
Bounce2dis était invité ce vendredi au « Block Studio » pour une interview exclusive de S-Pi, rappeur emblématique du groupe SD Click à l’occasion de la sortie prochaine de son Street CD « Révélation »
B2d. Bonjour S-pi, d’abord merci de nous accueillir aujourd’hui au « Block Studio ». En attendant la sortie du street Album « Révélation », peux tu pour les internautes nous dire qui tu es et nous résumer ton parcours ?
Moi c’est S-pi, rappeur du 94, Les Alouettes, Alfortville. Membre du groupe SD Click. Personnellement, je rappe depuis douze ans. J’ai commencé à l’age de douze treize ans à écrire mes premiers textes. Au début, c’était un peu comme tout le monde, pour le fun. Et puis, on a commencé à créer des petits groupes dans la ville, dans le quartier. On faisait beaucoup de scènes, les fêtes de la musique. On a fait pratiquement toutes les scènes d’Alfortville. Après, comme dans tous les groupes, y en a qui arrêtent parce qu’ils sont plus intéressés. Moi, j’ai toujours persisté même si y a des moments aussi où je pensais arrêter, où ça me saoulait un peu. J’ai toujours gardé l’écriture, et j’ai toujours écrit, écrit, écrit. En 2003 on a créé SD Click, un groupe qui réunissait les différents mecs issus du même quartier. On a décidé de former un mouvement. Et depuis 2003 ça carbure ! On a créé le « Block Studio » où tu es aujourd’hui. On a ouvert le label 1.6 Block Prod, sur lequel on sort des « Block Tapes ». Et puis là, 2008, le projet « Révélation », le Street CD qui sort prochainement dans les bacs.
B2d. Parle-nous un peu plus du projet « Révélation » !
Le projet c’est un Street CD qui réunit 9 inédits et 4 classiques. Ce que j’appelle des classiques ce sont des morceaux extraits de compiles, mais qui n’ont pas été exploités comme ils devaient l’être. Y a « Etat des lieux », un morceau électrochoc du rap français qui a pas mal fait jaser parce qu’il dresse un portrait du rap français, objectivement parlant. Y a « 24 heures à vivre » une fiction ou j’me tape un délire et j’explique tout ce je ferais si il me restait 24 heures à vivre. Divisé en 3 couplets. 8 heures par couplets. Un truc bien concept comme j’aime bien le faire. Y a aussi « La loi du Block », un morceau qui a bénéficié d’une bonne exposition et qui a tourné en playlist sur une grande radio parisienne, 88,2 FM. Le clip a tourné aussi en télé, Trace, Zik. Et « le Mc qui » un morceau que j’affectionne particulièrement. Ces quatre là, j’ai tenu à les remettre dans le Street CD, et les neufs autres inédits portent bien leur nom. Personne ne les a entendu. C’est spécialement pour ceux qui iront acheter le CD.
B2d. Comment définirais-tu ton style ? Et quelles sont tes influences ?
J’écoute du rap depuis que j’ai six ans. Ma grande sœur m’a saucé avec tous les groupes de rap révolutionnaires à l’ancienne ; Public Enemy, LL cool J, Digital Underground et tout. J’ai toujours baigné dans la musique de part ma mère qui écoutait pas mal de musique africaine, de zouk, de reggae… La musique chez moi, c’est un truc qui est normal. C’est vraiment un élément majeur de ma vie. J’en écoute tout le temps.
De part les différentes influences par lesquelles j’ai été bercé, ça a donné naissance à un Mc qui justement s’accommode avec tous types de musiques et d’instrus. Pour la petite anecdote, pendant un moment, j’avais un pote à moi, Zahia du groupe l’Emeute qui lui rappait dans les gares. Je m’en rappelle, y avait Harlem aussi qui a fait la Star Ac’ récemment, et pas mal de mec qui rappaient déjà à l’époque. J’ai été voir parce que je trouvais le concept pas mal. Tu rappais dans la gare, c’était kainry, y avait un poste, des mecs passaient. Ceux qui étaient chauds ils venaient lâcher leurs freestyles. Y avait des rondes, c’était bonne ambiance ! Et j’me rappelle quand j’ai commencé à lâcher mes premiers textes, y avait des instrus sur lesquels personne voulait rapper. Une fois y avait un instru zouk, les mecs se regardaient dans les yeux, moi j’suis arrivé, Beam ! J’ai lâché un texte ! Y avait du Raï, Beam ! J’ai lâché un texte ! Ça a donné naissance à du Mc 4 x 4. C’est pour ça que S-pi ça me colle à la peau depuis. « S » comme style, et « Pi » pour le signe mathématique 3,14… On sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça termine. « S-Pi » pour Style à l’infini !
B2d. Quelle est ta vision du rap français d’aujourd’hui ?
J’ai commencé par écouter du rap Kainry, et par la force des choses, je me suis mis à écouter du rap français. Ce qui m’a vraiment poussé à écrire, c’est l’époque Time Bomb, Lunatic, Xmen, Hifi, Diable Rouge tout ça. Les freestyles Génération, c’était mémorable ! A cette époque là où Diam’s s’est fait remarquer en lâchant un freestyle au téléphone, tu sentais vraiment l’ambiance Hip hop. Ça rappait sec ! C’est un peu l’esprit qu’on retrouve plus aujourd’hui. Aujourd’hui, les auditeurs qui appellent pour rapper au téléphone, on se fout de leur gueule, alors qu’à l’époque ça passait normal.
Ce que je reproche un peu au mouvement aujourd’hui, c’est le manque d’authenticité et le non respect pour la culture Hip-hop. A savoir des rappeurs qui viennent et qui disent qu’ils ne sont pas des rappeurs. Si t’es pas rappeur, qu’est ce que tu fais dans le rap ? Ne vient pas gâcher les chances des mecs qui sont bons, et qui sont dans l’ombre à cause de toi qui dit ne pas être rappeur! Le côté business des Majors me saoule aussi. Ça dénature le produit, on considère plus ton talent. Aujourd’hui malheureusement, un mec qui sait rapper, qui a du talent, c’est pas garanti qu’il pète si y a pas les moyens derrière. Ça c’est un peu relou ! Je reproche chez certains aussi le côté : j’ai un clip qui tourne un peu sur Internet, j’ai un morceau qui passe en émission spé à la radio, donc je suis une tête, donc je me la raconte. C’est n’importe quoi ! Ça saoule ! C’est sur la longueur qu’on voit qui est qui. C’est un travail de longue haleine le Rap.
Pour les bons côtés, moi je trouve qu’au niveau des productions musicales, ça s’est vraiment bien amélioré. Aujourd’hui, on a vraiment des bons instrus bien lourds. Même pour les tapes, les freestyles, la conception musicale est assurée derrière. Les producteurs vont vraiment chercher des influences qui leur sont bénéfiques et tout. Ça donne du bon taf !
B2d. Je te remercie S-Pi pour cette interview. Est-ce que tu as un dernier mot pour les internautes de Bounce2dis ?
J’encourage le média Internet, à savoir les informations vont plus vite, on peut mieux se renseigner… Mais n’oubliez pas s’il vous plaît d’acheter des CD. Même quand vous téléchargez, si le truc vous plaît, allez l’acheter ! C’est comme ça qu’on va vous redonner du meilleur encore. Si vous télécharger tout le temps, nous on se fait baiser, on a plus de quoi après faire des CD, et on se retrouve au Mc Do, au Quick, où on taffe chez Midas… Sinon, pour tous ceux qui veulent savoir ce que S-pi donne sur CD, c’est l’occasion ! S-pi « Révélation », c’est du bon ! Du lourd ! Tous ceux qui ont kiffé S-Pi jusque là, allez l’acheter, vous serez servis !! Respect aux médias, c’est eux qui nous font ! Respect a Bounce2dis !
LA NET TAPE DE SD CLICK EST DISPONIBLE GRATUITEMENT SUR:
Pour accéder au Myspace de S-pi :
Pour accéder au Myspace de SD Click :
Jude
Yo Jude, sympa ta nouvelle interview pour le site. J’aurais aimé en lire un peu plus mais bon c’est mieux que rien ;) Impatient de lire celle de Sefyu en tout cas ! Peace