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Orelsan – Le chant des sirènes

Cet article a été rédigé par Mr Manhattan | publié le 11 octobre 2011 | 10h22
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Ça faisait longtemps qu’on l’attendait. Le second album d’Orelsan, intitulé Le Chant des Sirènes aura fait pas mal de bruit. Il faut dire qu’après son premier opus Perdu d’Avance sortit il y a 2 ans, ce n’est pas ce qu’on attendait de si tôt. Aurélien Cotentin (de son vrai nom) l’avait pourtant dit « J’ai tout mis dans le premier album, y’aura pas d’deuxième » (dixit « Logo dans le ciel »), et c’est vrai que depuis, plus une nouvelle. Plus une nouvelle positive, je veux dire. Pas de morceaux pour maintenir le buzz auprès des fans, mais seulement deux collaborations commerciales avec Toxic Avenger et… Jena Lee.  Oui vous avez bien lu!

Revenons à l’album, peut être aurons-nous des explications à un featuring pour le moins « surprenant ».
L’album, donc, commence par le titre Raelsan, son premier single et clip pour la promotion du Chant des Sirènes. Pour les connaisseurs du « Orelsan du début », le ton a assurément changé. Plus noir, plus sérieux, plus mature. Finie l’adolescence! (il était temps pour lui) Le succès l’a fait entrer dans la cour des grands. Finis les conseils de discipline, les parents, les histoires de Goonies. Mais les problèmes ne sont pas partis, ils ont juste changé de forme: la censure, les polémiques, la célébrité… Le morceau Le Chant des Sirènes reprend de façon concrète les problèmes qui ont suivis les années de succès du rappeur: soirées VIP, fréquentations de la Jet Set, ambiance hypocrite… Qui l’auront presque poussé à cracher un deuxième disque raté (il s’est rattrapé, ne vous en faites pas). Au final, il se sent blasé dans la peau du personnage qu’il s’est façonné. Son premier album trouvait l’inspiration dans le mal-être d’un adolescent; son deuxième album trouve l’inspiration dans le mal-être d’une jeune star.

On arrive au titre Plus rien ne m’étonne, un Changement à la sauce 2011, le principe est le même: un constat de la jeunesse et du monde autour du chanteur qui s’y sent perdu, le tout avec de l’humour et des situations dans lesquelles les 15-25 ans se retrouvent tous un peu. Mauvaise Idée suit tranquillement l’album, sourire au lèvres garanti pour les scénarios inventés par notre Orel.

Le titre (et single) Double vie m’a surpris par sa fraicheur. Orelsan va voir ailleurs s’il y est, et se plait dans cette double vie. Refrain entraînant et chanté (à l’autotune), titre sympa, on retrouve une référence à Pour le pire de son premier opus. Là où Orelsan a été malin, c’est de contraster immédiatement son titre joyeux avec Finir mal, la face cachée du titre précédent. Vécu ou pas, il joue parfaitement le rôle du mec qui regrette d’avoir perdu sa copine, sincère et franc, comme s’il se confiait à un ami; dépression assurée.

On découvre des refrains chantés sur le reste de l’album, Si Seul et La Terre est Ronde, 2 morceaux qui m’ont un peu étonné. Le sale gosse ne m’a pas épaté plus que ça, des morceaux un peu bateaux pour le coup. Des trous dans la tête reprend le thème de « Very Bad Trip » où le personnage se retrouve sans souvenirs dans un endroit insolite et va chercher comment (à la suite d’une soirée arrosée) il en est arrivé là. Pas plus surprenant que ça non plus, le morceau est bon mais trop « facile » pour moi. Au passage, on écoutera La Petite Marchande de Porte-Clefs, du grand n’importe quoi et du jamais vu dans le domaine du rap mais qui aura eu le mérite de m’avoir bien fait marrer, cruellement.

Dans la suite des morceaux appariés: 1990 et 2010. 2 époques que le MC a bien connu, l’une dans laquelle il a grandit, l’autre dans laquelle il laisse sa trace. Les morceaux sont très bons, autant 1990 pour son originalité et 2010 pour ses enchaînements de punchlines percutantes. Puis La morale et Ils sont cools, un premier titre dans lequel il a l’impression de faire la morale  à son ami Gringe – qui n’a pas connu le même succès – et une collaboration avec le-dit Gringe (justement), un texte égotrip sans thème pour un groupe « déjanté » comme ils le revendiquent.

Orelsan clôt son album avec Suicide Social, dans lequel il interprète un jeune dégoûté de toutes les couches de la société, et où tout le monde en prend pour son grade, de la première Dame au dernier trav’ du pays, et enfin Elle viendra quand même (pas sa meuf, la mort),  pour terminer le Chant des Sirènes, avec une petite réflexion philosophique sur le sens de la vie et de la mort.

En résumé, Orlesan nous a livré un deuxième album satisfaisant pour ma part. Les productions sont soignées, on y retrouve pas mal de l’Orelsan qu’on avait aimé et les textes sont toujours aussi percutants. Certains néanmoins seront surement déçus de voir qu’en général, il y a plus de maturité au niveau des thèmes abordés. En même temps, en sortant son premier album à 27 ans sur les défaites de sa jeunesse, on se doutait qu’il fallait à notre gars de nouvelles sources d’inspirations la veille de ses 30 ans.  A voir si l’album restera ou pas dans les annales.

En espérant qu’ Orelsan aura au moins retenu la leçon: « attention au chant des sirènes, tu vas te faire bouffer par le système ».

Orelsan – Raelsan



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