On les appelle les old-timers. Ils ont écrit les premières – et parmi les plus belles – pages du Rap Français. Rap Mag et Bounce2Dis leurs rendent désormais hommage chaque mois et refont les présentations pour les moins de 20 ans.
Ce mois-ci, rencontre avec Jaeyez, tiers d’Afrojazz, le groupe le plus « cainri » du rap français durant les 90′s…

Commençons par le début… Comment s’est créé Afrojazz?
En fait je me suis lancé dans cette aventure afin de remplacer mon grand frère DJ Mr. Den, venant de mon 93 pour intégrer une structure du 77. J’ai intégré Afrojazz en 1991, à la base je devais être le DJ du groupe mais j’avais déjà quelques rap qui ont plu à James, l’un des fondateurs avec Pape. Du coup, il m’a demandé de rapper avec Nojoke puisque Fal, à l’époque rappeur principal du truc était très malade.
Le collectif s’est par la suite transformé en « simple » groupe…
Ouais, à la base Afrojazz regroupait plusieurs sections: rap, danse, new jack swing, graff… Notre objectif était le développement de l’Afrique par la culture, il était question d’y envoyer livres et cahiers. Mais très vite, de toutes les sections, il ne resta que Robo issu de la branche danse ainsi que Nojoke et moi pour le rap. Tous trois passionnés et fidèles au poste. On s’est donc retrouvés à trois et c’est bien à ce moment, pour moi, qu’Afrojazz est vraiment devenu sérieux.
Tu gardes de bons souvenirs de tout ça?
Que des bons, tous les trois nous étions partout, dans tous les coups. On rappait dans toutes les soirées comme des malades, comme des « macaques on the mic »… C’était très saint.
Quelles étaient vos influences à l’époque?
Elles se résumaient aux bacs de skeuds que chacun avait dérobé à son père (il sourit)… Du jazz forcément, mais aussi de la soul, du funk ou encore des musiques Africaines et Antillaises. Mon père animait d’ailleurs des soirées Afro-antillaises donc il y avait de bonnes bases. Mais nos principales influences venaient avant tout du rap US: Public Enemy, KRS One, Eric B. & Rakim, Paris, NWA… Des classiques old school quoi. Pour ma part j’écoutais déjà beaucoup de reggae et j’étais également « fan » de Prince et du son de Minneapolis… Aahhh jeunesse! Il fallait nous voir dans le RER B ou A quand on allait en studio, avec chacun un sac de vinyles sur le dos qui pesait une tonne ! (rires)
J’aimerais que tu me parles de votre collaboration avec Ol’Dirty Bastard, où l’avez-vous rencontré?
On l’a rencontré lors d’un show-case au Diamant Noir à la Défense. Ce soir là Cut Killer nous a fait monter sur scène pour lâcher un freestyle. ODB apprécie, nous invite à sa table et nous échangeons des numéros…
C’était un personnage plutôt atypique, ça a du être une soirée… « spéciale » non?
(il sourit) Tu l’as dit, ce soir là il avait mélangé plusieurs alcools forts dans un sceau à glace (rires), un véritable cocktail de dingue ! Il faisait tourner ce truc à tous les privilégiés de la table comme un espèce de calumet de la paix.
Vous l’avez revu après?
Des années plus tard sur NYC, au studio Unique. ODB était arrivé avec toute sa clique du Brooklyn Zoo. Les mecs avaient tous un blunt au bec et une bière Colt 45 à la main. Tous, nous y compris… sauf ODB qui buvait de la Old English….. Ah ces américains… (rires)
En quittant le groupe, Daddy Jokno a plus ou moins mis fin à l’aventure AJ. Comment tu l’as vécu?
Difficilement, c’était effectivement la fin d’Afrojazz. Je n’ai pas voulu y croire en réalisant « AJ-1 Révélation », notre deuxième album mais c’était déjà bel et bien terminé.
D’ailleurs cet album a été moins bien reçu par le public…
Il s’agissait de nos premières prods, on s’est fait plaisir.
Que sont devenus les autres?
Robo a tout de suite tout arrêté. Jokno est à NYC, aux dernières nouvelles il continu…
De ton côté il y a eu l’aventure B.O.S.S. qui s’est plus ou moins soldée par un échec. Es-tu toujours en contact avec eux?
Plus trop, hormis Bercy avec NTM pour « C’est arrivé près de chez toi ».
Tu gardes quelques regrets?
J’ai beaucoup galéré là-bas mais j’y ai également fais de grandes choses. Je n’en veux à personne, c’est la vie… « Il y a des esprits alertes et d’autres assoupis ». C’est à chacun de défendre son bifteck, de mieux veiller à ses intérêt et d’être plus « ruff ». J’en garde de bons souvenirs. Joey, c’est quand même quelqu’un, et puis c’est la stratégie du bordel.
Tu gardes une oreille sur ce qui se fait aujourd’hui?
J’ai toujours eu un regard extérieur sur la scène rap en France, j’en écoute pas ou très peu pour ne pas être inconsciemment influencé. Je trouve la nouvelle génération de MC’s beaucoup moins vraie qu’avant, leurs personnalités sont formatées… A part Booba, Kery James ou encore Oxmo très peu sortent du lot et me font kiffer. Maintenant je vois la chose de manière plus musicale, la qualité prime sur tout le « cinéma » autour.
Tu es toujours dans le son aujourd’hui?
Je sors de la SAE institut, une école d’ingénieurs du son. Concernant mon album, il me reste à le mixer. J’aimerais bosser en studio: produire, mixer, réaliser…
Et Afrojazz?
Son avenir, c’est le tiers d’AJ: wanted dread, Afro, tressé ou baldhead…
Site : www.myspace.com/jaeyez
man dans le hip hop fout la merde tout en restan skre-di! zay pory ry lelenina an!
Yes j’ai bcp aimé le concept AJ aussi. Au plaisir d’écouter le projet de jah eyez
Le deuxième album d’AJ était bon !!!
Toujours adhérer au concept AFRO JAZZ, content de voir qu’un opus de Jaeyes devrais arriver.
Il y a des Mc comme ca qui ont une vrai identité.
Merci Keezy, tu fais plaisir.
Chaque fois que je viens ici, y’a des nouvelles itws de toi… et c’est tjrs aussi frais…
« Maintenant je vois la chose de manière plus musicale, la qualité prime sur tout le « cinéma » autour. »