Prêtant volontiers une oreille voire deux à tout artiste émergent, la chronique qui suit relate l’effort artistique du mélomane qu’autrui, dans sa plus grande acceptation de la démocratie menant à une décision pris au consensus, nomme Phalo Pantoja.
« Oh non, il est encore reparti dans ses récits étranges… et c’est quoi ce nom d’abord ? »
Il n’est point loufoque de se trouver un sobriquet artistique qui substitue le citoyen à ses devoirs musicaux. Phalo Pantoja est celui-ci.
Il est moins surprenant de se prendre en pleine face les vagues musicales vénérant pour certaines le passif au point de dénigrer les rentrées d’argents bien actuelles ; que de voir le néophyte d’hier rendre un dernier hommage à son passé.
Gageons donc que l’établissement d’un album sentant la reproduction, comme on en voit flopée ces dernier temps, est quasi synonyme de banquer là ou les autres raquent.
Pour autant l’action peut revêtir un quelconque intérêt des lors que le dépensier sait se démarquer.
« Nan mais ce mec est bourré ou quoi ? »
Il est vrai que le pot-pourri syntaxique et des champs lexicaux passent mal une fois les moissons terminées, si nous partons du principe que celles-ci sont réalisées avec un certain degré…
Certaines sonorités étaient en jachère. Il faut bien le reconnaître. Phalo fait parti de ceux qui ont ressortis les outils pour replanter ces graines perdues. Il faut avouer que le personnage s’en sort bien.
Alors j’entends déjà les « ouais mais les 90’s c’est fini bla bla bla » je suis en complète adéquation avec ceci… Néanmoins quand le dépensier sait se démarquer… on y prête attention non ?
Je n’ai pas trouvé meilleure phrase pour décrire l’album qu’une invoquée par l’intéressé lui-même : Pete Rock passé sous le broyeur de Boards of Canada.
En effet l’album peut sembler un peu long, difficile de tenir la distance. Pour autant on ne va pas se plaindre pour une fois qu’on en a pour son argent ! (Ah oui les albums ca s’achète encore hein).
Phalo navigue entre lounge, jazz et boom bap. On ne s’en plaindra pas non plus. Les chansons voyant la participation des invités sont dans l’ensemble toutes d’un niveau appréciable. Mention spéciale pour le très Pete Rockien « Ici et là-bas » ou bien encore le très énergique « Relay » ou le très groovy « No money ».
Autre chose que l’on remarque, des interludes en français, sentant bon l’intonation d’il y a quelques années. Je dois dire que c’est très appréciable.
En résumé, le long format faisant état de carte de visite est à écouter. Rien de révolutionnaire, de pompeux ou de travail bâclé.