
Il y a quelques mois de ça, quand She’s a Killah, avec Ron Browz, a leaké, je ne comprenais pas. Comment Ghostface Killah pouvait-il nous servir un son si fade? D’ailleurs, beaucoup de gens furent surpris par ce son et la présence de Ron Browz et son délire autotune pété au coté de GFK, ça ne lui correspondait pas, et la surprise fut encore plus grande quand, dans la foulée, il annonça un album R&B.
Album R&B? Pas vraiment, Ghostdini The Wizard of Poetry est certainement un album de crossovers, mais Ghost ne se met pas à chanter pour autant, et ne se tient pas forcément aux critères du R&B actuel. En fait, c’est le thème principal de l’album qui diffère de ses précédents, et qui fait de ce dernier un album « R&B », puisqu’ici tourne autour d’un seul sujet, les femmes. Ghost avait déjà abordé le sujet, mais ici, il aborde la gente féminine avec tous ce qu’elle nous inspire, des meilleurs aux pires sentiments, et c’est ce qui fait le charme de ce dernier. Ghost ne se limite pas aux exces de machisme ou à l’amour mielleux que nous propose la majorité des rappeurs. Il évoque autant les bitches et le sexe sale que l’amour avec un grand A et tout ce qu’il y a entre les deux sur des titres allant du très explicite Stapleton Sex au plus romantique et subjuguant Paragraphes Of Love avec Vaughn Anthony et Estelle, Goner avec Lloyd.
Il varie les sujets et les prods, et nous régale avec le magnifique et soulful Do Over avec Raheem DeVaughn dont la voix colle aussi parfaitement au tout aussi superbe Baby.
Explorant assez amplement les relations avec le sexe opposé en nous plaçant dans diverses situations, et surtout grâce à la qualité de sa plume, il arrive à captiver l’auditeur avec les smooth Lonely et Let’s Stop Playing, ou, avec le plus conceptuel Guest House, ou il s’engage avec Fabolous, dans une frénétique et sanglante histoire d’adultère. Ghostface Killah est toujours intense et saissisant , il rend chaque titre, ou presque, intéressant grâce aussi à de tres bonnes prods offrant une riche palette de couleurs musicales à Ghost pour peindre son tableau. Il y a vraiment de très bonne choses tout au long comme l’excellent Stay au son plus funky d’un Not Your Average et même le très R&B I’ll Be That, sans être vraiment au niveau du reste, n’est pas forcement dégueulasse.
Et si je citais She’s A Killah comme un son sans trop d’intérêt en intro, la vibe d’un Forever, quoique totalement différente devient vite trop répétitive, et Ghost chantant sur le refrain, ça ne le fait pas plus. Il aurait aussi pu faire un effort que de nous ressortir Back Like That (Remix) en bonus. Ça colle bien avec l’album mais ça date, et les fans l’avaient déjà eux sur More Fish.
Ghostface ne rate pas son essaie pour autant, bien au contraire, si voir un MC du Wu nous servir ce genre de projet en défrisera surement certains, il prouve son talent, se démarquant de ce qu’il fait habituellement et nous servant tout de même un album intéressant et divertissant. Ghostdini The Wizard of Poetry est finalement une des bonnes surprises de cet année, c’est du bon ghost.
