément de documentation, de concentration pour éviter de s’éparpiller. Et quand tu traites d’un sujet historique, il faut absolument que tu sois dans ton sujet, et que tu ne fasses à aucun moment du hors sujet parce que tes albums vont dans des foyers, des ipods, et faut pas raconter de la merde aux jeunes… La dernière des difficultés, c’est que c’est la voix la moins onéreuse, la plus sinueuse et la plus difficile.
Arabo Spiritual, le dernier morceau qui dure 10mn dans l’album c’est…
C’est le générique de cet album et l’histoire de Din Records.
Médine, si tu n’avais pas fait du rap ton métier, tu aurais aimé faire quoi?
Pharmacien ! J’aurais aimé travailler dans une pharmacie et être préparateur… Manipuler un peu les produits chimiques… Ceux qui guérissent, pas ceux qui tuent (rires)… Me demande pas pourquoi, je sais pas. Je kiffe ça (rires).
Tu t’inspires beaucoup de l’actualité et de l’Histoire aussi. Je voulais savoir si un évènement t’avait marqué dernièrement et peut être donné envie de traiter le sujet dans un prochain morceau ?
Le conflit Israélo palestinien ! C’est quelque chose que je n’ai jamais traité frontalement. Je l’ai traité dans le premier album 11 Septembre, avec un morceau intitulé « David : Enfant du Destin » qui était une fiction inspirée de réalités. Je ne l’avais pas fait depuis 2004 parce que je voulais avoir un certain recul par rapport à l’actualité et ce qui se dit. C’est sur que t’as envie de répondre de façon émotive au conflit. Mais c’est en répondant avec le cœur tout de suite là que tu vas faire des dommages collatéraux… C’est pour ça que Kery James fait bien de préciser dans un de ses morceaux « Avec le cœur et la raison »… J’avais trop le cœur dans la gorge pour faire un morceau objectif tout de suite…
Médine, si tu étais un homme noir ?
Malcolm X, sans hésiter !
Une femme noire ?
Rosa Parks !
Un film noir ?
Malcolm X de Spike Lee !
Un produit au marché noir ?
Un Cd de Médine avant la sortie !
Merci Médine, l’interview est terminée. Je te laisse le mot de la fin !
C’est que le début ! comme dirait Lino d’Arsenik.






J’ai beaucoup de mal avec Médine… Dans le genre « engagé » comme il dit, je préfère le coté plus incisif et ouvert intellectuellement de la Rumeur ou d’un Fabe à l’ancienne..
23 mai 09 à 2:08 #Mais faut avouer que la Normandie est sur la carte en 2009…