
“Un album du Svink n’est jamais une déception“. Cette citation, qui en réalité n’en est pas une, pourrait très bien sortir de la bouche aux désagréables odeurs alcoolisées de n’importe quel auditeur de la première heure. C’est grâce à leurs concerts tous plus dingues les uns que les autres que Messieurs Gerard Baste, Nikus Pokus et Xavier se sont construit une solide base de fans. Et cet album, ils l’attendaient depuis 5 ans, autant dire une éternité pour tous ces jeunes drogués accrocs à la liqueur Svinkels ! Ce nouvel opus reste la suite logique de “Tapis Rouge” et “Bon Pour L’Asile“… la touche crunk en plus. Non le dirty centre ne se situe pas entre Bourges et Clermont-Ferrand, il n’a d’ailleurs aucune situation. “Dirty Centre” est un état d’esprit, un mélange d’influences dirty south et de mentalité franchouillarde : ici les basses des tr-808 croisent l’accordéon cher à nos musettes, les bitches portent les doux noms de Brigitte, Martine ou Raymonde, les bling-blings clinquants des Atlantes font place nette aux bonnes grosses gourmettes de routiers et le sizzrup est remplacé par le Beaujolais nouveau et la Kronenbourg ! Si vous cherchez des rappeurs qui vous diront quoi faire, quoi penser… vous pouvez passer votre chemin. Toutes ces conneries, les Svinkels s’en foutent ! Pas de lamentations ou de complaintes, on parle de chose simple comme sur l’excellent et nauséabond “Du P.Q. (pour mon trou-trou)” où la question du torchage de fessiers se fait existentielle, des fans avec un “C’est des cons” que tout bon auditeur qui se respecte prendra au second degré, de sexe évidemment, sans quoi un album du Svink n’est pas un album du Svink, avec “La tour Eiffel” ou se “Tout nu yo” ayant le potentiel pour finir tube de l’été dans tous les bons campings, ou bien de drogue comme dans “La youte” ou le plus tragique “Le blues du tox“. Avec ce nouvel album les 3 punks du rap français vous invitent une bonne heure à visiter leur cirque de l’horreur où des nains dansent le pogo avec des femmes à barbes, où la culture « beauf » française est revendiqué du bob Ricard jusqu’à la chevalière et où les règles n’ont de sens que ceux qui les écrivent… Munissez vous de votre billet d’entrée et faites bon voyage dans l’antre de la folie (douce) et de l’humour gras au raz des pâquerettes !
Sites : www.svinkels.com // www.myspace.com/svinkels

Il y a des questions qu’on n’aime se poser sans réellement se soucier des réponses. Quelques exemples ? Pourquoi contrairement au Sprite ou au Coca l’Orangina ne pète pas à la gueule quand on le secoue ? Pourquoi Olivier Cachin s’entête-t-il à porter des noeuds pap’ ridicules ? Ou bien pour quelle raison la ville de Boulogne est-elle un vivier de talents en matière de Hip-Hop ? Saloon n’est pas le premier et surement pas le dernier à sortir de l’Académie du 9.2. Découvert par un plus large auditoire grâce à son apparition sur l’album du dandy bandit Dan il y a 3 ans avec le titre “J’suis qu’un homme“, le 4ème singe sort enfin son premier album. Inspiré par la philosophie des singes de la sagesse, Saloon se considère plutôt comme le 4ème car contrairement aux trois autres “handicapés”, lui a vu, entendu, et compte bien ouvrir sa gueule ! Triste réalité de l’Homme moderne que nous expose le rappeur sur des titres comme “Les mêmes journées” nous renvoyant une pénible image de notre vie quotidienne ou encore “L’envers du décor” remplit volontairement d’images d’actualité toutes plus ou moins choquantes voir dérangeantes les unes que les autres. Et déranger, le MC semble prendre un malin plaisir à le faire. Dés les prémisses de l’album il affiche clairement son aversion pour les religions. Thème qu’il développe plus en profondeur avec “Je pardonne“, sujet plus que glissant qui, disons le clairement, sent légèrement pour ne pas dire carrément la merde ! Quoiqu’il en soit le débat à au moins le mérite d’être posé ici et c’est loin de faire du mal à un rap de plus en plus instrumentalisé par certains que ce soit à des fins politiques ou religieux… Bravo Monsieur ! Mais si il parait parfois amer, Saloon s’est également s’amuser et sourir, de préférence au Brésil sous un “Soleil” de plomb. Finalement le seul reproche que l’on pourrait faire à cet album impeccablement travaillé des refrains aux productions, c’est le manque de côté “freestyle”, “égotrip”… dans lequel le rappeur s’illustre à merveille comme sur le titre pass-pass avec son mentor Pop Dan “Moi, moi et moi” où seul la technique des mots et celle du flow ont de l’importance. A noter également l’excellente participation d’un Youssoupha toujours aussi bon sur le morceau “Pour les p’tits” et ce “Il a raison Francis” sur un beat reprenant avec brio un sample de Cabrel signé Mozaic L’Artilleur qui s’occupe des deux tiers des productions du LP, le reste étant assuré par End2End et Iccops. Ne faites pas comme deux des trois singes, ayez la curiosité de voir le rappeur sur scène ou bien d’écouter son album avant de jacter comme le 4ème, vous ne serez pas déçu !
Site : www.saloon.fr // www.myspace.com/saloon4emesinge

Sa mix-tape, Wayman l’a construit à l’américaine. Sirènes, coups de feu, beats lourds, featurings de luxe virtuels ou non (Ol’Kainry, Seth Gueko, Booba, Sinik…)… le tout ambiancé et mixé par DJ Flexta. Oui mais si le squelette de ce disque ressemble curieusement à celui de l’oncle Sam, le sang et la chair du cadavre puent à plein nez la triste réalité des ghettos Français. Car si ce jeune MC découvert du plus grand nombre pour son titre un brin povocateur “Où est Grodash ?” se plait à rapper en bombant le torse fier et arrogant, il n’oublie pas de rappeler à notre bon souvenir et surtout à celui de nos dirigeants, à quel point il est difficile de vivre ou plutôt de survivre dans certains coins de la Gaule à l’image du titre « Sous les flammes », avec Poison, faisant écho aux événement du tristement célèbre boulevard Auriol… Raison pour laquelle il est important de “respecter les vrais” comme il aime le scander. En résumé, si vous avez 10€ à claquer, “One King” est la bande son idéale à fourrer dans la bagnole avec l’idée de rider toute la nuit ! L’avenir nous dira si Wayman est bien comme il se présente : le Jay-Z français…
Sites : www.myspace.com/wayman94 // www.wayman94.skyrock.com

ATTENTION !
En raison de la nature violente et choquante de ce disque, nous déconseillons son écoute aux mineurs et aux personnes sensibles.
Au moins on est prévenu…
En général çà se passe comme çà quand je reçois une enveloppe venant d’un artiste : je l’ouvre, je lis le dossier de presse quand il y en a un (histoire de me dire que de pauvres arbres n’ont pas été coupé pour rien, même si au final…), je retire l’emballage du CD et en bon digger je décortique le livret (souvent trop mince les gars, sauf ici ! ).
Mais voilà là, un intrus s’était infiltré dans mon rituel : ma femme. Jour férié oblige, en bonne française elle squatte la baraque. Mais çà ce n’est pas vraiment un problème, le rap à la maison elle le tolère, le soucis est que l’album en question est celui d’un jeune bordelais à la fibre artistique légèrement “dérangée”… Dés le début j’ai compris que çà allé partir en sucette entre elle et moi, bon perso moi non plus j’suis déjà pas super fan du bondage quand c’est pratiqué de manière normale (si on considère normal le fait de ressembler à un rôti accroché au plafond), mais apparemment ma femme l’est encore moins ! Elle est plus “sensible” on va dire. Résultat je me suis fait grassement engueuler pour lui avoir fait subir ces quelques minutes de tortures musicales ! Tout çà pour dire qu’on fait pas un métier facile les jeunes, çà aurait été un DVD de ses clips je serais surement entrain d’écrire sur Meetic plutôt qu’ici à l’heure actuelle…
Mais toutes ces conneries n’intéressent que moi… VII, puisqu’il s’agit de lui, après nous avoir lu sa “Lettre morte” nous propose un tour dans ses “Jardins macabres“. Invitation a accepter avec précaution, une ouverture d’esprit et/ou quelques années d’écoutes intensives de rap sont nécessaires afin de totalement rentrer dans l’univers morbide et complexe du Maitre de Cérémonies (funestes). VII emprunte avec une certaine réussite les p’tits chemins de cimetières creusés à la pelle par des artistes tels que la légende de Sactown Brotha Lynch Hung, le déjanté Necro, les ploucs schyzo et lunatiques Geto Boys ou encore les pilleurs de tombes Gravediggaz. Difficile de sortir indemne après l’écoute de titres comme “Tu les tueras pour moi” ou bien l’horrible “Cécilia“. Son créneau c’est de torturer ton animal de compagnie, séquestrer ta grand mère et manger le coeur de ta jeune soeur. Entendre un MC parler d’anthropophagie n’est pas ordinaire, surement car ce mot contient 3 syllabes de trop pour le commun des rappeurs…
Côté strictement Hip-Hop, çà rappe bien, très bien même, et les productions sombres sans fioritures signées 2FCH, DJ Yep ou VII lui-même collent à merveille avec l’ambiance très dark des lyrics et de l’image (artwork, clips…). En tant qu’homme je vous conseille d’acheter son album afin de l’aider à financer une psychanalyse qui lui serait sans aucun doute bénéfique, mais en tant qu’auditeur de rap ou simplement d’amateur d’art en tout genre, j’aimerais le voir continuer à sombrer doucement dans sa folie pour me régaler de ses affreux récits non sans jouissance, mais toujours avec culpabilité !
Vous l’aurez compris, “Les jardins macabres” est de ces albums trop rares pour que vous passiez à côté. A se procurer de toute urgence en deux exemplaires… au cas où votre femme casserait le premier !
Toujours dans les bacs chez Sonatique Musique, la compilation de 2FCH “Saison grise” avec des titres inédits de VII, Fayçal, Littledemo, 16 ou encore Dajoan Melancolia. Histoire de bien patienter avant la sortie de l’album commun de VII & Littledemo “Le sang des innocents” prévu pour décembre…
Site: www.myspace.com/septsonatine // www.myspace.com/sonatinemusique // www.sonatinemusique.free.fr

Jouissant d’un joli buzz sur la toile, notamment grâce à sa mix-tape en téléchargement gratuit sur son site (www.horizoneprod.com), Swift Guad nous présente enfin son premier album “Hécatombe“. Les amateurs de sons tout droit sortis des égouts de New York apprécieront son rap aussi crade que les pires rues de Brooklyn ! Et justement, vu qu’il est question de cette bonne est grosse pomme pourrie, le Montreuillois a voulu se faire plaisir en rappant sur une production de l’un de ses meilleurs architectes : Dr Period. Mais également du génial Kev Brown, du jeune Toulousain qui monte, Al’tarba, ou bien encore de lui-même. Côté featurings rien est laissé au hasard non plus, l’invitation a était lancée à deux des plus grands techniciens du rap français que sont Zoxea et Ol’kainry et ses deux nouveaux porte-drapeau Seth Gueko & Al-Kapote. Et si on rajoute à ça la présence de l’américain Twin Gambino d’Infamous Mobb on ne peut s’attendre qu’au meilleur ! Tout çà dans une ambiance apocalyptique teintée de tristesse et d’amertume collant à merveille avec son interprétation à fleur de peau. Du fond et de la forme sur ce premier essai, de quoi être confiant quand à la suite des aventures musicales de ce jeune rappeur qui ne cesse de nous étonner.

Dans le Groove du mois d’avril je vous parlais de la compilation Bastion (rubrique « trésor enfoui »). Il semblerait que les pierres apportées par Sysmix Records en 1996 ai servi à leurs « petits frères » Angévins afin de construire leurs maisons. Alakyn est de ces derniers. L’indépendance, il connaît… qu’elle soit forcée ou voulue peu importe. Après avoir écumé l’underground posant ses rimes sur différents projets (« Foot 2 rue », DJ Poska…) et participé à divers concerts dans le grand ouest, sa mix-tape voit enfin le jour sous le nom de « West Impakt ». 16 titres mixés par DJ Rizo où le MC du groupe Farawest, seul ou accompagné, nous expose sa vison du rap et de la vie de tous les jours avec une rage rappelant parfois, comme sur le titre « A bout de souffle », un certain tandem de rappeurs du 93. Côté featurings, Alakyn fête sa sortie en famille en invitant les rappeurs de son 49. Rien d’étonnant d’y voir figurer « l’ancien » de la région, Prince D’Arabee, qui a sûrement dû lui donner l’envie d’écrire durant les années 90… « West Impakt » est disponible depuis le 4 février dans tous les magasins FNAC, Virgin, Leclerc etc… à vos cartes bleues messieurs (et mesdames) !
A noter qu’Alakyn sera en première partie de Sefyu accompagné par RR le mercredi 28 mai au Chabada à Angers.

Vous ne connaissez pas encore Blackapar ? Commencez déjà par rattraper vos lacunes en écoutant sa mix-tape « Avant la lumière » disponible gratuitement dans notre section téléchargement. Car nul doute que ce jeune MC fera parler de lui dans les années à venir, il serait donc dommage que vous soyez le seul dans votre hall d’immeuble à sortir : « mais qui est ce mec ? » ! Clairement influencé par des acteurs de la scène New Yorkaise tels que les D-Block, les Diplomats ou encore l’équipe de ce bon vieux Curtis Jackson, Blacka ou Guillaume selon l’humeur du moment, arrive avec « No Limit Vol.1 ». Un temps dans l’instrospection, un temps dans l’exercice de style versant dans l’égotrip revendiqué jusqu’au bout du mic, Blackapar déballe un flow 4×4 pouvant faire pâlir plus d’un rappeur qu’il soit confirmé ou non. Notre hôte pratique son art sur tous types de sons qu’ils soient bounces, plus mélodieux ou même aux ambiances dirty south comme sur le titre éponyme. A se procurer sans aucune hésitation et en plus, contre un billet de 5 c’est quasiment donné !

Si l’Internet ces dernières années a permis à quelques artistes (ils restent peu nombreux) de sortir de l’ombre et de se faire connaître auprès du grand public, pour beaucoup d’autres, plus qu’un tremplin, Internet est, et restera un simple moyen d’échange, de divertissement, de communication où l’on vient pour faire partager sa passion. Simplement. Bien que certainement tout aussi talentueux, ils ne cherchent pas à créer de buzz autour de leur personne, pas même l’ombre d’une étincelle. Ils jouent, écrivent ou chantent uniquement par plaisir. Et Reigie Raiz fait partie de ceux là…
Disponible depuis quelques semaines, “Le Drame est Fini”, la première mixtape de Reigie Raiz a/k/a L’enfant Roi est entièrement gratuite et téléchargeable à partir de son myspace. Fier représentant de sa Cergy ville (Val d’Oise) et Grand amoureux de la groove musique, Reigie Raiz nous offre un projet “sans prétention” malgré une travail sérieux et considérable. Composé de plus de 25 pistes, de tendance très Soul, les textes sont matures et conscients, le style est “eazy” posé sur des prods signées Boom Chack, Arok, Captain Dobey… ou sur des grands classiques Rap et Soul. Des morceaux comme “Les rêves sont précieux”, “Mes enfoirés”, “L’Amour du Game” ou “Vie de Boss” avec dans le refrain la sublime voix de Anne, raviront les amateurs de good vibes et ambiances Smooth. Si les moyens sont modestes, la passion est bien là, et le plaisir lui s’en ressent.
Comment dire ? “Le Drame est fini” sonne autrement. C’est différent de ce que l’on a l’habitude d’entendre, mais musicalement très juste. La mixtape de Reigie Raiz mérite amplement le détour. Servez vous, c’est gratuit ! Après tout, chacun a bien droit à son lot de Drame !
Pour accéder au myspace de Reigie Raiz et télécharger sa mixtape: cliquez ici
Jude

“Je sais, je sais, je sais…” Le refrain du nouveau morceau de Réel Carter “Tu peux le faire” en featuring avec le chanteur Rony résonne de plus en plus de nos têtes, et comme le clip vient de sortir c’est pour nous l’occasion idéale de revenir brièvement sur le dernier album de Réel Carter “Contre vents et marées” sorti début décembre 2007. Un troisième album solo et la suite logique d’Essence du cœur. Dès le début, le titre “Contre Vents et Marées” nous rassure sur l’état d’esprit de Carter qui n’a pas changé et continue d’avancer la tête haute dans ce mouvement hip hop pas toujours très motivant pour les artistes français… En parfait conteur d’histoires, Réel Carter nous embarque assez facilement dans son univers, après un voyage agité dans le “RER D”, il nous rappelle que “La Routine” fait malheureusement partie de nos vies à tous. On reprend très vite espoir avec le positif “Tu peux le faire” accompagné de la très belle voix de Rony. On continue l’aventure dans des ambiances de plus en plus soul/jazzy avec “L’homme et ses joyaux” qui nous fait prendre conscience d’une manière originale des dérives de l’homme sur terre. Après l’histoire touchante de “Lena Baker”, Carter revient un instant à l’auto-dérision pour le marrant “Star Système” (le premier single de l’album). Même avec de l’humour, il arrive à nous faire passer des messages sérieux, c’est assez dur de trouver des défauts évident à cet album pour les amateurs du genre. On terminera donc la lecture de l’album en beauté avec des titres comme “Sentiment étrange”, “Le temps” ou encore le très beau “Nos Rêves” avec une nouvelle fois Rony en featuring. Contre Vents et Marées se termine naturellement comme il a commencé, avec un hommage à Jaydee. Bravo à Réel Carter pour cet album qui est surement son projet le plus réussi et abouti pour l’instant.

Un an après la sortie de son premier Ep “Electroshop”, Eech du groupe 3MM est de retour avec la mixtape “Get Eech And Stop Cryin” mixé par Dj Pa.K. A l’heure où la mode est toujours au street cd, Eech nous revient avec le format mixtape comme à l’ancienne avec des freestyles sur des faces B bien cramés de 50 Cent et compagnie. C’est très efficace, les 18 titres passent à une vitesse folle et tout au long de l’écoute on a toujours le sourire au lèvre vu le nombre impressionnant de punchlines qu’Eech nous lache. Pour renforcer le tout, on retrouve des mc’s (principalement du 91) comme Noss, Da’Pro, Diem Delam, Oskar, Twinky, Legan’s, Djon, Mephisto et G.Moni. Eech nous prouve une nouvelle fois sa maitrise du rap via ce projet qu’on vous conseille fortement d’écouter. En espérant que la prochaine étape sera son album solo…

6h30 du mat. Le portable sonne. « On a pécho Starkosy, mec! La tête de oim. On l’a défoncé sa mère, on l’a téjeu dans la cave !! ».
J’étais claqué. Je reconnaissais pas la voix du mec au bout du fil. Le type me parlait tout doucement. Ça me faisais vite fait penser à quelqu’un, mais je savais pas qui ? Quelle heure? 6h 30 ! Pas moyen de dormir tranquille, c’est ouf.
─ Parle plus fort mec, j’entends pas… C’est qui là? Pourquoi tu m’appelles à c’t’heure ci ?
─ C’est rim-K, Albator. J’peux pas parler fort et j’peux pas t’dire ou j’suis, parce que si ça se trouve, j’suis sur écoute. Mais c’était juste pour te dire qu’on a pécho Starko. Il est dans la cave, là. On l’a défoncé sa mère la pute…
─ Qui ça?
─ Starko ! L’autre bâtard de président là !
─ Sérieux ! Mais comment vous avez fait ? Il était tout seul, le mec? Pas de garde du corps ? Pas de caméra ?
─ Non, même pas ce teubé! Tu vois tout à l’heure quand on s’est fait recalé de la teuboi et que toi t’es rentré chez oit, ben, nous on est resté à discuter en bas, pépère, comme d’hab. T’as vu ! Juste histoire de. On avait à boire et à fumer tranquille et on discutait, normal quoi ! Tu sais ce que c’est. A un moment, t’as vu, j’sais pas quelle heure il était, j’étais faya, j’ai dis aux gars que j’allais rentré et tout. Et là, y a Mams il me fait : « Téma, le mec là bas sur la dalle, on dirait pas Starkosy ? ». Moi direct, je regarde le lascar de loin, je téma sa dégaine, sa démarche. Tac ! J’reconnais direct que c’est lui. Tu peux pas te tromper. Le mec, j’vois sa gueule tous les jours, pire que mon daron, misquine. Alors direct, on s’est téma tous les quatre et on savait ce qu’il nous restait à faire. Mams, comme c’était le seul qui avait pas bu, il est parti prendre sa caisse. Dims il est parti chercher un sac à patates chez sa daronne en cinq cinq. Moi et Snoop on a mis nos capuches et on a tracé à la dalle.
─ Ç’était ce soir, ça ?
─ Ouais ! Y a une heure même pas. Juste en bas de chez toi !
─ C’est un ouf ce mec! Qu’est ce qu’il vient foutre sur la dalle à six heures du mat’ ?
─ J’en sais rien. Il était sapé normal. A mon avis, il venait soit voir un mec en scred, soit il venait faire genre, t’as vu, t’façon, j’suis un chaud. Moi aussi, j’peux venir dans les téci. N’empêche que dès qu’il nous a vu arriver avec Snoop, il a flippé sa mère. « ALORS COMME ÇA, A CE QU’IL PARAIT, NOUS ON S’LEVE TARD, LA PUTAIN D’TA MERE ! ». Je lui ai enchaîné direct. Snoop il était bouillant, il allait lui rentrer dedans et tout, mais ce bâtard, il a tracé. Il est deuspi quand même, on croirait pas comme ass. Avec Snoop, on l’a coursé sa mère. Et tellement il flippait et il avait peur de nous, il a même pas fait attention que y avait Dims qui l’attendait à l’autre bout de la dalle. Le mec il a foncé tout droit. Il est rentré directe dans l’sac. Hop ! Fermé, ficellé, emballé. Tac ! On l’a balancé dans la caisse et on l’a ramené au Q.G. Après, on l’a défoncé sa mère, et on l’a téjeu dans la cave. Ni vu, ni connu, frère ! T’aurais du voir comment on l’a taillé le Starko.
─ Vous êtes des oufs ! C’est chaud quand même. Vous avez kidnappés le président de la république. Tu peux prendre cher pour ça.
─ Sérieux ?
─ Pire ! Si le mec porte plainte. C’est dix piges, minimum.
─ Sérieux ? Mais lui aussi, il abuse. Pourquoi qu’il parle de nous comme ça ? Il connaît rien de notre vie, et il parle t’as vu. C’est pas bien ce qu’il fait, tête de oim. Après, genre il vient jouer les chauds à six heures du mat !
─ Ouais, je sais, frère. Mais c’est comme ça ! Et ça a toujours été comme ça. Les gens ils kiffent parler de ce qu’ils connaissent pas, et dans un sens, c’est plus facile de faire la zèremi à nous, les banlieusards… Le jour où y aura plus de banlieusards, y aura plus de misère, c’est ce qu’ils croivent les gens! …et sinon, vous comptez en faire quoi maintenant que vous l’avez froissé le Starko?
─ Ben, on sait pas, t’as vu ! C’est pour ça qu’on t’appelle. Si tu veux passer le marave un coup vite fait, avant qu’on le lâche j’sais pas où…
─ Non, ça ira ! Par contre, je pense à un keutru. Bon, ça m’étonnerait, mais on sait jamais. Regardes pour moi sur son 06 si y a pas le number à Pamela… Comment je kifferai trop qu’il ait son number, le bâtard!
─ Ben, en parlant de ça, tu sais quoi ? Le pire, c’est qu’on lui a fait les poches à Starko tout à l’heure. Et Rien ! Pas de portable, pas de larfeuille, pas de bédo. Rien !
─ Sérieux ! C’est chelou ça !
─ Moi-même j’y croyais pas au début. Mais, rien du tout, frère. La dèche ! On dirait le président, il est pire que nous… Ah si ! Il avait juste un truc, c’était genre une carte Pokemon ou un truc dans le genre dans sa poche arrière. C’est Mams, ce gamin, qui l’a trouvé. Ce ouf, Il a pris la carte et direct il est parti, après. Tu sais comment il est chelou des fois. Il a flippé à mon avis.
─ Une carte Pokemon, tu dis ?
─ J’te jure sur ma tête, mec. C’est tout ce qu’on a trouvé !
─ OK. Ça y est! Je pense avoir compris… Bon, il respire encore ton président ?
─ J’sais pas, attends, j’demande aux autres… Ouais, c’est bon !
─ Passe le moi !
─ T’es sur ? J’te fais confiance, mec. Me met pas dans l’histoire… Je m’arrache. J’ai pas envie de me faire tricar…
J’ai pris ma voix de playboy et j’ai balancé un « Allo ! ». A l’autre bout du fil, une voix d’enfant a répondu « Oui allo ! ». Il devait avoir douze ans au plus. Il avait eu peur, mais il allait bien. Ça s’entendait. J’étais rassuré.
─ Comment tu t’appelles, boy ?
─ Nicolas !
─ Enchanté Nicolas ! Moi c’est Salomon, mais tout le monde ici m’appelle Albator à cause d’une cicatrice à l’œil droit. Alors toi aussi, tu pourras m’appeler Albator. Ne bouge pas Nicolas. Respire ! T’as plus de raison d’avoir peur. Tout ceci est un malentendu. J’viens tout de suite te chercher…
Jude

Enz est un rappeur de Tarbes installé depuis quelques temps à Paris, on l’avait déjà remarqué au côté de Dernier Pro ou sur des projets comme Juste Nous et Melting Pot. Il nous revient avec son premier album solo “Ma Boutique” dans les bacs depuis le 29 octobre 2007. Enz nous propose avec cet album un véritable voyage dans son univers ou plutôt dans sa boutique, celle où l’on trouvera à côté des vinyls et cassettes des histoires sur la nature humaine et le monde qui nous entoure. L’album sonne très soul/funk/jazz, le genre de projet qu’on peut écouter plusieurs fois sans avoir peur de se chopper un mal de crâne. L’écriture est aussi de très bonne qualité, même si les thèmes peuvent paraitre simple à première vue, la façon dont Enz les amène est vraiment originale, un bon exemple avec un titre comme “Eva” qui aborde la mixité comme on ne l’a jamais entendu. D’autres titres se démarquent aussi comme “Acteurs et Victimes” qui nous fait prendre conscience que quoi qu’on fasse on sera toujours acteurs et victimes de la déchéance de cette planète, “Ma planète ronde” nous fait aussi bien voyager. On retiendra aussi “Fuck Money”, “Silence”, “Open Mic” et même “Génération Brigett Jones” où j’ai eu l’impression qu’il décrivait ma sœur… Ma Boutique restera certainement une des meilleures surprises de 2007 dans le rap français avec une ambiance propre à Enz, on en redemande encore !
Site: www.chezenz.com

L’année rapologique 2003 fut marquée en France d’un gros succès. Grâce à un simple “street album” et un morceau phare (”L’assassin”) Sinik éclabousse aux yeux (et aux oreilles) du grand public. Dès lors il ne quittera plus le cercle désormais très select des rappeurs français qui vendent. Pourtant rien dans son “palmarès” ne laissait penser qu’une si fulgurante carrière attendait l’ancien membre d’Ulteam Atom. En effet sa carrière solo se limitait encore à 2 maxis qu’on ne qualifiera pas de passés inapperçus, mais qui n’avaient en tout cas pas ému plus que ça le petit monde du rap français. Après tout le monde, probablement, connait l’ascension qu’a connu Sinik, 2 albums à gros succès et l’impression qu’avec son alter ego féminin et acolyte, Diam’s, ils trustent le haut des charts à chaque nouvel album.
Ce troisième album solo est donc l’occasion de regarder un peu en arrière et d’analyser le chemin parcouru du clasheur le plus populaire de France. Force est de constater que la formule gagnante des 2 précédents albums est une fois de plus reconduite, beats synthétisés, punchlines plus ou moins recherchées (on lui reprochera toutefois de tomber un peu trop dans la facilité par moment) et flow agressif. Certains diront qu’il se contente de ses acquis, les fans diront de toute façon que c’est du lourd…Chacun se prononcera en fonction de son degré d’objectivité. Toujours est-il qu’il en reste à la première écoute un certain goût de déjà-entendu.
Toujours est-il que quand on se penche un peu sur ses textes on se rappelle vite de ses talents de lyriciste intelligent et élégant à l’instar d’”incompris“, certainement l’un des plus beaux sons de l’album. Mais que les fans de l’”assassin” se rassurent, Sinik rime toujours avec gros son. Tel est le cas sur “l’essonne’geless“, un morceau tout à fait dans la mouvance actuelle, toutefois après quelques écoutes on s’en lasse relativement vite. Heureusement l’homme a bien d’autres cordes à son arc comme le storytelling, à l’image du premier single de l’album “De tout là haut“, chanson dans laquelle il met en scène son assassinat ainsi que sa “vie” dans l’au-delà. N’oublions pas de mentionner également les personnes qui ont collaboré à cet album. En effet en ce qui concerne les guests, l’adage de celui qui s’entoure peu mais bien prévaut une fois de plus. On retrouvera donc Kayna Samet, Diam’s (évidemment!) ou encore…James Blunt, pour une collaboration surprenante mais réussie. En ce qui concerne les productions on retrouve bien entendu Kilomaître et l’incontournable Yvan aka the Peacemaker, mais également des noms moins clinquants tels Lewis, Enterprise ou Wealstarr.
Au final l’album s’écoute du début à la fin assez facilement. Ce qu’on peut lui reprocher est avant tout que cet album manque singulièrement d’originalité et de démarcation d’avec ses compositions passées. Certes Sinik a fait du Sinik, mais tout de même on ne peut que regretter qu’il ne s’essaye pas un peu à quelque chose de moins “formaté”, car il a sans conteste un gros potentiel artistique. Concernant les ventes on ne s’inquiète pas trop pour lui, la machine à vendre semble bien enclenchée et il devrait connaître un joli succès.
Site: www.sinik609.com

La vie m’a appris deux choses qui m’ont fondamentalement marqué. La première est que si on est dehors, il ne faut pas pisser face au vent. La deuxième est que si un album est terriblement attendu, on est généralement terriblement déçu. C’est donc avec un soupçon d’angoisse que je me suis rendu a la Fnac la plus proche pour me procurer l’album de Flynt. Fut une époque où j’aurais galéré pour enlever le cellophane avec les dents, en faisant tomber le boîtier dans le métro, afin de lancer au plus vite l’écoute sur mon baladeur CD. Mais cette époque est révolue, ma mère m’ayant offert un lecteur mp3 pour Noël. Bref, après 20 minutes de ligne 13, histoire de me mettre dans l’ambiance Paris Nord sale, je lance l’écoute. Je vous le rappelle, j’avais l’angoisse de la déception. Et bien je n’avais aucune raison! Cet album est un bijou. En bon orfèvre, Flynt a fait un travail soigné. La plume atteint un niveau dont elle n’avait plus l’habitude dans le rap français. Les punchlines sont présentes, sans jamais chercher à choquer pour choquer. Les mots fusent, les assonances déboulent et les métaphores sont menées de mains de maître. Flynt, avant son album, avait cette réputation de lyriciste haut de gamme: il ne la trahit pas. Au contraire, il fait monter ses stats. Il se place au dessus de la mêlée, un peu comme si Lebron James jouait contre Jérôme Moiso, ou si vous préférez, comme si Lil Wayne tentait de plaquer Sébastien Chabal. On retrouve même le bonhomme là où on ne l’attend pas. Un texte d’amour, touchant en plus, sur lequel il m’a rappelé cette époque où Oxmo avait fait péter un câble a tous les pré-pubères que nous étions … « l’amour c’est faussement beau et même moche », à penser a nos amoureuses dans nos lits superposés en dessous d’un poster de 2Pac et de Lil Kim (avant chirurgie esthétique). En tout cas ce morceau fut une énorme surprise pour moi, Flynt nous montre qu’il a de multiples talents. Les thèmes sont riches et présents, une spéciale pour « La Gueule de l’Emploi ». Coté prods, il a su s’entourer, le tout est varié et mélodieux. Flynt ne se donne pas un genre, il est vrai, il rap ce qu’il est et ça se ressent. Comme dirait nos amis de l’autre coté de l’atlantique, « keep it real ». Et moi j’adore que les gens « keep it real ». J’ai bien cherché un gros défaut à cet album mais je n’en ai pas trouvé, même les feats sont bons. L’école du 3.25 sale est décidément très grandes et très riches. Maintenant espérons que Flynt reste dans sa lignée et qu’il nous ressorte encore d’autres sceuds comme celui-ci. Certainement un des meilleurs albums sortis depuis 2000.
Ma note 9/10

Six mois après sa sortie, Bounce2dis revient sur Extrait d’Amertume, le premier album du talentueux et très prometteur rappeur du 18e arrondissement, Sidi Omar.
Si le premier morceau du même nom avait su par sa qualité et son rythme entraînant nous interpeller et susciter en masse l’intérêt du public (Le clip « Extrait d’Amertume » a tourné plus de 50 000 fois sur Daily Motion et You Tube en seulement quelques mois), il faut cependant n’y voir qu’un début, une première voie destinée à nous introduire dans l’univers du “Sid”. Disons le clairement, Extrait d’Amertume c’est encore plus que cela. Un premier album authentique de pure qualité, parsemé de featurings excellents ( Kameni Emadak, Seth Gueko, Boramy, Yayouss, Taïro…), dont on n’a pas fini d’entendre parler. Plus qu’avec les bolides et les grosses chaînes en or, c’est par son talent et sa simplicité que Sidi-O brille. De quoi offrir un brin d’amertume à bon nombre de Mc’s, n’est ce pas ? Au freestyler “ingérable” des mixtapes Neochromes 2, 3 succède maintenant l’Artiste. Mais que les fans de la première heure se rassurent, Sidi Omar n’a rien perdu de sa verve. Au contraire, ils retrouveront dans l’album tout ce qui déjà faisait son succès; son franc parler, son humour corrosif, ses rimes grinçant, à travers des textes censés et plus personnels qui, sans nul doute, parviendront à les toucher. Si vous n’avez pas encore acheté l’Album de Sidi Omar, alors il est grand temps de vous précipiter !!
En exclusivité Bounce2dis présente “Spontex” le second extrait de l’Album. Personnage incontournable de la Capitale sale, Spontex est un spécimen comme nous en avons tous autour de nous, un gratteur né ! Toujours partant pour taper l’incruste, constamment en quête de plans, le grattage est un art qui n’a aucun secret pour lui. Sa devise, gratter plus pour gagner plus ! “Et il gratte, gratte, gratounette…” à longueur de journée sans jamais devoir s’arrêter.
Jude

A chaque fois que je tire un traits sur les sorties rap français, il y a un rappeur qui me sort de ma déprime musicale. Cette semaine ce rappeur est Tonio Banderas. On l’a découvert grâce a son maxi avec Bakar, les deux mc’s ont fait leurs diez de leurs cotés, Banderas en a profité pour sortir un excellent album ! Attention cet album n’est pas destiné aux auditeurs à la recherche de sons estampillés fiction d’rue ou de contrefaçon américaine. Non, la mes amis on parle de rap français, du vrai, du pur, du dur. Ca sent le HLM, ça sent les bas fonds, ça sent la conscience de la rue. Etant donné qu’un public avertis en vaut deux, je tiens à vous avertir que cet album est destiné aux amateurs de sons lourds, conscient et de lyrics travaillé. Certains sont rebuté par l’étiquette rap conscient, a tord ou a raison. Il est vrai que parfois ce style de rap tombe dans le larmoyant, la démagogie mais surtout s’écarte de sa fonction première … faire kiffer les gens avec de la bonne musique. Ne vous inquiétez pas, ici il n’en est rien. Banderas aborde divers thèmes avec brio, de l’alcool, aux quartiers en passant par la drogue et l’influence que la société de consommation a sur le peuple. Non seulement les thèmes sont vastes, mais le flow est la. Parfois difficile d’allier le fond et la forme, mais Banderas relève le défis avec brio. Coté lyrics ont est servis, la plume est fine, technique et elle ne tombe pas dans la facilite ou trop de rappeur dit conscient s’engouffre. Niveau prod c’est du classique remixé a la sauce 2007, beaucoup de sons mélancolique, souvent du piano, avec de gros beat derrière. Mention spéciale pour la prod de « streetlife » qui pour moi est un hit en puissance. Coté invité le travail est bien fait et cohérent, on retrouve deux mc’s qui se font trop rare : eben et l’excellent fdy phenomen. Heureux aussi de revoir K reen, non, ça nous change vraiment de ces « chanteuses » qui sont venus envahirent les ondes ces dernières années. Pour conclure, cet album est une réussite dans son style : des prods carrés, du lyrics de hautes volées et d’excellents thèmes. Si j’avais juste une critique a formulé c’est que cet album est peut être un peu trop homogène, tant au niveau des prods que du flow. J’aurais aimé ressentir un peu plus de folie et de prise de risque. Il n’en demeure pas moins que ce sceud est à se procurer d’urgence. Certainement la meilleure sortie de ces deux derniers mois.
Ma note 7 / 10

Le collectif Hasta Siempre originaire de Saint-Etienne et ses environs est en place depuis 2003, on y retrouve quatre rappeurs (16mé, Romstick, Mans et Mash), sans oublier Fleow et Zedka. Ils ont déjà sorti pas mal de projets en solo, duo ou trio mais l’actualité du moment c’est leur premier album “Paid In Soul” qui vient de débarquer. Un vent de fraicheur tombe sur le rap français avec ce projet… Composé entièrement par Mash, cet album nous emmène dans l’univers soul du crew, un vrai bonheur pour les oreilles, entre vieux samples de soul et ambiances live on passe vraiment un bon moment à l’écoute. Du côté des textes le niveau est là aussi, pas trop de revendications mais plutôt des images sur ce que le groupe à vécu, des histoires de vie, les thèmes sont assez varié en général. Quelques invités sont également présent, on retrouve K-Unik sur “Même sous l’soleil“, Da’Pro de Force Pure sur l’excellent “Confusions humaines” (en écoute dans la radio du site), Sako sur “La vie d’artiste“, Eska et Kenhzo sur “Des types simples” et Fisto sur “Esprits libres“. Le seul reproche que l’on peut faire c’est que l’album soit si court (seulement 13 titres) mais la qualité des titres prend quand même le dessus et fait de cet album une des meilleures surprises rap en 2007.

Demolition Ol’ est de retour en cette fin 2007 avec son troisième album solo toujours chez Nouvelle Donne, on ne vous présente plus Ol’Kainry mais pour ceux qui auraient oublié, ce mc du 91 est présent dans le rap français depuis les années 2000 au départ avec Agression Verbale puis en solo. Il rejoindra Kamnouze et Jango Jack en 2002 pour l’aventure Facteur X qui est toujours d’actualité. 3 ans après son deuxième album “Les chemins de la dignité”, il était forcément attendu et nous revient plus en forme que jamais avec l’album “Demolition Man”.
Au programme de cet album, 17 nouveaux titres produit par C.O.S, Wally Biz, Galactik Beat, Yvan Peacemakers, Riga, Sulee B Wax, Astro Note, Wealstar, Ajevi et Therapy. Au niveau des prods, rien de spécial à dire les sons font très mal et sont assez varié dans l’ensemble. L’album démarre plutôt bien avec l’intro “Démolition Ol” suivi d’”On va l’faire” sur une ambiance bien westcoast. Sur le troisième titre “Parlez Parlez Parlez” Ol’Kainry nous surprend avec un nouveau concept, il a invité quelques rappeurs pour qu’ils “parlent” sur lui, on retrouve Sefyu, Alpha 5.20, Black Jack, B-La et D.O.C. des 2 Bal. Viens ensuite deux morceaux un peu plus “street” avec le lourd “Memento Mori” et “Street Zombie” en compagnie d’Honers L’infame.
Sur “La peur au ventre” on retrouve une chanteuse R&B, Valérie Delgado qui a une très belle voix, suivi du hit “Je peux dead” avec la nouvelle rappeuse B-La. Il enchaine encore avec une autre chanteuse, Shadia pour “Armé d’espoir”, perso j’ai vraiment eu du mal d’accrocher à ce morceau mais il en faut pour tout l’monde. Après “Jamais” qu’on connaissait déjà et “Racines” avec J-Mi Sissoko, une autre bonne surprise vient du morceau “Pas d’logique” qui raconte l’histoire de jeunes partis trop tôt, un bon moment d’émotion. Il enchaine avec le très bon “En mode nostalgie” avec Dj M-Ice qui rendra le sourire à tous les nostalgiques de la belle époque (elle est bien loin…). La fin de l’album approche déjà avec le titre “Materazzi” pas très convaincant. On se réveille direct avec le gros freestyle “91zère” sur lequel on retrouve Mental, Smoker, Taro OG, Myssa, Tito Prince, OG Simpson, Nubi & Juicy P ! Bref un gros son avec les meilleurs rappeurs du 91. Jango Jack nous redonne envie de dormir avec “Ma light” suivi de “Femme du monde” avec Trade Union, ol’Kainry termine quand même l’album en beauté avec “Devant le boss des boss” ou l’heure du jugement dernier. Qu’on aime ou pas Ol’, cet album ne devrait laisser personne indifférent. Malgré le fait qu’il y ai quand même beaucoup de refrains chanté, après plusieurs écoute ça ne choque pas trop et l’ensemble passe vraiment bien. On compte sur lui pour faire encore plus fort la prochaine fois…
A noté aussi le travail fait au niveau des visuels qui sont vraiment réussi et la présence d’un dvd sur lequel on retrouve un best-of de sa tournée avec Raekwon en 2004 et des clips (Jamais, Les chemins de la dignité, Je peux dead…).
Site: www.myspace.com/olk1ry

Après la compilation “Street Jewellery” sortie il y a déjà quelques années et un album solo (La Réforme), Spee Banger nous revient en 2007 avec le projet “Le Casse Dalle”. Comme son nom l’indique, ce casse dalle est là pour nous donner un avant goût des projets à venir avec son collectif Bross Compagny qui regroupe deux rappeurs (Spee Banger et Teenox), deux chanteuses (Monia et Sista Lo) et un toaster (Klynn). Plus de 24 titres originaux sur des ambiances hip hop, soul, ragga et même expérimental. Ça nous donne un projet super varié et vraiment agréable à l’écoute et nous permet d’en entendre un peu plus sur Nox & Spee qui se font assez rare dans le rap français.
En dehors des artistes du collectif, on retrouve aussi Jock’R et MLK de la Table Ronde, Fik’s et P.Kaer du groupe Ul’Team Atom, Tchad Unpoe, G.Moni, Asco du groupe Bunzen ou encore Da’Pro du groupe Force Pure, bref un vrai mélange explosif pour ce casse dalle ! Parmis mes titres préférés, je retiens surtout “L’avant gout” de Nox & Spee qui rappe aussi bien en français qu’en anglais, “Le Canyon” de Nox, Spee et Da’Pro, “Le Salaire” avec Asco, Da’Pro et Spee, l’énergique “Bangin” avec G.Moni, Nox, Spee & Da’Pro, “Transgenik Ish Hop” qui réunni Jock’R, MLK, G.Moni & Spee et le solo de Tchad Unpoe pour “Mangeur de fleurs”. Si vous n’êtes pas encore tombé sur le casse dalle n’hésitez pas une seconde il n’y a aucun risque d’indigestion !

Depuis 2005, la structure Incorrupt Records est mise en place par le groupe Empathik, il propose notamment leurs services pour promouvoir les rappeurs venant d’un peu partout et qui n’ont pas forcément les moyens financiers pour réaliser leurs projets. Incorrupt Records a déjà avec lui des groupes et artistes comme Ammoniak, Empathik, M2afiozo et S’Kaya. Après la sortie du Ep “Tiré du néant” en 2005, ils sortent deux maxis en 2006 avant de préparer la sortie de la compilation “Incorrupt Hip-Hop”.
Fin octobre 2007, on a le plaisir de retrouver “Incorrupt Hip-Hop” en téléchargement gratuit sur le net ! Nombreux sont les projets de qualité moyenne en téléchargement gratuit mais avec cette compil c’est tout le contraire, on ressent un vrai travail à tous les niveaux (choix des mc’s, productions, visuels…). Au total, on retrouve 20 titres ou se côtoie des mc’s déjà confirmé et d’autres un peu moins connu mais ils ont tous un point commun, un message à faire passer et des paroles qui ont un vrai sens. L’ensemble du projet est assez varié, y’en a vraiment pour tous les goûts… On retiendra quand même pas mal de morceaux comme “Que Le Hip-Hop Renaisse” du groupe Empathik, “10 ans” de La K.Bine, “En Dessous D’ça” de Mone qui représente comme il faut la Belgique tout comme le groupe Microglycérime, “Fait Historique” d’S'Kaya, “Tout ce qu’on a en tête” du Sakage Kronik, “Utopies perdues” de Sin’K (Empathik) ou encore “Mon Parcours” d’un Casus Belli toujours op.
Voilà donc un bon projet avec un état d’esprit comme on apprécie, preuve que le rap français n’est vraiment pas mort, il suffit de chercher un peu pour trouver encore des bonnes choses.
Pour plus d’infos, rendez-vous sur www.myspace.com/incorruptrecords