
L’arrogance est presque une vertu dans le rap, les rappeurs aiment se flatter et se faire mousser, même si souvent, ils sont loin d’être les rois, meilleurs rappeurs en vie qu’ils aimeraient et prétendent être, et peu d’entre eux peuvent assumer un album portant un titre comme le présent et vraiment mettre la majorité du public d’accord.
AZ, lui, le peut, même s’il reste un des rappeurs les plus sous-estimés du rap game, il n’en est pas moins une légende.
De son couplet sur Life’s a Bitch de Nas aux quinze ans de carrière en découlant, et même sans le succès commercial connu par ses contemporains (Jay-Z, Nas, Biggie…etc), il est devenu pour les hiphop heads un des plus grands lyricistes, marquant à jamais l’histoire du rap.
D’ailleurs, si son chemin dans l’industrie fut parsemé d’embuches, il ne s’est jamais découragé, et loin de certains ayant plus ou moins quittés le micro, ceux sortant un album tous les dix ans, ou ceux trop occupés par leurs divers biz et films, AZ n’a pas cessé d’ajouter des lignes à sa discographie nous lâchant presque un album tous les ans depuis 2004.
Et en 2009, le Brooklynite rajoute encore une nouvelle ligne à sa disco avec son neuvième opus, Legendary.
Comme je le disais plus haut, Legendary est un titre dure à porter pour un album et encore plus à assumer pour un MC, mais AZ le porte très bien, sa carrière parle pour lui.
Une des meilleures plumes du rap, il a su rester consistent d’un album à l’autre, et Legendary n’est pas différent.
Le MC crache toujours des rimes mêlant street knowledge, frime et réalité sur des beats bien laid back, à l’image d’un Before It’s All Said & Done, Dreams Come True ou Money Makes the World Go Around.
AZ donne à ses fans ce qu’ils aiment entendre de lui, du son bien soul, ambiance début des 90s, sur lequel il pose des rimes dont il ne semble jamais à court, arrivant encore à nous faire bouger, comme il y a quinze ans, des titres savoureux tel un Livin the Life, le puissant Good for Nothin et même Boy Meets Girl, une ballade rap des plus charmantes, avec un premier feat de Sheek Louch présent à deux reprises sur cet LP.
Certains lui reprocheront tout de même un peu de parler toujours des mêmes choses, peut-être même de rester toujours dans même le style, mais en restant fidèle à ce qu’il fait de mieux, AZ ne déçoit pas, et quand c’est si bien fait pourquoi râler?
Surtout qu’ici, avec l’équipe de Real Talk Ent ( Cozmo et Hollis) à la prod, il bénéficie vraiment d’un très bon background musical correspondant parfaitement son univers, et on a meme droit au détail qui tue avec les interludes reprenant des dialogues de films, donnant à l’album une petite touche rappelant Do Or Die que les fans apprécieront certainement.
C’est vraiment du vintage AZ, et même quelques imperfections comme le feat d’Hell Rell sur le sinon solide What Up, avec aussi Sheek Louch, passent inaperçues.
On regrettera cependant que ce soit si court, entre intro/outro et interludes, il nous reste tout juste dix titres, mais en même temps, la aussi, il est dure de se plaindre.
Car on le sait tous, dix titres de qualité valent mieux que 20 moyen, et que dire de plus?
Pas grand chose, les qualités d’AZ au micro sont connues, reconnues et vous le savez sur des beats adaptés, comme c’est le cas ici, il ne déçoit jamais, et sur le présent, on peut même dire qu’il est à un de ses meilleurs niveaux.
Alors, faite le calcul, et vous avez Legendary.
Ce dernier n’est pas le meilleur de sa carrière mais quelque part entre Do or Die, S.O.S.A, Final Call et Aziatic, cet album trouve facilement sa place.
AZ montre avec Legendary qu’il a bien sa place au panthéon du rap.
4/5
Keezy Carter
étonnant de voir cette connection Az et Cozmo et Big Hollis qui sont de l’Ouest et branchés Gangsta Rap qui plus est… ça fait plaisir d’un côté de voir qu’ils sont appréciés à l’Est (comme j’avais été agréablement surpris de la collaboration JT The Bigga Figga/Nas/The Game). je connais mal Az (honte à moi, mais je suis beaucoup plus ouest), ça donne une raison de plus de se pencher plus sérieusement sur sa discographie. sympa la chronique.