Le nouveau clip du groupe CunninLynguists réalisé par Kno et Matt Hobbs pour Vital Films. Ce morceau est extrait du prochain album « Strange Journey Volume One » prévu pour le 24 mars 2009.

Le groupe phare du label QN5 , les CunninLynguists, voit large, et on ne s’en plaindra pas. Après un 4e album brillant, qu’ils ont défendu auprès de leur fan avec une tournée mondiale, arpentant les petites scènes pour des concerts franchement réjouissants, Deacon, Kno et Natti préparent leur 5e album, décliné en deux volumes, qui sortiront à quelques mois d’écart. Le nom du projet: Strange Journey. Le premier extrait, l’appétissant « Never Come Down (The Brownie Song) » est disponible depuis hier sur le site de QN5 (version dirty, radio et  instrumentale). Les premiers guests annoncés sur l’album sont aussi alléchant que le nouveau titre: un penchant pour la Dungeon Family toujours aussi assumé avec Killer Mike et Khujo Goodie (Goodie Mob), et un inattendu J-Zone qui sortira enfin de son mutisme.

A noter également que Kno et Tonedeff travaille sur un album commun: Chico & The Man. On est forcément tout aussi impatient d’avoir la galette de ces deux virtuoses entre les mains. Sortie prévue courant de l’année.

Vous connaissez sûrement le blog Sampleur-Samplé. Et si ce n’est pas le cas, c’est une erreur à rattraper. Le blog présente régulièrement, par de courts extraits, des morceaux qui ont été samplés, et les titres sur lesquels ils ont été samplés.
Cette activité d’archiver sur le net les découvertes des diggers (réels ou virtuels) n’est pas nouvelle. The-Breaks, à ce titre, est une référence, et en France, Du-Bruit offre un très bon catalogue, notamment pour le rap français. Sampleur-Samplé a juste amélioré la formule en proposant non seulement d’avoir l’info, mais aussi d’avoir la possibilité d’écouter. Pour ma part, je n’ai ni l’envie, ni l’ambition de reproduire le même schéma sur Bounce2Dis, les sites précités faisant ça déja très bien. Mais le sampling, et le digging, c’est ma grande passion. Alors j’ai une furieuse envie d’en parler, et de parler de bonne(s) musique(s).

Pour inaugurer cette série, autant le faire avec un de mes découpages préférés. Les inconditionnels de son made in NY connaissent forcément Screwball, groupe qui le temps de deux albums (Y2K et Loyalty) a redonné au QB son sens du rentre-dedans au début de la décennie. Sur « Loyalty » (le morceau) c’est le méconnu Godfather Don qui était derrière la MPC. Et le découpage qu’il a fait du morceau original est brillant. « I Love You More Than You’ll Ever Know » de Blood, Sweat & Tears est une ballade déchirante, que les amateurs des CunninLynguists connaissent sûrement déjà. Mais là où Kno a juste repris le refrain de la chanson en intro de « Love Ain‘t », Godfather Don a été fouillé dans les plus petits recoins du titre pour en faire une instru mafieuse et non chalante. Un découpage audacieux et musical, auquel il fallait évidemment rendre hommage.

« What y’all niggas know about goin out for the fam
You got beef, I got beef, yo, understand?

Loyalty, what it means to me? Blood, Sweat & Tears »

Le samplé

Blood, Sweat & Tears – I Love You More Than You’ll Ever Know


(Ecoutez particulièrement à 15 secondes, puis 157, et enfin à 270)

Le sampleur

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Screwball feat. Cormega – Loyalty (prod. by Godfather Don)

Interview avec Réel Carter

Reel Carter

Snoop: Salut Réel Carter et bienvenue une nouvelle fois sur Bounce2Dis ! Comment vas-tu ?

Merci pour l’invitation, ça va et toi Snoop?

Bounce2Dis: Très bien, merci… Depuis notre dernière interview pour la sortie de l’album « Essence du cœur », que s’est t’il passé pour toi ?

Il y’a eu des participations à différents projets comme « melting-pot », l’album de Drag. One. J’ai fais quelques scènes, puis j’ai pris le temps de préparer ce nouveau disque « contre vents et marées ».

Bounce2Dis: Depuis quelques mois, ton nouvel album « Contre vents et marées » est dans les bacs, comment définirais-tu cet album ?

Cet album est dans la continuité de mon précédent. Il est plus musical, plus engagé et plus incisif au niveau du flow.

Bounce2Dis: Combien de temps as-tu travaillé dessus ?

J’ai du mettre 10 à 12 mois pour réaliser ce nouveau projet.

Bounce2Dis: En dehors de toi même pour les productions, tu as fait appel à d’autres producteurs ?

Oui, j’ai fais appel au pool de producteurs Fratello Beatz, c’est resté très familiale.

Bounce2Dis: Cet album est encore plus « musical » que les précédents, enfin on ressent une vraie âme derrière la plupart des titres… Tu as fait appel à des musiciens ?

Merci Snoop pour le compliment, j’essaie de faire vivre ma musique. Sinon, j’ai fais appel à quelques musiciens, il y’a un trompettiste, un flutiste, un pianiste, un saxophoniste mais c’est comme ci c’était des featuring.

Bounce2Dis: Quels sont les principaux changements par rapport à ton deuxième album ?

Il n’y a pas véritablement de grands changement, je suis plus dans la continuité par contre le lien avec les musiciens apportent une approche différente à ce que je faisais déjà.

Bounce2Dis: Quelques semaines avant la sortie, ton album était déjà disponible au Japon, comment tu expliques ça ?

J’ai vraiment eu des difficultés à trouver un distributeur en France. Comme mon second disque était sorti au Japon et qu’il avait relativement bien marché. Le label Swamp m’a proposé de le sortir. L’album est donc sorti logiquement au  Japon dans un premier temps. Pour mon prochain disque, je le sortirai uniquement en Vente par correspondance sur mon site et sur les plateformes légales de téléchargements car honnêtement aujourd’hui, il y’a trop de soucis au niveau de la distribution physique et le marché s’est complètement effondré. 

Bounce2Dis: Comment sont les retours en général ?

Les retours sur cet album sont vraiment bons, d’ailleurs on dit que c’est le plus abouti. Chacun prend le morceau qui lui correspond et je trouve ça hyper intéressant. En fait, je suis en train de m’apercevoir que c’est soit on aime ce que je fais ou soit on aime pas du tout. Il existe très rarement un juste milieu concernant ma musique.

Bounce2Dis: Parmi tous les titres présent, quels sont ceux qui devaient absolument faire partie du tracklist final ?

Je pense à Lena Baker, Tu peux le faire, contre vents et marées. Mais j’adore tous les titres.

Bounce2Dis: Le chanteur Rony, apporte vraiment un plus à tes morceaux, comment l’as tu rencontré ?

On s’est rencontré lors d’une interview commune, le feeling est bien passé. Rony m’a invité pour participer à l’une de ses scènes et il était très logique pour moi de l’inviter sur mon album. Voilà comment la connexion s’est faite.

Bounce2Dis: En dehors de Rony, quels sont les artistes qui ont participé à cet album ?

Il y’a Samantha Lavital qui participe au titre « libre », les BNC (broke niggaz crew) qui sont sur le « contre vents et marées » remix. Robin note est un pianiste qui intervient sur le titre « nos rêves», Yann crazy flute fait une composition flute sur RER D et l’outro hommage à jaydee, Bilal est sur Lena Baker avec son sax alto et Afrodzak participe aux titres « des regards » et à l’intro également.

Bounce2Dis: Ton nouveau clip « Tu peux le faire » vient de sortir, comment s’est passé le tournage ?

Ça s’est fait de manière très cool dans une usine désaffecté, très très ghetto aussi j’en garde un excellent souvenir même si il caillait grave. Je voulais quelque chose de simple et efficace, vu les retours que j’ai sur ce clip, je crois que ça le fait bien. Je passe un petit coucou à Seb de La Crimo Gene au passage.

Bounce2Dis: Tu sais déjà quel sera le prochain clip ?

J’ y réfléchis encore, je sonde un peu les gens mais je pense que ce sera contre vents et marées t’en pense quoi? (car je sonde un peu les gens). Mais avant d’en faire un nouveau j’attends que « tu peux le faire »  puisse être diffusé sur quelques chaines.

Bounce2Dis: Depuis peu, tu as une émission sur le net, tu peux nous en parler…

Oui c’est une émission que j’essaie d’installer. En fait, la formule est très simple. Un coup de cœur, j’en parle. Il y’a une ligne éditoriale plus ou moins homogène. On a commencé par Enz, le n°2 est Onra et le prochain numéro sera consacré à 20syl d’Hocus Pocus. Voici l’adresse du blog lemissionstaytuned.blogspot.com

Bounce2Dis: Tu as aussi eu la chance de pouvoir faire la première partie du groupe Cunninlynguists à Paris, comment ça s’est passé ?

Ça s’est passé assez paisiblement, après c’est toujours difficile de faire une première partie car les gens ne se déplacent pas pour toi et ils te le font sentir. Mais bon j’ai fais ce que j’avais à faire en essayant de prendre du plaisir. En tout cas je fais un gros big up à l’équipe de mygroovypod qui ont retransmis le concert en direct via le net, à Baseline et au Glaz’art car ce fut une bonne soirée.

Bounce2Dis: En parlant de concert, y’aura bientôt des nouvelles dates pour te voir en live ?

Je fais quelques titres le 26 avril dans le cadre des sessions « open your mic » sur Paris. Mais bon ce n’est pas évident, dans le sens ou il est toujours difficile de trouver des scènes sans tourneur.

Bounce2Dis: En 2008 tu es toujours aussi présent sur le net, tu peux nous rappeler toutes les adresses…

Internet est un outil extraordinaire pour diffuser l’information. J’ai mon site officiel www.reelcarter.com
Mon blog reelcarter.blogspot.com

Mon myspace www.myspace.com/reelcarter
et stay tuned l’émission  lemissionstaytuned.blogspot.com

Bounce2Dis: Quels sont tes objectifs avec ce dernier album ?

Essayer de propager la musique, puis essayer de franchir d’autres portes en terme de médias mais ça reste ultra compliqué. La musique est un combat sur le temps, donc je suis sur le front contre vents et marées.

Bounce2Dis: Tu penses déjà à la suite ou tu restes concentré sur ce projet ?

Je commence à penser à un autre album par contre comme je le disais tout à l’heure, je pense qu’il sortira uniquement en VPC sur mon site et en format numérique sur les plateformes légale. Mais malgré cela, je continue à défendre « contre vents et marées ».

Bounce2Dis: Tu as un message à passer pour nos internautes ?

Pour ceux qui ne se sont pas encore procurer mon disque, faites le de toute urgence et pour ceux qui l’ont déjà merci pour votre soutien.

Bounce2Dis: Merci d’avoir répondu à mes questions et bonne continuation avec cet album et tes projets perso ! Je te laisse le mot de la fin…

Merci à bounce2dis pour le soutien que vous m’apportez surtout à toi Snoop qui me suit depuis le début.

Paix.

Premier clip du groupe de QN5, avec de nombreuses cameos de membres du label, pour une plongée visuelle dans le Kentucky de Natti et Deacon.

cunninlynguists

Bubba Sparxxx, Petey Pablo, Nappy Roots, dans une moindre mesure David Banner et UGK … les rappeurs qui chantent la gloire de leur campagne se comptent sur les doigts d’une main. Au fond, diront certains, rien de plus normal : les racines du rap poussent sur un sol bitumineux, pas fertilisé aux purins. Mais si, au fond, le rap était simplement une musique qui poussait dans la merde ? (Note à moi-même : ne pas abuser des vannes puantes pour commencer une chronique). Blague foireuse à part, du rap rural, il y a une part de paradoxe. Urbain par nature, forcément représentatif de la modernité (en atteste l’émergence perpétuelle de sous genres), nombre d’aspects du rap s’opposent à l’image généralement partagée du monde rural, (idéalement) vu comme un lieu de permanence, de traditions : bref, tout ce qui du point de vue d’un mec de la ville respire une mentalité de « paysan », ou de « redneck » dirait-on outre-Atlantique. Pourtant, les rappeurs précités ont démontré la force et l’âme de leur musique avec des albums parmi les plus brillants de la décennie. A ce palmarès non officiel, ajoutez-y désormais le quatrième album des CunninLynguists, Dirty Acres.

Figure d’un rap indépendant jamais à court d’inspiration et évitant l’écueil d’un revivalisme 90’s chiant et répétitif, Deacon et Kno, rejoints par Natti, avaient atteint le next level avec leur 3e album, A Piece Of Strange, album conceptuel brillant et dense. Le temps de 16 morceaux, les trois compères ont construit une œuvre épique et profonde, nécessitant plusieurs niveaux d’écoute, tant pour apprécier les paroles inspirées et spirituelles (sans être prosélytes) de Deacon et Natti, que la richesse des instrumentaux hypnotisant créés par les doigts d’orfèvre de Kno.

Alors, venant d’un groupe aussi réfléchi sur ses choix artistiques, le titre de Dirty Acres ne peut qu’interpeller. Acre : unité de mesure de superficie, souvent utilisée dans les pays anglo-saxons dans l’agriculture. C’est on ne peut plus clair. Cet album respire ce vieux sud des États-Unis à l’histoire nourri de sueur et de terre, d’hymnes hédonistes diaboliques et de chants religieux salvateurs, et surtout de conflits raciaux. Avec le Kentucky et la Géorgie en toile de fond (dont deux titres y sont consacrés), l’album dessine un panorama tout en nuance de ce sud agraire, quelque part entre la magie des romans de Giono, la critique sociale de ceux de Steinbeck et la contemporanéité des récents films de Craig Brewer.

Mais s’il y a une concordance artistique notable, c’est celle d’un héritage musicale, revendiqué à demi-mot : celui de la Dungeon Family, époque pré-Stankonia. Tout, de leur nom jusqu’à leur musique, reflète chez eux une inspiration directe du collectif de Géorgie. Là où ces influences étaient perceptibles dans APOS, elles sont criantes dans ce Dirty Acres. Le funk moite de « Dirty Acres » renvoie aux ambiances de Soul Food des Goodie Mob, l’atmosphère planante de « Yellow Lines » fait évidemment penser à l’esprit de ATLiens d’OutKast. Même les naïades de « Yellow Lines » et de « Wonderful » renvoient à celles des albums du duo. Si quelques doutes subsistaient, la présence de Witchdoctor, et surtout l’intro (« Never ») les balayent. Sur un piano qui évoque immédiatement celui de « You May Die » (intro de ATLiens), le griot Big Rube dépose un spoken word entre louanges au hip-hop et constat historique amer:

« The White Manifest Destiny got ’em they dirty land
But no matter how clean they shave, they got them dirty hands
My story says what history doesn’t
In the passage of my people they tried to murder all my cousins
They celebrate their Independence and ask us to forget how they abused it
But we remind them everyday coming gangsta with this music »

On insiste souvent sur la force et l’émotion des productions de Kno lorsqu’on parle des CunninLynguists ; c’est faire injustice aux qualités de rappeurs de Deacon et Natti. Leur seul défaut est d’être peut-être trop complémentaires vocalement et lyricalement, au point que la confusion est parfois de mise, même si le lyrisme spirituel de Deacon est souvent distinct de la véhémence imagée de Natti. Ce dernier, membre du groupe depuis APOS, donne un nouveau souffle au groupe. Poignant sur « Georgia » (où il parle de sa mère), son couplet sur « Valley of Death » se révèle plus efficace et tranchant :

« Man I scene obscene times before this hip-hop game, came
Like the cops that check me, left me in mate
To a system where gingerbread men are to overbake
Put to work in the dirt for a buck and quarter a day
Choppin down trees for the next prison that’s made
And separate us from slaves with thirty dollars and pay
The jailer got a tailor and an F-250
Standing on dirty acres feeling God damn filthy ».

Pour sa part, Deacon persiste dans des textes où les idées et images sont plus évoquées que finement restituées, comme dans son couplet désabusé sur « Things I Dream » :
« Since a child these thoughts lurkin in my shadows
I heard em placin wagers on how well I’d face my battles
Accelerate to adult, failed but never faltered
I’m standing upon rock that’d make powder out Gibraltar »

Le racisme (« Georgia », où Kno lâche un couplet bluffant), la pauvreté (« Dirty Acres »), les flics à la gâchette facile (« Gun »), la désillusion (« Things I Dream »), mais aussi l’apaisement apporté par le désir pour une femme (« Wonderful », « Yellow Lines »), la convivialité (« The Park (Fresh Air ») et surtout l’espoir de jours meilleurs (« Mexico »): le tableau dépeint par l’album passe de couleurs en teintes, suggérant les saisons qui passent, conditionnent et bercent la vie des habitants d’une région où les fantômes et cicatrices du passé sont encore prégnants. Kno, en maître d’œuvre, parvient à cristalliser l’ensemble de ces scènes et sentiments en composant un ensemble musical varié et cohérent. Piochant aussi bien dans le rock progressif anglais des 70‘s (pour l’intense « Valley of Death » ou le mystérieux « Things I Dream »), le folk (le déchirant « Georgia »), ou dans des ambiances jazzy et souful (« The Park (Fresh Air) », « Wonderful »), il montre ses talents de crate digger éclectique et inspiré. Kno, ou l’art de parvenir à conclure par un gospel puissant sur un sample de rock psychédélique (« Valley of Death »), ou de varier les plaisirs en conclusion d‘un instrumental (« Gun », « Dance for Me »). Une ligne directrice : l’incursion d’éléments jouées « live », des basses grasses et rondes aux guitares bluesy, pour des beats imprégné de son identité sonore. L’album se clôt d’ailleurs de manière aussi brillante que APOS par un jam avec le Club Dub sur « Mexico », éclatante démonstration d’originalité et de musicalité.

« The lies, the pain, the truth, the hurt / The music, the soul, it’s all in the dirt ». Le seul refrain du morceau éponyme parvient à synthétiser la force de cet album. Fort d’une quatrième œuvre, enrichissant une discographie sans faute, les CunninLynguists confirment leur statut de « Most Slept-On Artist of 2007 » accordé par le site OkayPlayer. Compositeurs d’un blues moderne, Dirty Acres est à classer entre le Ridin Dirty de UGK et le Soul Food de Goodie Mob. Comprenez : dans le lot des grands albums.

Tracklist

1. Never (feat. Big Rube) [prod. by Kno]
2. Valley of Death [prod. by Kno]
3. Dirty Acres [prod. by Kno]
4. Kentucky (Interlude) [prod. by Kno]
5. K.K.K.Y [prod. by Kno]
6. Wonderful (feat. Devin the Dude) [prod. by Kno]
7. Yellow Lines (feat. Witchdoctor and Phonte) [prod. by Kno]
8. The Park (Fresh Air) (feat. Chizuko Yoshihiro) [prod. by Kno]
9. Summers Gone [prod. by Kno]
10. They Call Me (Interlude) [prod. by Kno]
11. Gun (feat. Sheisty Khrist) [prod. by Kno]
12. Dance for Me [prod. by Kno]
13. Georgia [prod. by Kno]
14. Things I Dream [prod. by Kno]
15. Mexico (feat. Club Dub) [prod. by Kno]