
Salut, tout d’abord je vais vous demander de vous présenter… Comment s’est formé le groupe ?
Le Makizar :
Kalhex s’est formé suite à ma rencontre avec Parental à la Maison du Hip Hop (à Paris) en 2007. On s’est découvert un univers musical commun, il m’a présenté son frère Lex et ça a donné : Parental à la prod, Lex & le Makizar au mic !
Une chose a retenue mon attention sur votre Myspace, votre bio mentionne « à 1000 lieux des clichés et étiquettes » pourtant vous faites un son boom bap qui semble être revenu sur le devant de la scène, c’est pas justement un peu cliché ça ?
Le Boom Bap a été la norme des 90′s, mais pour nous cette musique n’a jamais cessé d’exister, c’est celle que l’on écoute chaque jour, celle qui nous touche et nous pousse à en faire. Des producteurs comme Spinna, Premier ont traversé les époques et sont la preuve que cette musique (peu importe son nom) est intemporelle même si elle n’est plus représentée par les grands médias.
On ne s’est pas dit : « faisons ce type de son pour cibler le public nostalgique ou surfer sur la vague ‘’le rap c’était mieux avant’’ ». On tente de s’inscrire dans le prolongement des 90′s. Il n’est pas question de cliché ou de tendance mais de connaitre ce qui a été fait. Les breaks de batteries, les samples déjà utilisés, c’est la base : connaitre la culture pour tenter d’y apporter sa modeste participation. Sampler ce n’est pas seulement pitcher un son de Nina Simone et l’assembler à un kit de batterie. Quand on écoute Kev Brown, Pete Rock ou Erick Sermon, on sent qu’il y a du travail, une connaissance et un amour de la musique. C’est dans cet état d’esprit que nous concevons la nôtre.
Et mis à part quelques groupes en France (Venom, Mind Conscience, Phalo Pantoja, Square Lohkoh…) ce type de son et de démarche restent minoritaires.
Lorsque l’on parle de clichés il s’agit surtout du discours, des thèmes et de la manière dont ils sont abordés en France. A part quelques exceptions comme Rocé, c’est le degré zéro de la réflexion. Les rappeurs jettent leurs premières idées sur le papier et il s’agit souvent de rîmes à usage unique. On fait très attention à nos paroles, aux mots que l’on utilise en prenant garde aux connotations liées à certains termes. Chaque phrase est à tiroir, on essaye d’écrire de manière à ce que l’auditeur comprenne quelque chose de nouveau à chaque écoute (jeux de mots, double sens, métaphores…) en ce sens notre écriture est parfois plus abstraite ou poétique sans pour autant être niaise. La violence est dans le fond, pas dans la forme.
« On fait très attention à nos paroles, aux mots que l’on utilise »
Vous avez grandi dans quel environnement musical ?
Parental & Lex : Notre père est un amoureux de musique, on a grandi avec du Pink Floyd, Quincy Jones, Michael Jackson, Herbie Hancock, George Benson… On s’est plus intéressé à la soul et au jazz quand on a commencé à chercher les samples des morceaux de rap qu’on écoutait et à produire nos propres beats.
Le Makizar : J’ai grandi dans des univers variés. Aussi bien africain qu’hexagonal, ou des tubes de l’Oncle Sam… Alors je dirais que la musique jazz et soul sont les sons qui me représentent le plus.
Comment se sont déroulés les premiers contacts avec la musique ? Le Hip-hop ?
Le Makizar : J’ai découvert le Hip-hop alors que je n’étais qu’un mioche. Grâce à mon frère aîné qui écoutait Radio Nova. J’ai grandi avec du Lionel D, Little Mc, Rico, le Posse 501…
Parental & Lex : Mc Solaar – Paradisiaque & IAM – L’école du micro d’argent sont les premiers disques de rap que l’on a écoutés. Par la suite on a été curieux : le Wu, Gangstarr, DITC et tout ce qui a été fait dans les 90′s. Aujourd’hui on suit avec attention ce qui se fait au Japon. Des gens comme Nujabes (RIP), DJ Krush et DJ Mitsu the Beats nous redonnent espoir.
Comment vous en êtes arrivés à faire un album ? Il y a eu des sorties précédemment ?
Non pas de sortie auparavant. Après avoir enregistré quelques morceaux tous les trois, on s’est dit qu’il fallait que ce travail aboutisse à un projet concret. Il nous semblait aussi plus judicieux de sortir un premier album en tant que groupe avant de se lancer dans des projets solo. C’était aussi une manière de tâter le terrain, de voir s’il y avait un public pour cette musique.
L’objectif pour cet album ? Vous comptez le défendre de quelle manière ?
C’est notre premier « pas dans l’arène »…
Un premier album c’est une carte de visite, il nous a permis déjà plus que ce qu’on espérait.
On a pu exporter l’album aux Usa, en Allemagne et même au Japon (chez We Nod Records, l’équivalent de Fat Beats à Tokyo).
On essaye de le défendre aussi bien sur le net (en mettant régulièrement des inédits ou remix en ligne) qu’en radio ou sur scène. Notre premier live a eu lieu récemment au Nouveau Casino, dans le cadre des 10 ans de Hip Hop Resistance (soirée « Etre indépendant est un must, part 2″).
Les projets futurs?
Du vinyle en perspective.
Fin 2010 :
- Un Maxi de Kalhex (2 titres de l’album + 2 inédits) avec des invités de marques…
- Un album instrumental produit par Lex, dans l’esprit de Petestrumentals, des albums de Kankick et Fat Jon.
Courant 2011 :
- Un EP solo du Makizar produit par Kalhex.
- Un EP de Parental qui accueillera Venom, Mind Conscience, Séisme et d’autres artistes dont nous sommes proches.
« Il y a un manque de culture et d’ouverture, ce qui fait que tout se ressemble, »
Votre avis sur le Hip Hop en France ?
Pas grand chose qui nous parle (à part les noms cités plus haut). Il y a un manque de culture et d’ouverture, ce qui fait que tout se ressemble, surtout au niveau des beats. En France, il faut absolument être étiqueté et devoir se justifier sans cesse. « Rap Français », « Rap Hardcore », « Old School » ou « Jazzy », on ne se reconnait dans aucune de ces appellations, alors on essaye de tenir en équilibre entre différentes cases.
Mais les choses commencent à bouger et les passionnés sont en train de se réveiller. C’est plutôt bon signe…
Mot de la fin…
Merci à Bounce2dis et à tous les gens qui nous supportent. L’album est toujours disponible dans toute la France (Fnac, Virgin, Gibert…) et sur le net (Justlikehiphop.com, HHV.de, Undergroundhiphop.com, Wenod.com). La suite arrive… PEACE !
Très bonne vision et itw big up Kakhex