B2d sur FacebookB2d sur TwitterS'abonnez au flux RSS

Chroniques  >  News


Chronique : Diomay – 90 Bpm

Cet article a été rédigé par Dony S | publié le 22 décembre 2010 | 13h52
partager:

Chroniquer l’album de Diomay reste quelque chose de compliqué pour moi, connaissant le bonhomme depuis un certains temps, il est clair que certains pourraient penser que je ne serais pas objectif. Je ne vais pas vous mentir, cette idée m’a également traversé l’esprit. Apres une remise en question nécessaire, qui a durée le temps d’une partie en ligne de fifa 11, je me suis dit que premièrement, bien que je connaisse Diomay je suis assez pro pour donner une critique basé sur la valeur du projet et deuxièmement, tous les chroniqueurs, journalistes ou présentateurs de radio font le buzz de leurs amis. Me pensant aussi intègre qu’integriste dans ma vision du hip hop, je me suis dit que de toute évidence, ma chronique ne serait pas influencée par mes relations avec Diomay et que de toutes manières je ne côtoyais que de bon mc’s. Au final, je me suis dit que de toutes façons, cette chronique deviendrait un classique, tout comme le dernier album de Coolio.

90 bpm est la suite logique de retour aux sources, après sa période “dirty south” que j’avais beaucoup moins aimé, Diomay était “back to basics”, pour le plus grand bonheur des amateurs de son époque “neochrome, IV my people etc …”. A l’écoute de l’album, la première chose que je peux dire c’est qu’il n’a pas essayé de revenir au Diomay de l’époque, disons que dans la démarche il en est plus proche que pendant sa période avec Rma2n. Mais c’est bien d’un rappeur à l’approche de la trentaine dont il est question ici, donc ne vous attendez pas à retrouver le Diomay qui collaborait avec Granit à l’epoque des cassettes neochrome. Diomay à grandit, mûrit, il a façonné sa manière de penser, de voir les choses et donc d’aborder les thèmes et son rap. Le titre “Mon rap à 30 ans” en est l’exemple le plus parfait. Avec des morceaux comme celui là ou “pere lachaise” il se met en marge du milieu du rap, où malheureusement trop souvent des rappeurs approchant la trentaine parle encore comme des ados en crise d’identité. Si il y a bien une chose intéressante dans cette album c’est le comportement de Diomay, détaché des “cases” inhérentes au rap  français, il trouve le courage de dire des choses que d’autres rappeurs pensent mais n’oseraient jamais dire. Le titre “public enemy” en est l’exemple.

Combien de fois j’ai entendu les rappeurs critiquer le public du rap francais “off mic” et une fois en studio ou dans les crédits de l’album dire tout le contraire. Diomay à le courage de ses opinions et c’est très louable, tout comme dans père lachaise quand il rappel que bien qu’issut d’une minorité ethnique (putain, qu’es ce que je déteste écrire des mots comme celui ça, ça fait très “le figaro”) il n’en demeure pas moins français. Malheureusement ce type de discours, même si il est vrai pour tous le monde, ne plait pas forcement aux auditeurs de rap.fr, ça me rappel un peu une phase de M group à l’epoque “en France j’suis qu’un immigré, au bled j’suis qu’un français”. Sur l’ensemble de l’album on ressent une certaine rancoeur vis à vis du rap game à la française, énormément de tracks abordent ce thème, peut être même un peu trop, Diomay ayant la faculté de pouvoir traiter tellement d’autres thèmes. C’est d’ailleurs ce qu’il fait avec brio sur des titres comme “fonds de commerce”, “des qu’il y a une meuf” ou “l’enfant de la télé”. Au niveau des productions, c’est Le roumain aka Alexis Kantrall à la baguette, comme d’habitude et comme toujours le travail est soigné et percutant, mention spéciale à la prod de “pere lachaise”.

Si je n’ai qu’un seul regret sur cet album c’est de ne pas retrouver deux ou trois featurings, je trouve toujours dommage d’un artiste ne ramène pas un autre univers dans le sien. Je ne parle pas forcement de featuring hip hop, mais des collaborations avec des acteurs du mouvement rock ou de la chanson française, qui aurait pu donner un excellent résultat sur cet album.

Pour conclure je ne peux que vous inviter à vous procurer cet album, si vous êtes de la génération hip hop des 90’s, si vous avez évolué avec votre temps et que vous recherchez un rap conscient de son age, cet album est fait pour vous. Je pense que pour ma part cet album doit prendre tout son sens sur scène, c’est une galette faites pour être défendu devant le public et connaissant Diomay, le résultat scénique ne pourra être que probant.

Dony S



0 commentaire





Please note: Comment moderation is enabled and may delay your comment. There is no need to resubmit your comment.





 

Vous organisez ou souhaitez organiser des projets autour du Hip-hop? Contactez nous!

Copyright © 2001-2011 Bounce2dis.com Tous droits réservés | Ce site a été réalisé à l'aide de Playmaker 6, un theme Wordpress de Pressjunkie.net

Nous écrireNous écrireNous écrireNous écrireNous écrireNous écrireNous écrireNous écrire