Quatre ans après l’album des Sales Gosses, Papillon Bandana est de retour en solo avec Destination Ailleurs. L’occasion pour nous de revenir avec lui sur quelque lignes de sa longue carrière, et bien évidemment d’en apprendre davantage sur ce dernier opus enregistré à Los Angeles et parrainé par Bizzy Bone, s’il vous plaît! J’espère que vous apprécierez. Un grand merci à l’équipe de 187Prod, le site le plus opérationnel de la côte West.
Salut Papillon, bienvenu sur B2d! J’ai cru comprendre qu’après avoir vécu un peu aux U.S.A, tu t’y rendais assez souvent. Pour commencer, Peux tu me dire d’où te vient cette passion pour les states et la culture californienne ?
Salut à vous! Ma passion pour la culture californienne ne date pas d’hier, je me suis toujours senti proche de la Cali. C’est toute une ambiance! Dans la Cité des Anges, il y règne une atmosphère indescriptible. Je m’y sens bien, et le fait d’être là-bas me donne l’envie d’avancer! Pas uniquement dans la musique mais dans ma vie. Le rêve américain prend tout son sens une fois que tu es là-bas. Tu as la sensation que tous tes rêves peuvent se réaliser. Je suis pas mal connecté à Los Angeles et j’ai pleins d’autres projets avec des artistes américains. On en reparlera …
Beaucoup t’ont connu à l’époque avec La Clinique, sur Liaisons Dangereuses ou encore avec le tube Playa. Quels souvenirs gardes tu de cette époque?
Je garde de très bon souvenirs. Il y a aussi eu le morceau « Tout saigne » (tiré de la 1ère compilation Hostile). La clinique, c’est toute une époque de ma vie !! On était dans un concept bien précis, on avait un style de son bien à nous, tout comme avec Les Sales Gosses et l’album 12 Ans d’Âge. On a toujours essayé de se démarquer des autres, c’était notre marque de fabrique.
Tu étais proche des membres du Secteur Ä à cette époque. Quels rapports entretiens tu aujourd’hui avec eux, Doc Gyneco y compris ?
Je vois souvent Stomy et Passi, ce sont des amis, on bosse ensemble sur nos albums respectifs. Ça fait un bail que je n’ai pas revu Gynéco…
A part l’âge, qu’est ce qui différencie Papillon de l’époque et le Papillon Bandana d’aujourd’hui ?
Je ne vais pas être original, mais je te dirais sans hésiter la maturité et le poids des années. Tu sais le fait de prendre de l’âge, d’avoir des mômes, ça te rend évidemment plus fort mais ça te met face à tes vieux démons. Je suis beaucoup plus posé qu’il y a 15 piges, c’est normal, il y a un temps pour tout. Aujourd’hui, si je continue la musique, c’est que je lui dois tout et j’ai le sentiment en toute modestie que je peux apporter quelque chose de neuf et un vent de fraîcheur dans le paysage du rap français.
Ton dernier album Destination Ailleurs est sorti il y a quelques semaines. Comment as tu travaillé sur cet album toi qui n’avais plus rien sorti depuis 2005 et un peu disparu du même coup?
Je n’avais pas disparu, t’inquiètes… Je suis un ultra perfectionniste, donc ma manière de travailler est très spéciale. Je suis très dur avec moi même en ce qui concerne la musique, je ne laisse rien au hasard. Certains beatmakers et d’autres avec qui je bosse te diront que je suis LE gars pointilleux, méticuleux, acharné (rires). Mais il n’ y a que comme ça que l’on avance. En effet, j’aime que les choses soient travaillées sérieusement et avec convictions. La rigolade dans le taff c’est bien mais il faut penser à ce que tu vas sortir des enceintes mon pote! Si pour certains ou certaines, la musique est un moyen de s’encanailler ou de faire le beau, ce n’est pas mon cas et je suis à 30 000 bornes de cette conception de la musique.
L’album est parrainé par Bizzy Bone. Comment s’est faite la connexion ?
Elle s’est faite par le biais de David Lynch, il est connecté à travers les States et un peu partout dans le monde. Un jour, il m’ appelle et me demande si un album parrainé par Bizzy m’ intéresserait? Qu’est ce que n’importe quel aficionados de Bone Thugs aurait répondu? : « YEAAAAAAHHHH » … Un mois après, nous étions dans l’avion pour L.A. et sur le point d’enregistrer Destination ailleurs.
Bosser en studio avec un mec comme ça, ça doit être assez excitant, mais aussi intimidant, non?
C’est un truc de malade! Mais pas franchement intimidant car le mec te met à l’aise direct. C’est cainri! Pas le temps de s’endormir, le son pète dans le studio et ça freestyle direct. Tu sais Bizzy est vraiment dans son monde, et il t’y emmène volontiers. Il suffit de le suivre, de te lâcher derrière le micro et la magie opère.
Tu as eu l’occasion de lui parler ou lui faire écouter du rap français?
Tu sais, on était en studio ensemble donc on a bien causé, évidemment bien bu (rires), mais c’était tout de même très studieux. Il est très concentré en studio et vraiment dans sa matrice, c’est ce qui m’a vraiment plu. Il était pas là pour se foutre de notre gueule et nous lâcher des couplets de merde. Il a pris cet album au sérieux. Sinon, je n’ai pas eu le temps de lui faire écouter du rap français. Et vu que je n’en écoute pas énormément non plus, ce n’était pas ma priorité.
Toi qui a un pied à la fois en France et aux Etats-Unis, quelle(s) différence(s) vois tu entre la manière de faire de la musique en France et aux States?
Pas énormément de différence, mais 2 ou 3 bricoles qui font toute la différence (rires). En fait, c’est toute leur spontanéité qui fait que tu ressens la musique différemment. Et puis, ils sont très rapides pour poser les lyrics, pas 10 000 ans dans la cabine. Quand c’est bon c’est bon! Ici en France, on réécoute 50 fois à la maison, on retourne en studio pour reposer une ligne de backs, pour changer un mot mal articulé, pour déplacer un back sur la gauche parce qu’il dépasse un shouille de la lead … Bref, on retourne à la maison le réécouter 71 fois, et là on aime plus du tout son couplet (rires) C’est imagé, mais c’est un peu ça quand même… Là-bas quand ils sont satisfaits, c’est dans la boîte et ils passent à autre chose…
Est ce que le fait de bosser avec les ricains influe sur ta musique?
Non, ça n’influe pas sur ma musique, mais sur ma façon de bosser. C’est clair! Comme je viens de l’expliquer, c’est la spontanéité qui fait toute la différence, et ça se ressent dans tes titres.
Question qui fera plaisir à DJ Peusnoo. Quels sont les albums qui t’ont marqué en 2009 ?
Lil’ rob – Love And Hate / Dj Quick et Kurupt – Blackout / Chino Grande – Slow It Down / Twista – Category F5 / Estwood – Street Game / Les mixtapes de Nipsey Hussle. Et après, comme tout le monde le sait, j’écoute beaucoup de Oldies, donc c’est pas de l’année 2009.
Si tu devais définir Destination Ailleurs en trois temps, tu dirais ?
Qu’attends-tu de cette nouvelle sortie, Papillon ?
J’aimerais que les gens apprécient cet album à sa juste valeur. Je l’ai fait avec le cœur, la sueur, et l’amour de la musique. C ‘est un condensé de vérités à travers une palette d’instrus aussi forts les uns que les autres (Makavelik, Sovan et Venom, Fingazz, Ghetto twinz beatz). Si les gens veulent écouter un rap différent, c’est l’album qu’il leur faut. C’est un voyage à travers différentes émotions tout simplement, avec en featuring Bizzy Bone, Layzie Bone, Big sloan, Fingazz, le Fou la merde, Rma2n, Raja, Duardo Vagabundo, Dj Ak …
Si tu devais conseiller quelques morceaux aux jeunes lecteurs qui souhaitent découvrir l’univers de Papillon, tu dirais ?
Merci pour cette interview, Papillon. J’te laisse le mot de la fin !
Merci à toute votre équipe et vos lecteurs … L’album est disponible à la Fnac Châtelet les Halles » et le Fnac Champs Élysées (en attendant la distrib’ nationale) ainsi que sur les sites 187prod.combsboyzindustry.com. Restez connectés. Il y a pleins d’autres surprises à venir. Que Dieu bénisse nos écrits, la mort se chargera du reste. (store@187prod.com) et
Bonne interview Jude ! Intéressant, faut que j’écoute son projet…