A l’occasion de la sortie de son maxi Let’s Post Funk, le producteur Débruit est de passage sur B2D…

Salut, tout d’abord je vais te demander de présenter en tant qu’artiste, ton parcours etc.
Je suis Débruit, aka Dé! Je suis Breton, j’ai vécu à Glasgow, Paris pendant un moment et je pars vivre à Londres en Septembre car ça bouge plus pour moi là-bas.
J’ai commencé la musique à 9 ans par le saxophone alto, ensuite, en autodidacte j’ai touché à la guitare puis la batterie et enfin les claviers pour commencer la prod par ordi en 2000 et étudier de plus près le mix et autres techniques d’enregistrement et de studio.
J’ai vu que tu faisais des scènes, tu peux nous expliquer en quoi tes représentations consistent ?
Je joue en Live avec des machines et ordi, l’ordi contient mes sons (un très grand nombre de mes propres samples, drums et synthé car je ne sample pas beaucoup d’autres artistes…) Je déclenche tout ca en live par des pads, pas besoin de l’écran du laptop, je sample en temps réel aussi, le full effect quoi! En fait si je ne déclenche rien il ne se passe rien et je suis l’opposé du juste press play. Chaque rythme, synthé, basse est balancé par pad. Depuis peu je me mets à hoster progressivement, sans abus, car je ne suis pas MC.
Ce qui est top sur scène c’est que tu as une réponse directe à tes prods, ca permet aussi de tester le coté fat de tes sons sur les gros systèmes! C’est la récompense du travail solitaire de studio, le partage avec le public, le coté instinctif du break… le coté physique de la basse, du beat. Mes lives ne sonnent jamais 2 fois pareil, je m’adapte au club parfois même au pays pour que le public rentre dedans à fond, je ne joue pas pour moi même si j’adore être sur scène, l’ego trip c’est pas mon truc, je joue pour les gens qui sont la. J’intègre souvent des nouveaux morceaux, des intros adaptées au lieu ou je joue.
« Je me sens proche d’artistes ouverts d’esprit »
Quelles sont tes influences ? Aussi bien musicales, littérature, TV, ciné etc.
Mes influences sont plus encrées dans le temps, l’origine de chaque musique, chaque style, car à la naissance d’un courant, l’énergie de la création est puissante, quand on crée sans copier, tout est permis car il n’y a pas d’exemple, pas de règle. Récemment j’écoute de la musique nigériane, tunisienne, perse, pas mal de son roots, rock steady, du hip hop oldschool 80′s… et tout ce qui me passe dans les mains, je suis assez curieux de nature.
Après j’apprécie pas mal d’artistes qui sortent des disques aujourd’hui sans m’en influencer directement, mais surement inconsciemment. Le reste m’influence peu, dans ce que je fais musicalement du moins, mais j’aime le ciné c’est sur, toujours pareil, les réalisateurs qui ont leur style, langage et imaginaire. Une de mes références « Old boy » de Park Chan-Wook.
En plus de sortir ce maxi, tu avais aussi sorti Clé de Bras il me semble, le tout est assez éclectique, tu peux nous en dire plus sur ces deux projets ? Ton crew/label ?
Mon crew c’est « musique large » composé de Rekick, Fulgeance et moi, j’ai sorti le maxi « coupé décalé » (en référence à au style cut et groove plus qu’au vrai style africain) et « clé de bras ». Ca va de l’instrumental hip-hop futuristique, post funk, sonorité 80′s parfois jusqu’a des choses au tempo plus rapide, influencé de musiques d’Afrique de l’ouest mais pour moi la trame reste hip-hop. Sinon je viens de signer sur un label de Londres « civil music » pour quelques sorties dont un album en fin d’année avec des feat. et un tas de choses plus surprenantes j’espère. Le maxi « Let’s post funk » viens de sortir chez eux avec en feat. « Om’Mas » de Sa-Ra et le crew west coast « 215 the freshest kids ».
Quels sont les artistes dont tu te sens proche en France ? Et dans le monde artistique en général ?
Dans l’ensemble, je me sens proche d’artistes ouverts d’esprit qui cherchent et poussent la musique ou leur art un peu plus loin ou il n’est pas attendu. Quand il y a de la passion sans calcul et une envie de partager, il y a un échange possible. Je me sens loin des copieurs qui se la racontent avec rien de plus que de l’image, de la com ou de la technique de prod froide, sans âme ni surprise.
« La culture hip hop est forte en France »
Comment s’est passé la connexion avec Om’mas Keith de SRCP ?
Je l’ai rencontré à Barcelone car j’ai fait partie de la redbull music academy. Un jour la bas, j’ai produit le track I’m goin wit you, je lui l’ai filé et il à posé sa voix et ses lyrics dessus, il était à fond enthousiaste… pas d’a priori alors que depuis il produit pour le nouveau P Diddy après avoir bossé avec Erykah Badu. Pour moi Om’mas fait partie de ces producteurs qui se permettent tout et ont rapidement en tête le truc original qui sonne cool, novateur et accessible en gardant un œil sur les ovnis musicaux et l’underground.
Les prochaines actus ? Et à plus long terme vers quoi tu penses t’orienter ?
J’aimerais produire pour d’autres sur un projet de création à long terme pas trop du track par track, pourquoi pas pour des MC français avec une énergie positive, un esprit ouvert et pas comme ambition de ressembler à des ricains avec l’image ou le son cliché. J’ai aussi envie de bosser avec des MC américains, des chanteuses qui ont une identité propre, un peu de folie et prêt à se lâcher. Ici, y’a vraiment des choses à faire même pour le mainstream, la culture hip hop est forte en France il manque juste la folie, la surprise, l’envie de s’amuser, de créer vraiment quelque chose plutôt que de parler à la première personne, c’est pas une compétition mais un art. Sinon à venir, des concerts dont le 8 août à Paris avec Afrika Bambaataa au social club (gratuit!), aussi Amsterdam, la Russie et tournée en Allemagne, peut être les States a la fin de l’année.
Qu’est-ce qui tourne dans ton mp3 en ce moment ? et quelles sorties attends-tu ?
J’écoute du vieux son de partout sur le globe, du hip hop de la golden era, du dubstep, des sons de la nouvelle scène beat making…
Je te laisse le mot de la fin…
Boom!
Merci Snoop, d’autres vont suivre,
Peace
Ibrahim NJ
Cool cette interview de Débruit, même si je ne connais pas bien le producteur c’est intéressant à lire. Big up Ibrahim pour tes dernières interviews, good job