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Interviews


Partir avec Bams…

Cet article a été rédigé par Fizzle | publié le 27 octobre 2009 | 11h27
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Comment résumer le parcours de la dame en quelques mots ? Pour faire court : Bams c’est la meuf qu’on entendait rapper au sein du collectif de Ziko C 2 La Balle, mais aussi la révélation du Printemps de Bourges en 1999 avec son premier album « Vivre ou mourir », suivi d’une jolie apparition en 2003 sur l’album Européen de RZA ainsi que l’album « De ce monde », second disque plus « ouvert » sorti en 2005. Et ce n’est pas tout, comme si la miss n’était pas satisfaite de n’être « que » auteur-compositrice et interprète, elle est également co-fondatrice du magazine Respect et ancienne championne de France d’athlétisme, excusez du peu. Et pourtant, j’avais bien dis « en quelques mots »… Le 2 novembre Bams sortira un nouvel EP intitulé « On partira » sur des productions signées Imhotep ou encore Junkaz Lou, l’occasion d’aller à sa rencontre afin de lui poser deux ou trois questions…

Bams_photo1

Comment vis-tu le Rap en tant que femme et mère de famille ?

Les années passent, on prend de l’âge et les expériences nous épaississent ou nous mettent au tapis (elle sourit). C’est la première fois que j’écris un album alors que dans ma vie personnelle c’est l’Amour et le soleil qui me portent. Oui, today je suis maman. L’artiste se doit, je crois, d’être en phase avec ce qu’il vit. Les titres « Baby blues » et « Je vais t’offrir » sont directement inspirés de ma vie et de cette récente maternité que je découvre.

Tu peux me parler de ces deux titres justement ?

Dans les magazines ils nous saoulent avec ce soit disant « Baby Blues ». Je ne l’ai pas connu et c’est important de porter la parole d’une jeune femme, heureuse et fière d’accueillir les changements. Ils ne sont pas là que pour nous déstabiliser (elle sourit). « Je vais t’offrir », c’est Bams qui s’la raconte : super Maman! (rires) Je pense que nous sommes beaucoup à avoir ce rêve secret, d’élever au mieux nos enfants, de leur donner les bagages qu’il faut pour affronter la vie, faite de vents chauds et froids.

Et cette misogynie ambiante dans le Rap ne te pose pas problème ?

Nous vivons dans un monde d’hommes, dont d’ailleurs le symbole dirigeant est mâle, blanc et quinquagénaire. La musique, le Rap puisqu’il s’agit de lui, n’est qu’un microcosme de notre société.  On y retrouve donc toutes ses tares. Et la place de la Femme, comme partout, reste à faire. Dans toutes les musiques, chanson française comprise, la place de la femme est très stéréotypée. Elle est toujours fragile et/ou séductrice, parle de ses problèmes de cœur et est souvent la victime. D’ailleurs quand on ne joue pas le jeu, on en paie le prix. Exclue, ton chemin sera plus long.

Quelles sont tes modèles féminines dans la musique ?

Quelle femme aujourd’hui s’assume dans sa globalité? Brigitte Fontaine, Catherine Ringer. Elles ont quel âge? Elles viennent d’une autre époque. Today, ça couine. Alors laissez les rappeurs tranquilles et leurs soit disant misogynie. Les expressions du rap, que les médias choisissent de promotionner, sont justes différentes et plus Bling Bling, mais le fond reste pour moi le même. Poser sa couleur en tant que femme, pleine, hors format, riche d’expérience, inclassable, forte, sexuée, fragile, heureuse, grande gueule, réfléchie, drôle, aventurière, exploratrice et qui ne connaît ni la honte, ni la timidité reste un vrai casse tête pour la société, en tous cas pour ceux qui en tiennent les rênes. Car le peuple lui, est toujours en avance (elle sourit)…

Es-tu toujours emballée par ce qui se fait dans le Rap d’aujourd’hui ?

Je suis plutôt attristée par les radios d’aujourd’hui, entre les soit disant indépendants de Générations censés porter les émergences nouvelles de la culture Hip-Hop qui restent formatés dans leur programmation, Skyrock qui nous  » soupe  » les oreilles, il est je pense difficile aujourd’hui de dénicher les talents français. Et pourtant il y en a ! Casey, Sinistre, Dgiz, Negrissim, la Rumeur, Rocé, Booba… Pas beaucoup de jeunes dans ceux que je viens de citer. Tandem peut être, pour la prise de risque musicale, Nysay ( Salif / Exs ) pour leur rap, Youssoupha et son  » Seveu su la langue  » , Essences des filles que j’aime aussi humainement sans oublier Black Barbie… j’aime bien les teignes (rires).

Et parmi les « p’tits nouveaux » donc…?

Ces deux dernières années j’ai découvert Ina Ich, Twin Twin, La Fonta, Ness, Fantazio, Daz Ini, Dominique A. Sorry pour ceux que j’oublie…

Où se trouvent tes influences ?

Mon p’tit cousin dit que je n’écoute que des morts. Je viens du Rock et du Jazz, et oui, dans ma Musicothèque tournent Miles, Hendrix, Bowie, les Clash, Wes Montgomery, Fela, Weather report, Bjork, Herbie Hancock, Ella fitzgerald, le Wu-Tang… Mes sœurs Erika et les Nubians : classique!

Avec « On partira » tu donnes l’impression de vouloir te détacher du Rap pur et dur pour te rapprocher de la chanson française, c’est le cas?

Je ne donne pas l’impression, je fais de la Chanson Hip-Hop et ce depuis « De ce monde », mon deuxième album que je kiffe (elle sourit). Je pense qu’il faut toujours analyser dans le contexte, et mon contexte est qu’adolescente je n’écoutais pas de Rap. Je viens du Rock et du Jazz, ça a été un choix politique de faire un premier album de Rap  » Vivre ou Mourir  » que j’aime aussi beaucoup. C’est le premier album du Wu-Tang qui m’a fait m’intéresser au Rap, je me suis dit que pour porter mes textes, quand même assez engagés, cette forme était la plus juste, et je ne regrette pas ce choix. J’y ai depuis découvert de véritables artistes colorés, de vrais univers. Ensuite, je dirais que « chassez le naturel et il revient au galop ». Ado, j’avais déjà un groupe « Shuka Gang » : basse, batterie, guitare et moi aux textes et à la voix. Une couleur Rock , Jazz alors ça été pour moi une vraie évolution dans « De ce Monde » et aujourd’hui « On partira » d’enrichir de mes nouvelles capacités de rappeuse, l’univers musical qui a toujours fait vibrer mon moi intérieur. Désolée pour les puristes, Bams c’est le mélange, le métissage, le multi-pluri-culti identitaire. J’ai grandi et ai pris de l’expérience , normal que mon nouveau projet soit plus précis et ma Chanson Hip-Hop existait déjà dans « De ce Monde », album que je n’aurai réussi à produire sans la rencontre de RZA. Dans « De ce Monde » il y avait déjà un morceau Rock  » Radio » , Chanson Hip-Hop  » Viens « , Afro-Beat  » Après » , Andalou-Afro-Jazz  » Nazime, Free  » Intro », Slam  » Touche mon Interlude « , Dub Electro  » Murs Murs « , ces titres sont entourés de beaucoup d’autres morceaux Rap, 19 au total, du coup mon concept de Chanson Hip-Hop a peut être été moins audible. Je ne me rapproche de personne, ni ne quitte personne, je suis juste MON chemin, en fonction de CE QUE JE SUIS.

Dans ta bio il est dit que tu « n’auras aucun complexe à profiter des portes ouvertes par Grand Corps Malade et Abd Al Malik ». Tu peux m’expliquer où tu veux en venir exactement ?

La France est un pays de cons qui n’aime pas la nouveauté. Depuis la fin de la seconde guerre, elle reste dans un immobilisme, on ne peut rien faire sans avoir de référent. Il faut que les projets aient déjà été portés par des gens que le système a choisi de mettre en place pour que d’autres projets similaires émergent. D’où cette phrase qui est juste… plus diplomate. Je vous rappelle que « Midi 20″ c’est en 2006, « Gilbraltar » c’est aussi en 2006, « Identités en Crescendo » sort lui aussi en 2006… « De ce Monde » c’est début 2005 mais encore une fois, je reviens sur ce que je te disais plus haut au sujet des femmes, il y a certains domaines dont celui de l’innovation, de l’originalité ou de la provocation que les hommes se réservent et surtout EN FRANCE. Le milieu presse média Hip-Hop y compris, bien sûr. Tenu par des hommes, ils choisissent leur « homo-pareil » ou les femmes qui répondent aux critères qui pour eux définissent la Femme. Quand en 2001, je parle de mon projet de Chanson Hip-Hop à mon D.A de la maison de disque Tréma, il m’endort pendant deux ans avant que JE décide des les QUITTER. Mais je suis une ancienne sportive de haut niveau et le temps est mon ami, on verra qui restera. Aujourd’hui sans prod, sans tourneur, sans manager, je sors ce magnifique projet que j’ai produit. A cette occasion, j’ai encore assis et enrichi mon réseau pour produire un disque quoiqu’il arrive, et puis la reconnaissance n’est pas, je crois, dans le karma de tout le monde alors je me concentre sur ce que j’ai : MA CRÉATION et y mets tout mes RÊVES. Aujourd’hui si on doit reconnaître, accepter, entendre mon projet parce que des Grand Corps Malade ou Abd Al Malik ont ouvert les portes, soit ! Ils leur faut des référents? Soit… Mon souci est d’avancer et plus de me battre à éduquer , car ça revient à ça, les gens, la presse, car une bio est faire pour vous les journalistes, pour que vous trouviez les mots justes. Aujourd’hui je m’en fous, dites moi rappeuse, chanteuse, slameuse, rockeuse, conteuse si ces mots vous parlent alors employez les. L’essentiel est qu’on parle de moi, le public sera définir ce qui le touche en moi. Si par contre on me demande de me définir, je suis une Chanteuse Hip-Hopeuse ! Alors pour toutes ces raisons, je n’ai aucun complexe à profiter des portes ouvertes par GCM et Malik.

Quelle suite comptes-tu donner à cet EP ?

Bams2

Déjà, je souhaite le faire vivre sur scène, le défendre en promo. C’est un projet dont je suis très fière. Tu sais, ce n’est pas souvent dans la vie qu’on sent qu’on a passé un cap. Et c’est le cas avec cet EP. Que ce soit dans les prods, dans l’interprétation, dans l’écriture et même bizness’ment parlant. Alors forcément j’y crois, ça c’est pas nouveau, mais je trouve que « On Partira » a tout pour toucher le public, et mon public a toujours été large. Viens sur une de mes dates, il y a des vieux, des jeunes, des bobos, des cailles, des punk à chiens, des goudous, des étudiants, des militants, des verts, des bleus… c’est la qualité première de mon projet et ça, c’est ma vraie grande récompense. Il se veut diversifié et il fédère, sans démagogie. Je me produirai dans ce lieu mythique des Trois Baudets à Pigalle Paris 18 le 30 octobre, avec Dj Junkaz Lou aux platines, Fanny Lasfargues à la Contrebasse, Sacha Ricci aux Claviers et la Sax soprano Thi Thanh. Le 14 novembre je serai aux Cuizines à Chelles (77), le 28 à Anemasse près de Genève. Je souhaite la bienvenue aux aventuriers et aventurières, vous ne serez pas déçu(e)s. Pas de copié-collé dans ma musique ! Je tiens à te remercier, ainsi que Bounce 2 Dis pour m’avoir donné cet espace, libre de parole…

« On partira », disponible le 2 novembre sur toutes les plateformes de téléchargement légale.

Voir le clip de « Bella », titre issu du Ep.

Site : www.myspace.com/bamsreal



1 commentaire

  1. Dj Peusnoo le

    Belle interview Fizzle. J’ai bcp aimé son album « De ce monde » donc j’suis vraiment curieux d’écouter ce nouveau projet

     




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