
Jamais dans la tendance mais toujours dans la bonne direction. Retour sur l’album Détournement de Son.
En 1998, Fabe balance son troisième album : une poignée de textes impertinents posés à la cool. Il est vrai que rien ne change à part les saisons, l’esprit de la Scred Connexion est toujours là.
« Je rap comme je respire » lance Fabe sur le son « ça ou rien » où les gars de la Scred posent les uns après les autres. On plane avec « Au fond de nos cœurs », le riff de la guitare, les vibes chantées comme des mélopées paradisiaques et pourtant le texte ramène sur Terre assez vite. Les lyrics sont justes et puissantes.
« Le dieu que j’adore n’est pas un billet vert »
La scansion, qui d’habitude est posée de façon nonchalante (comme sur « Quoi qu’t'en dises » par exemple ) est plus vive, plus froide comme la lame d’un surin. Avec « Nuage sans fin » Be-Fa prend à contre-pied le sample ( « Hyperbolicsyllabicsesquedalymistic » de Isaac Hayes ) repris par beaucoup d’artistes du Gangsta Rap californien ( De NWA à The Game ). Le détail est intéressant puisqu’ici Fabe critique justement ceux qui font leur biff sur la violence.
« Et tu crois quoi ? Qu’j'vais dire que c’est à cause de l’État. Quand tu plantes ton frère, est-ce que c’est Chirac qui prète son bras ? »
Aidé par les scratchs de Dj Cut Killer, l’impertinent prend le microphone et révolutionne les messages du rap français. Les classiques ne lui suffisent plus, la politique (en son sens originel) infiltre ses vers. La découpe d’un mec blasé ( qui ne baisse pas les bras ) forme un style inimitable.
Voilà quelques raisons d’écouter ou de ré-écouter Détournement de Son.
fabe – Detournement de Son
site: 9mai1971.blogspot.com
Fabe. Le meilleur rappeur francais. Il a bercé mon adolescence. Ce mec n’a pas encore été égalé à mon sens
Les meilleurs s’en vont toujours trop vite! Big up Fabe! Fais nous signe si tu passes par là un jour