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Banksy – Exit through the gift shop

Cet article a été rédigé par Jacks | publié le 30 septembre 2011 | 09h50
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Banksy. Ce qu’on sait de lui c’est qu’on ne sait rien. Alors que son identité est régulièrement vendue aux enchères sur ebay, son anonymat est sa plus grande force. A l’heure des pages facebook likées par des centaines de milliers d’internautes, et loin d’un Shepard Fairey qui a tro(n)qué son activisme vandale pour la popularité d’une affiche de campagne d’Obama, Banksy continue de se substituer à son message. Son refus de toute exposition médiatique va jusqu’à en être un des artistes dont le copyright est le plus détourné en mettant en libre service sur son site nombre de ses travaux.

Si toute forme d’art gagne son pari dès lors qu’elle suscite une réflexion, une dose de provocation, de subversion ou d’engagement politique est la cerise sur le gâteau. Banksy tout en bénéficiant d’une hype dans les ventes aux enchères ne dénature pas son travail et même si dorénavant un pochoir anti CCTV (anti télésurveillance) augmente la valeur immobilière du quartier, il n’en reste pas moins un acte de vandalisme qui se permet de faire un gros doigt à l’Etat tout en ne pouvant plus être effacé du mur comme un simple tag lambda. Banksy a gagné.

Mais comment gérer le grand écart entre son éthique et son engagement proche des courants anarchistes et les ventes à plusieurs zéro des salles d’enchères ?

C’est précisément l’objet d’Exit through the gift shop, mal traduit en français par « Faites le Mur ». Exit… n’est pas un documentaire sur Banksy mais DE Banksy. La différence est abyssale. Pendant la première partie on découvre la vie de Thierry Guetta un français exilé à L.A (Los Angeles) qui a la chance d’avoir comme cousin Invader qui l’introduit dans le milieu du Street art. Thierry Guetta a un petit souci dans sa tête et filme tout ce qu’il vit. Suite à sa rencontre avec Banksy, celui-ci l’invite à laisser tomber l’idée la caméra et son idée de documentaire pour se lancer dans le street art et là c’est le drame. Thierry Guetta devient alors Mr Brainwash, un mauvais plagieur de pop-street-art. Il hypothèque sa maison et engage une armada de peintres, plasticiens, artistes et autres, trouve les ressources pour lancer une exposition. Il fait monter la hype et au final vend pour plusieurs millions de dollars de marchandises en singeant de vrais artistes. Il va jusqu’à faire la cover du best of de Madonna, ça ressemble à un Warhol photoshopé.

Mais le message de Banksy ne se limite pas à un simple « don’t believe the hype ». L’authenticité de Mr Brainwash pose de plus en plus question tout au long du film. Et si Brainwash était un gros fake ? Trouvez un mec un peu cinglé prêt à faire le prestidigitateur pendant quelques années, vendez vos (vrais) œuvres d’art et amassez de l’argent, utilisez la thune pour engager une main d’œuvre d’artistes mal nourris mais assez talentueux pour plagier et monter une expo people. Vous avez le décor et l’acteur parfait pour l’arnaque artistique du siècle. En créant un Borat du street-art, à coups de dollars, on voit qu’une production artistique aussi vide que celle de Brainwash peut affoler les galeries d’art. Avec l’argent des collectionneurs, Banksy finance une fausse expo pour faire acheter à ces mêmes collectionneurs des pseudo-œuvres produites à la chaine et vides de contenu. Un double fist-fucking.

Et au final, on a documentaire qui expose brillamment la récupération du street-art, du vandalisme activiste, par des collectionneurs capitalistes. Notre place à nous artisans du Hip-hop, est-elle aux côtés des coupes de champagnes et des bourges locaux qui s’extasient devant la sauvageonnerie d’un graffiti ou d’un pochoir ? Je ne sais plus qui disait d’ailleurs à propos du graffiti, qu’à partir du moment où ta peinture est dans une galerie, le combat est fini et perdu.

Moralité : il n’y a pas de morale, « ça vaut quand même de l’argent ».

Bien évidemment les collectionneurs ont compris au bout d’un certain temps et la pilule est mal passée. Alors ils ont trouvé un moyen de donner de la valeur à leurs toiles pourries. Si Mr Brainwash est une création de Banksy alors ses ignominies sont en quelque sorte un produit issu du cerveau de Banksy donc ça vaut de l’argent. CQFD.

Le combat continue…

teaser du docu:

Pénétrez l’univers secret de Banksy – Enter Through the Stal:


Quelques liens :

http://www.banksy.co.uk

http://www.banksyfilm.com



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