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Du Rapport entre le Rap et les Médias

Cet article a été rédigé par Max Nabis | publié le 7 février 2012 | 10h41
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Du rapport Entre le Rap et les Médias (Première partie)

Alors que le rap fait la couverture des magasines, il est difficile d’entretenir le mythe de la musique underground voir interdite. À peine le rap avait-t-il pointé le bout de son nez que déjà la diffusion devenait excessivement importante. Avant même que l’idée de sortir des disques n’ait germé, des cassettes pirates de performances circulaient du Bronx vers d’autres quartiers de New York, voir bien au-delà. Jazzy Jay, un deejay des débuts de la Zulu Nation, se rappelle : « On avait des enregistrements qui sont devenus disques de platine avant même qu’on soit impliqués dans l’industrie musicale ». Les premières radio pirates diffusaient les prémices du mouvement. À Boston, c’était Street Beat présenté par John Shecter et Dave Mays en compagnie de Dj Def Jeff. John et Dave fondèrent The Source « Le magazine de la musique, de la culture et de la politique Hip Hop ». Les cassettes circulent et arrivent entre les mains de Sylvia Robinson qui veut produire un disque de rap. Elle cherchent trois rappeurs. Un à un, ils viennent former le SuggarHill Gang. En 1979, le titre Rapper’s delight fera le tour du monde comme le premier morceau de rap. Cependant, le premier enregistrement avait eu lieu un peu plus tôt. C’était Kim Tim III (Personality Jack) du groupe funk de Brooklyn The fat back band. Les paroles contribuèrent à populariser le terme Hip Hop. Mais encore une fois, le terme était né un temps plus tôt dans la bouche d’un rappeur du Bronx Starsku the Lovebug. Ce titre hybride entre disco et rap ne montre pas vraiment ce qu’est l’univers Hip Hop en réalité mais pour le grand public, cela fonctionne.
Au même moment, en France les radios pirates diffusent cette nouvelle vague musicale. Le tube passe à l’Emeraude, une des premières boîtes Funk. Sidney aux platines passait George Clinton, Roy Ayers, Tom Browns et tous les artistes qui allaient être samplés dans le rap un peu plus tard. Le deejay âgé de dix-neuf ans passait à l’époque les premiers titres de la nouvelle vague musicale. Du hip hop avant la lettre. À cette époque, il y avait aussi Funk à Billy sur la très libre Radio Arc-en-ciel, animé par Dee Nasty.
Il faudra attendre 1984 pour voir débarquer HIP HOP, la première mondiale du rap à la télévision. Sur TF1, Sidney nous invite à bouger et à balancer quelques rimes. Cependant, l’émission est controversée. Kool Shen dira notamment que c’était de la clownerie. Il faut patienter jusqu’en 1986 pour voir débarquer sur M6 la rapline d’Olivier Cachin.
La question devient alors : Les médias peuvent-ils donner de l’espace au rap sans le dénaturer ?
Le rap a toujours été perçu comme une mode passagère mais il s’est clairement ouvert la voie vers une nouvelle sphère commerciale. Les gens de toutes les origines et catégories sociales l’ont adopté et en subisse ou en revendique l’influence profonde. Cependant, la télévision a toujours véhiculé un stéréotype du rappeur. Le mythe du rappeur noir ghettoisé et gangstérisé continue d’être porté comme un trophée par les grandes chaînes de médias, les labels et même les rappeurs eux-mêmes. Pourtant, ce cliché a été brisé dès le départ avec des groupes comme Run DMC. Ce duo issu des quartiers bourgeois du Queens ont émergé de manière fracassante avec des titres tels que Hard Times, Rock Box et Sucker Mc’s dès 1983. Plus tard, Rockin’ Squat, Eminem, les Beastie Boys, Lauryn Hill, Yo-Yo, Drake, Yelawolf et bien d’autres se chargeront d’en diversifier les couleurs.
Dans son livre The New Beats, S.H. Fernando J.R parle de « contes de fées des gangsters de NWA ».
Ice Cube, The Nigga Ya Love To Hate est un modèle de rappeur qui a su désobéir pour plaire.
Le 23 Mai 2011, le rappeur Game est invité sur le plateau de Lopez Tonight. Son clip Red Nation a été censuré, on ne le passe pas sur BET ni sur MTV mais il fait le buzz sur la toile. La raison est la suivante : Nous avons un public jeune, le clip est trop affilié aux gangs. Le rappeur a basé sa carrière tout entière sur cette image là est venu parler de sa vie privée sur le plateau de télévision. Il parle alors de ses enfants qui, dit-il, adorent Justin Bieber. Ne sommes nous pas un peu loin de l’image de gangster ?

Max Nabis
extrait du livre Entre rap et mythes
2012
, Diffusion internet.



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