
Entre deux séances d’enregistrements, les Neg Marrons ont accepté de nous recevoir en exclusivité pour nous parler des « Liens Sacrés » Leur 4ème et tout nouvel album dans les bacs.
B2d. Bonjour Neg Marrons, tout d’abord félicitations pour vos dix ans de carrière et de succès. Vous attendiez vous à connaître un tel succès lorsque vous avez commencé en 1997 ?
Ben-J : Oui on savait. On savait bien sur… (rires)
Jacky : Déjà on savait même pas à l’époque qu’on allait ne serait ce que sortir un album. Nous quand on a commencé, c’était par passion de la musique. Rien que le fait d’être les superstar dans le quartier, pour nous ça nous suffisait. Aujourd’hui d’être là encore après dix ans, de pouvoir sortir le 4e album et d’avoir toujours autant de niac et d’énergie, et de voir que le feu brûle toujours autant. Ben ouais on est toujours content, mais c’est clair qu’on pouvait pas le prévoir.
B2d. Comment entame t’on la sortie d’un nouvel album après tant d’années de succès derrière soi ?
Ben-J : On a toujours quelques petites appréhensions parce qu’avec les trois premiers albums on a fidélisé un certain public. On a habitué les gens à une certaine qualité, au niveau artistique. Nous on s’est enfermé pour faire ce disque dont on est pleinement satisfaits. Artistiquement on est content de tout le contenu. Maintenant c’est clair qu’on appréhende un peu de savoir si le public va être réceptif, si il va bien ressentir la vibe comme nous on a envie qu’il la perçoive. J’te parle même pas après de l’aspect business qui fait que l’industrie de la musique se porte pas très bien. Il y a quelques petites appréhensions. Mais globalement on est surtout pressé d’aller défendre ce disque sur scène. On est pressé qu’il sorte. Parce que ça fait un peu plus d’un an qu’on bosse dessus. On a hâte qu’il soit dans les bacs quoi !
Jacky : Dans les bacs et dans les blocs ! dans les autoradios !
B2d. Avec Cesaria Evora, qui sont les autres invités sur cet album ?
Jacky : On en a plusieurs, on a déjà le big big Admiral T, avec qui on a fait un morceau qui s’appelle « L’Union ». On a Mr Toma avec qui on a un morceau qui s’appelle « L’encre du Bitume ». On a Faya D notre pote de toujours. On a la famille, Arsenik, Pit Baccardi. On a une jeune fille qui s’appelle Gen Renard, qui évolue plus dans le RnB et qui là a posé sur un morceau dance hall. On a un gros morceau de dance floor avec Big Ali, un morceau qui va retourner tous les club, tous les sound system, tous les dance floors. On a un morceau aussi avec tous les jeunes couteaux de notre ville, Garges. Y a du monde en invité, mais c’est que des choix du cœur.
B2d. Pour en revenir à « Petites îles » le morceau avec Cesaria Evora, comment c’est passé cette collaboration ? Et toi Jacky qui est originaire du Cap Vert, peux tu nous dire ce que cela représente pour toi ?
Jacky : Pour moi c’est un honneur. Quand on a fait le morceau, quand on l’a rencontré, quand on a fait le clip ensemble, il y avait beaucoup d’émotions. On a beaucoup de respect pour elle de par son parcours, de par ce qu’elle représente dans la musique, et aussi parce que c’est une grand-mère. On est obligé d’avoir énormément de respect. A la limite, quand on était sur le tournage du clip, c’est plus elle qui nous mettait alaise que l’inverse. On était quand même assez émus et contents. Beaucoup de fierté ! C’est vraiment un morceau qui nous fait énormément plaisir. Parce que c’est vrai que Cesaria Evora, au-delà de la musique cap verdienne, c’est un nom qui raisonne dans le monde entier.
Ben-J : Moi je ne suis pas cap verdien, mais ça m’a fait quelques chose quand même. Parce que la musique dépasse les frontières des pays, des continents…
B2d : Qui sont les artistes avec lesquels vous envisageriez peut être de travailler à l’avenir ?
Ben-J : Y a Michael Jackson qui nous a passé un coup de fil y a deux jours pour un featuring. Avant on avait la même couleur maintenant il est peu gris (rires)… Non mais des artistes avec qui on aimerait collaborer, y en a un paquet. Y a rien de concret parce que là on sort d’un album et qu’on a quand même beaucoup travaillé, mais des artistes comme Sizzla, Cappleton, Lauryn Hill ou Alicia Keys, ou même des artistes plus locaux entre guillemets comme Kasav avec qui peut être un jour on sera amené a collaborer, y en a beaucoup, c’est large…
Jacky : Nous c’est vraiment l’humeur du jour, la spontanéité. Même quand on a commencé cet album, on s’est pas dit on va faire un morceau avec tel ou tel. C’est une fois qu’on reçoit une musique où qu’on commence à travailler un texte, c’est à partir de là qu’on commence à visualiser.
B2d. Qu’est ce qui selon vous fait la force des Neg Marrons et vous a permis contrairement à d’autres groupe de continuer a évoluer ensemble et pas vous diriger vers des carrières solo ?
Ben-J : (en chanson) « C’est l’union qui fait la force, tous rassemblés dans la joie et la fraternité… C’est l’union qui fait la force… Boum ! »
Jacky : Voila, Ben-J l’a dit en musique ! Je pense que c’est notre union. D’où le titre de l’album « Les liens sacrés ». On a quand même une certaine complicité lui et moi, on s’est connus tous jeunes dans notre banlieue à Garges les Gonesses. Aujourd’hui, beaucoup d’années plus tard, on est toujours ensemble. On voit toujours les choses de la même manière. On a toujours cette même envie commune. C’est ce qui fait la différence. Notre sincérité, notre respect mutuel. Je pense que tous les gens qui nous connaissent, et même ceux qui nous connaissent pas, qui nous côtoient de près ou de loin sentent bien que Jacky et Ben J c’est vraiment une réelle affaire de famille, c’est de la fraternité qui nous lie aujourd’hui. C’est ce qui fait que ça dure et qu’il y a pas de problème !
B2d. Sur l’album il y a aussi un morceau qui s’appelle « Nouvelle Époque » avec Arsenik et Pit Baccardi. Quel rapport entretenez vous aujourd’hui avec les membres ou ex membres du Secteur A ?
Ben-J : On a des bons rapports, pourquoi ? Parce que comme on a dit en 1998, c’est une affaire de famille, c’est pas une affaire de business ou une affaire de musique simplement. A la base, le secteur A ça s’est monté parce qu’on était tous issus d’une même ville voire de villes voisines, Garges Sarcelles, Villiers le Bel… On faisait chacun de la musique, à un moment donné on a décidé de se mettre ensemble et de se structurer pour essayer de monter un truc solide… Aujourd’hui, musicalement ou artistiquement on nous voit moins faire des collaborations, mais dans la vie de tous les jours on s’appelle tout le temps, on va manger ensemble, on se voit quasiment tous les jours. L’amitié est toujours là ! C’est vrai que par rapport au secteur A les gens se posent beaucoup de questions parce que la structure de production en elle-même n’existe plus. Nous artistiquement on continue d’être connecté. Jacky bosse souvent avec Stomy, moi je bosse souvent avec Passi, Arsenik et Pit Baccardi on les voit tout le temps, Mc Janik, y a deux jours j’étais au téléphone avec lui…
Jacky : Moi j’étais avec lui en ligne tout à l’heure ! D’ailleurs il sort un nouvel album lundi 23. Big Up Janik ! Je t’avais dit que j’allais te caler dans une interview. Ben voila c’est fait ! (rires)
B2d. Quel est votre plus grand souvenir de la grande époque du secteur A ?
Ben-J : Y’en a pas mal des souvenirs ! On va parler des deux concerts du 22 et 23 mai 1998 où on a fait l’Olympia pour célébrer le 50e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. C’était deux concerts vraiment mémorables, je dirais pas mortels, mais plutôt immortels. C’était les dix petits nègres du secteur A qui se réunissaient. Deux concerts à guichets fermés. Avec un message assez engagé pour faire référence à l’histoire. Et un bon moment de divertissement tout simplement. C’est un des souvenirs très forts de la grande époque du secteur A
Jacky : C’est vrai que celui là particulièrement est un fait assez marquant. C’est vrai après que y a eu plein d’autres belles aventures. Le secteur A quoiqu’il arrive restera a tout jamais dans nos têtes et dans nos cœurs. Ca a été une très très grande aventures pour nous tous.
B2d. Vous accordez une importance particulière à la scène. En quoi cela est il important pour vous de multiplier les scènes comme vous le faites ?
Ben-J : C’est important parce qu’à un moment donné, c’est bien de pouvoir partager aussi l’album avec le public. De le faire vivre différemment. Quand on est en scène, on est avec les musiciens donc c’est une autre interprétation. C’est une autre énergie. Les morceaux on les rallonge, on les raccourci. Les formules changent un peu quand on est en live. Et puis ça permet surtout de jouer tous les morceaux du répertoire Neg Marrons, parce que Dieu sait qu’aujourd’hui, il y en a beaucoup… Nous on fait partie d’une génération où avant même de rentrer en studio pour faire des titres on a commencé par la scène. Quand on écrivait nos premiers textes, on les chantait dans les MJC en bas de chez nous ou dans les villes voisines. Pour nous c’est super important la scène. Ca fait vraiment partie de la carrière d’un artiste. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui un artiste arrive à tenir sur la longueur. Aujourd’hui si tu ne fais pas de concerts, tu n’existes pas !
Jacky : On peut même dire qu’aujourd’hui le moyen de survie d’un artiste, c’est la scène. Aujourd’hui, le disque se porte tellement mal que si t’es pas un artiste qui fait des concerts, tu auras du mal à tenir. Pour faire des concerts, faut être bon sur scène ! C’est pour ça que nous on se donne les moyens d’être bons. Quand tu viens voir Neg Marrons, c’est pas simplement un concert, mais c’est vraiment un show, un spectacle. Tous ceux qui sont venus nous voir généralement sont toujours repartis avec la banane !!
B2d. Est-ce que tu peux nous parler du City Raid Andros ?
Jacky : C’est une association qu’on parraine actuellement. L’histoire a commencé par une personne qu’on a rencontré qui s’appelle Stéphane Meterfi, un gars de Rouen. A la base, on voulait créer notre propre association. Et quand on l’a rencontré et qu’il nous a raconté son parcours dans le milieu associatif, il nous a vraiment touché et on s’est retrouvé dans son histoire. Nous dans la musique et lui dans l’associatif, on a trouvé qu’on avait un parcours similaire. A partir de là il nous a proposé de parrainer l’association City Raid Andros, une association liée au civisme pour que les jeunes puissent mieux connaître leur ville. En fait c’est un jeu de piste où y a des questions qui sont posées dans tout ce qui est institutionnel, préfecture, mairie, commissariat. En fait tu te rends compte que y a plein de jeunes qui connaissent pas vraiment l’endroit où ils habitent. Y a plein de jeunes qui sont jamais rentrés dans une caserne de pompiers, y a plein de jeunes qui sont jamais rentrés dans une mairie, dans une préfecture ou dans un commissariat, où y en si il y sont rentrés ils en sont jamais ressortis tu vois (rires). En fait on avait un peu le rôle de grand frère, on allait à la rencontre de tous ces jeunes, on parlait avec eux, et on essaye de faire qu’ils s’intéressent à leur ville et surtout au systeme, pour pas qu’il y ait une haine gratuite envers le système. Et puis à la fin, on faisait un concert et on remettait la coupe à l’équipe gagnante, celle qui avait répondu le plus rapidement aux questions. A chaque fois on se retrouvait devant 400 ou 500 jeunes. Belle expérience quoi !
B2d. Merci Neg Marrons pour cette interview. Avez vous un dernier mot pour les internautes de Bounce2dis ?
Ben J : L’Album est dans les bacs ! Rendez vous dans vos villes. Neg Marrons en tournée à partir du mois d’octobre !
Jacky : Pour tous ceux qui partent en vacances, c’est vraiment l’album qu’il faut se pécho, qui va vous faire passer de bonnes vacances. Pour tous ceux qui partent pas, c’est aussi l’album qu’il faut se pécho parce que c’est comme un billet d’avion a 20 dollars, c’est pas tous les jours (rires)
Ben J : Ne laissez personne se faire un avis pour vous !
Jude

Bounce2Dis: Salut Al Peco et bienvenue de nouveau sur Bounce2Dis ! Comment vas-tu ?
- En forme !
Bounce2Dis: On attendait ton premier album depuis pas mal de temps, comment expliques tu qu’il ne sorte que maintenant ?
- Beaucoup de problèmes avec les différentes maisons de disque intéressées. Certains morceaux et le titre de l’album dérangeaient, beaucoup de promesses dans le vent, un retard certes mais ce n’est pas grave. Cet album est un indémodable. Je laisse les gens s’en rendre compte par eux même.
Bounce2Dis: Tu as travaillé dessus pendant combien de temps ?
- L’album s’est travaillé de manière discontinu mais en gros les morceaux les plus récents ont été enregistré il y a 4 mois et les plus vieux ont 2 ans. Mais j’ai retouché beaucoup de prods et arrangé les morceaux au fur et à mesure du temps. Je voulais que ça sonne différent de tout ce qu’on entend maintenant.
Bounce2Dis: Comment s’est passé la connexion avec Chamillionaire ? Tu l’as rencontré en studio ou c’est un duo virtuel ?
- Ni l’un, ni l’autre. J’ai posé pour le remix français de Ridin et lorsqu’il est venu faire sa promo à Paris, on s’est rencontré. On a discuté, échangé. Il m’a expliqué qu’il a des origines nigérianes. On a parlé du rap et après je lui ai dit qu’il fallait que lui aussi il pose sur mon album. Il m’a dit sans problème et il l’a fait fait voilà.
Bounce2Dis: Qu’est ce que ça te fait de faire partie de la BO du film avec “T Cramé” ?
- J’ai été contacté pour le faire par la Fox. Ils ont surkiffé ce son et ils l’ont mis dans la BO.
Bounce2Dis: Que penses-tu du film en question ? Tu l’as vu ?
- Je l’ai vu mais tu sais je suis ingérable, insortable. J’ai du mal à me concentrer surtout au cinéma. Toujours au téléphone ou entrain de penser à 20000 trucs. Je pense que ce film va plaire aux gens qui kiffent les polars où ça tire, où il y a des snitches et du bizz illégal.
Bounce2Dis: Y’a le clip qui commence à bien tourner, comment s’est passé le tournage ?
- Très bien. J’aime faire des clips. C’est Pasquale Pagano qui l’a réalisé. J’avais déjà bosser avec lui pour Bledhars vs lascars. C’est un bon. J’aime m’impliquer dans le choix des plans et dans la réalisation du clip.
Bounce2Dis: Tu sais déjà quel sera le prochain clip extrait de l’album ?
- Il y a déjà le clip de Petit nègre qui est en route. Je souhaite faire beaucoup de clips pour cet opus. On ne jouit pas d’un gros accès radio donc il faut combler ce manque. On est dans une ère où la video compte autant que le son donc je pense que vous aurez plusieurs vidéos extraites de Colonizason.
Bounce2Dis: Sur ton album, il y a aussi un duo avec Blacko du groupe Sniper. Tu peux nous parler de ta rencontre avec lui et du morceau “Braquer notre chance” ?
- Blacko c’est un bon. On se rejoint sur pleins de points. Surtout sur les questions de la vie. On a beaucoup parlé avant de faire ce morceau. Ce morceau est un morceau d’espoir. Nous sommes des dealers de son et d’espoir comme je dis. Même si en France ce n’est pas facile, lui il a vu la vie en Réunion moi en Afrique et je peux te jurer qu’elle est plus trash que n’importe quel ghetto d’ici. Beaucoup de gens se plaignent ici de ne pas avoir de chance mais il y a quand même beaucoup d’opportunités, il faut aller les braquer c’est tout. Braquer avec ton cerveau.
Bounce2Dis: Comment tu définirais ton album ?
- Fort. Musical et engagé.
Bounce2Dis: Les titres qui te tiennent le plus à coeur ?
- Tous. Tu l’écoutes en entier, il n’y a pas un single plus qu’un autre. Pour moi ce sont tous des morceaux très forts.
Bounce2Dis: Comment vont tes gars du groupe BCWN ? Y’a un nouveau projet qui arrive ?
- On bosse sur un street album, ça va arriver d’ici la fin 2008 inch allah.
Bounce2Dis: Pour revenir à l’album “Colonizason”, pourquoi avoir choisi ce titre ?
- ça sonnait bien. j’aime faire des néologismes, je viens du bled et je suis venu coloniser le rap français, en même temps mes thèmes par des causes et des conséquences de l’immigration en France. Donc de la colonisation pour revenir à l’origine du problème.
Bounce2Dis: Quels sont tes attentes par rapport à la sortie ?
- Que les gens comprennent que je suis un artiste et que quand ils écoutent du Al Peco, ils entendent un truc différent de ce qui se fait dans le rap. Je suis la pour choquer et ce n’est que le début. Je reviens fort très fort.
Bounce2Dis: Y’a des concerts de prévu cet été ?
- Sur Toulouse, Paris, Lyon mais c’est surtout en Afrique que je vais me concentrer.
Bounce2Dis: Un message pour nos internautes ?
- Si vous voulez soutenir le bon rap, allez écouter et acheter cet album.
Bounce2Dis: Merci d’avoir répondu à mes questions et bravo pour ton album ! Je te laisse le mot de la fin…
- Ya foy salam

Bounce2Dis: Salut Netik et bienvenue sur Bounce2Dis.com ! Comment vas-tu ?
- Salut, ça va bien merci, l’été approche j’crois que comme tout le monde ça me met de bonne humeur !
Bounce2Dis: Quels sont tes premiers souvenirs du mouvement hip hop en général ?
- Les plus lointains souvenirs que j’ai c’est quand je devais avoir 7 ou 8 ans, j’avais vu les mec de Benny B tourner sur la tête à la télé, j’crois que c’est la première fois que je voyais de la danse comme ça. Sinon les premiers morceaux de rap que j’ai entendu c’était Vanilla Ice, Mc Hammer des trucs comme ça à l’époque je crois, sinon il y avait un mec dans le square où j’habitai qui ouvrait sa fenêtre et mettait “C’est Clair” de NTM à fond régulièrement. Ca c’était pas mal !
Bounce2Dis: Qu’est-ce qui t’as donné envie de devenir Dj ?
- En fait c’est plus tard, quand j’avais 13 ans et qu’on écoutait beaucoup de rap avec mon frère et des potes, Wu Tang Clan, Biggie, NTM, La Cliqua, Les Sages Po, etc. Toute cette époque, c’est là que ça a commencé. J’avais aussi toujours voulu jouer d’un instrument, avant je jouais un peu de guitare et le scratch ça me fascinait, c’était délirant de voir les mec sortir ce son avec des platines, j’avais toujours voulu essayer. Un jour j’suis allé chez un pote qui s’était procurer une platine et une table et il m’a fait essayé. Ca m’a botté direct, c’était le fait de pouvoir toucher le son que j’kiffais, de jouer avec, que ce soit le scratch ou le mix.
Bounce2Dis: Tu as commencé avec quel matos ?
- J’avais récupéré la vieille platine de salon de ma mère, une Technics à couroi qui me servait juste à lire des vynils et de l’autre côté pour scratcher j’avais récupéré une BST à couroi aussi. Je me rappelle à l’époque BST c’était quasiment la seule platine bon marché qui existait, c’était inimaginable de se payer une Technics. Après en mixette, la première que j’ai eu n’avait même pas de cross fader, c’était une Phonia je crois, enfin bref un truc super pourri, c’est devenu plus marrant quand j’ai eu ma première table Gemini. A l’époque je scratchais avec le switch phono/line qu’on appelait le “cut”, ça me paraissait impossible de cuter avec le cross fader.
Bounce2Dis: Aujourd’hui tu mixes avec quoi ?
- Aujourd’hui 2 platines Technics, un macbook avec Serato, une mixette Vestax PMC 08 Pro et des cellules Ortofon Gold.
Bounce2Dis: Tu as bossé ta technique pendant combien de temps avant d’avoir ton premier titre de champion ?
- J’ai commencé les platines à 13 ans et j’ai eu mon premier titre à 19 ans, donc 6 ans…
Bounce2Dis: Tu as déjà 3 titres de champion du monde DMC, qu’est ce ça a pu t’apporter pour ta carrière de Dj ?
- En terme de carrière c’est vraiment l’individuel en 2006 qui a fait la différence, en 2001 et 2002 quand j’ai gagné les battles ça n’a pas vraiment plus décollé que ça pour moi. J’avais un peu plus de booking mais peu à l’international. Depuis ma victoire en individuel j’ai un bon agent et j’ai tourné dans beaucoup de pays. J’ai le statut d’intermittent et j’arrive à vivre de la musique. C’est super gratifiant et ça permet de découvrir d’autres publics, ça m’a fait progresser en tant que Dj.
Bounce2Dis: Tu comptes toujours participer à ce genre de concours ?
- Non, en solo c’est fini pour moi, par contre j’aimerai me présenter en équipe un jour, c’est la seule catégorie que je n’ai jamais tenté, on en parlait souvent avec mon pote Troubl’, peut être que ça se fera un jour…
Bounce2Dis: On dit souvent que les Dj’s n’ont pas la reconnaissance qu’ils devraient avoir, tu es d’accord la dessus ?
- Si on parle de turntablism, oui j’suis assez d’accord, c’est encore peu connu donc les gens en ont souvent une image assez cliché, mais c’est aussi assez nouveau et je pense que doucement ça commence à créer de l’intérêt. Il y a aussi le fait qu’en djing ou dans la musique en général, le talent ne fait pas tout malheureusement, donc il y a plein de dj/tablist talentueux mais peu font de vraies carrières, plus on sera nombreux à tourner et montrer ce qu’on peut faire avec des platines plus ça sera reconnu. Je pense que c’est dans des concepts différents qu’il peut toucher plus de public, juste le côté technique, dj de battle, les gens ça les ennui vite en général, il faut avoir quelque chose d’intéressant à présenter. Il faut rendre le truc attractif.
Bounce2Dis: J’ai vu que tu as pas mal de show partout en France, tu mixes aussi à l’étranger ? Est-ce qu’on pourra te voir bientôt en Belgique ?
- Oui comme je te disais j’ai beaucoup voyagé à l’étranger ces derniers temps, j’ai été en Asie, beaucoup en Europe, États-Unis, la Belgique j’y ai déjà joué plusieurs fois, au festival de Dour notamment mais c’est vrai que je ne suis pas revenu depuis les championnats, ça va peut être venir.
Bounce2Dis: Quels sont tes influences musicales en général ?
- Cette question est toujours assez difficile je trouve, car tout ce qu’on écoute nous influence mais je dirais majoritairement Hip Hop car c’est ce que j’ai le plus écouté depuis que j’ai commencé, sinon les musiques électroniques en général depuis plusieurs années, notamment la Drum’N Bass.
Bounce2Dis: Quels sont les Dj’s qui t’ont marqué quand tu débutais ?
- Q.Bert, Master Mike, Baboo, Short Cut, Crazy B, Faster Jay, D Styles, Craze, A Trax, P Trix, etc. La liste est trop longue…
Bounce2Dis: Comment définirais-tu ton style ?
- Elle est trop dure ta question lol !
Mon style… ??
Ce que je peux dire c’est que je cherche beaucoup l’efficacité, sans tombé dans le facile bien sur. J’essaye de garder l’essentiel quand je construis un show, la phase ultra technique impressionnante j’aime bien mais je préfère en général ce qui sert l’ensemble, la musicalité. J’aime les scratch agressif et fins à la fois, la bonne phase au bon moment, sinon j’aime quand ça groove tout simplement.
Bounce2Dis: Tu as déjà collaboré avec quels artistes ?
- Un bon nombre, je ne vais pas énumérer tous les groupes de rap de ma région avec lesquels j’ai joué quand j’ai commencé car ça serait trop long. Sinon les collaborations les plus importantes:
Boograz (groupe Hip Hop pour qui j’ai été Dj pendant assez longtemps)
Electric Barbarian (groupe de Jazz situé en Hollande)
Pat Panik (Dj Electro/Drum’N Bass avec qui j’ai tourné pendant 3 ans)
Dj Troubl’ (mon pote de scratch)
Eric Truffaz (un grand Jazzman français)
Le Jad (producteur avec qui j’ai préparé tout mon show Dmc 2006)
Ambitieux (groupe Hip Hop de chez moi pour qui je produit des beats)
Bounce2Dis: Tu peux nous parler de ton breakbeat “Payday” ?
- Payday c’est mon premier battle break que j’ai entièrement produit et mixé. C’est sorti chez Kiff Records en octobre 2007. C’est vraiment un outil pour les Dj de battle. Il y a 4 beats, 5 banques de sons et 5 skip proof. J’ai essayé de donner ma couleur pour avoir quelque chose de personnel et d’avoir de l’originalité dans les banques sons. Il y a aussi des breaks prévu pour le juggling dans les beats pour les routines battle, ce qui n’avait jamais été fait.
Bounce2Dis: Il y a également un Dvd avec Ortofon, que retrouve t’on dessus ?
- C’est un montage entre séquences live et studio entrecoupés par des interview, on y retrouve aussi des explications de la construction de mon show Dmc 2006 avec Le Jad. On a réalisé ce projet avec mes potes de Rayteam qui ont géré toute la partie vidéo. Notre but était de faire un dvd agréable et intéressant à regarder, pas un truc trop promo ni trop lourd en blah blah et en explications. Je voulais que ça puisse intéresser à la fois les connaisseurs et le reste du public. Le montage est efficace et dynamique, il y a aussi l’intégralité de mon 6 minutes en multicam ainsi que d’autres bonus.
Bounce2Dis: Tu as des projets en cours de création ?
- Je prépare le 2ème volume de Payday pour la rentrée, ainsi qu’un mix Hip Hop/Electro. Sinon je travaille toujours beaucoup la production, là je bosse un track pour une compile et je fais des musiques pour différents artistes. J’aimerai aussi arriver à aboutir un album perso pour 2009 mais il n’y a rien de sur.
Bounce2Dis: Un message à passer pour nos internautes ?
- Tout simplement merci si ils ont lu l’interview jusqu’à la fin.
Bounce2Dis: Merci d’avoir répondu à mes questions et bonne continuation pour la suite ! Je te laisse le mot de la fin…
- Merci à toi ! Suivez l’actu sur mon myspace: www.myspace.com/djnetik

Snoop: Salut Kifrao, bienvenue sur Bounce2Dis. com ! Comment vas-tu ?
- ça va bien merci, tranquille.
Bounce2Dis: Tu peux te présenter en quelques mots ?
- Franck, 24 ans, de Trappes à l’origine, sur Angers depuis longtemps maintenant. J’écoute du rap depuis 93. Je suis pas rapeur, ni DJ, ni beatmaker. J’ai réalisé une net-tape en 2006, “La mémoire du sous-terrain”, et là en début d’année la compile “Soulèvement”. Donc je sais pas trop ce que je suis, réalisateur de tapes on peut dire !
Bounce2Dis: Avant de parler de ta nouvelle compilation, quelques questions pour un peu mieux te connaître… Quels sont tes premiers souvenirs du mouvement hip hop ?
- La première cassette que j’ai acheté c’était “Doggystyle” de Snoop. Après je me suis rapidement mis au rap français, simplement parce que je captais pas le ricain et que je voulais écouter les paroles. Je capte pas trop toujours le ricain d’ailleurs. Mais ça empêche pas que je réécoute beaucoup de rap US aujourd’hui, new-yorkais surtout, en essayant de comprendre un peu les textes par-ci par-là.
Bounce2Dis: Tes premiers coups de cœur dans le rap ?
- La Cliqua, “Conçu pour durer”, ça a été le premier EP que j’ai vraiment accroché à l’époque.
Bounce2Dis: Et tes premiers coups de gueule ?
- Rien de précis me vient, c’est plus avec le temps que ça vient, la lassitude quand tu t’aperçois que pour plein de crew, ben y’a que leur premier skeud que tu trouves mortel. J’ai plein d’exemples comme ça, où j’ai kiffé le premier skeud, et après plus rien, genre busta flex, rocca, booba, rohff, le 113… Mais bon je vais pas faire mon Guy Carlier en enfonçant des portes déjà ouvertes. Tout ça, on le sait déjà. Y’a plein de groupes qui déçoivent au fil du temps, on s’habitue. C’est l’indifférence qui prime chez moi maintenant. Et puis c’est pas un super scoop quoi, l’arrivée de Skyrock et de tous les magazines de merde, l’ouverture du rap au grand public, les changements de discours dans les textes tout ça. Coup de gueule si tu veux pour moi c’est plus dans cette optique-là. De nos jours, le mec qui creuse pas un peu, qui cherche pas un peu, il se prend le matraquage radio et télé dans la gueule. Et quand je parle avec des gens qui écoutent pas de rap, malheureusement je comprends qu’ils en aient une sale image, vu les merdes qui leur sont offertes sur un plateau depuis une dizaine d’années maintenant.
Bounce2Dis: De quel style de rap te sens-tu le plus proche ?
- Le rap révolutionnaire !!! Le rap conscient, mais bon “conscient” c’est un terme utilisé à tort et a travers, c’est ça le problème. La K-Bine, pour moi c’est le groupe-référence. Là, le militantisme, l’activisme, c’est pas du pipot. Et puis bah les groupes que j’ai eus sur mes deux projets, si je les ai invités, c’est clair que c’est pas par hasard tu vois, c’est parce que c’est des mecs dont je me sens proche dans leur rap. Sheryo, Matière Première, Les Evadés, Eskicit, les Grandes Gueules etc… et les autres !
Bounce2Dis: Le hip hop à Angers ça bouge bien ?
- J’ai pas de points de comparaison. Y’a quand même une petite culture hip-hop, y’a souvent des concerts, y’a eu La Rumeur, Rocé, Method Man aussi y’a pas longtemps. Et y’a souvent des petits concerts avec des locaux. Au niveau des groupes, ce que je connais j’avoue qu’en général je suis pas fan, à part mes sosses Mr.M et El Negro qui posent sur “Soulèvement”. J’en profite pour faire leur promo là, y’a leur premier opus qui est dispo gratos sur le site de Seartwo, et c’est vraiment du bon taf. C’est l’underground angevin ça !
Bounce2Dis: D’après toi le rap se porte comment en 2008 ?
- Mal. Perso je me renferme de plus en plus, concernant le rap c-fran je me contente d’écouter mes potes, les groupes que j’apprécie et basta !
Bounce2Dis: Tu le vois évoluer comment ?
- J’en sais rien et honnêtement j’en ai plus rien à branler. J’écoute la résistance, elle est là, et ça me suffit largement.
Bounce2Dis: Avant de sortir la compilation “Soulèvement” tu avais déjà réalisé “La Mémoire du sous-terrain”, tu peux nous en parler ?
- Oui c’est une net-tape sortie en décembre 2006, dispo elle aussi sur le site de mon pote Seartwo. Elle a été faite avec les moyens du bord, j’ai beaucoup taffé dessus, je suis grave content du fond ; après sur la forme je suis conscient que j’ai fait des erreurs, notamment sur la qualité sonore de certaines pistes. Le thème c’était la France, son passé, son présent, la vision des rapeurs invités sur ce pays. L’idée était de dire, si l’État a pas de mémoire, l’underground en a une. Si notre douce France est amnésique, on va se la jouer profs d’histoire !
Bounce2Dis: Comment se passe la création d’un projet comme ça ? C’est toi qui gère tout ou tu fais appel à d’autres personnes pour t’aider ?
- Pour la net-tape, tout seul, à part la pochette faite par Pizko. Pour “Soulèvement”, c’était plus carré, on m’a conseillé pour les démarches à faire au départ parce que j’y connaissais queudal. Raâf et Saxe de MP, Skalpel, Sianard ou encore Dony m’ont donné un coup de main. Au niveau réalisation, c’est moi, mais on la produit à 4, avec mon frère et deux potes. On a monté ER Prod, c’est pas une association, y’a pas de SARL ou je sais pas quoi, c’est juste un petit ketru entre proches pour monter le projet. La pochette c’est Seartwo, le mastering Skeez de HardKore & Âme. Et pour la promo Bounce2Dis et le PIB nous ont aidés aussi. Tout comme les artistes qui posent dessus et font tourner l’info dans leur région.
Bounce2Dis: Ton projet du moment c’est la compilation “Soulèvement” qui vient de sortir, comment ça s’passe ?
- Apparemment on sera pas invité aux Victoires de la musique, ils nous boycottent les enculés hahaha ! Non sérieux on vend en main à main, sous le manteau quoi, c’est dispo aussi sur le net, sur Paris et dans plusieurs villes de Province, Angers, Nantes, Bourges, La Rochelle… Déjà j’ai eu des bons retours des mecs qui ont posé dessus, donc ça ça fait plaisir. Après les retours des gens qu’on a eus en général c’est positif aussi, donc c’est cool.
Bounce2Dis: Combien de temps ça t’as pris pour la réaliser ?
- Onze mois. De début mars 2007 à sa sortie le 29 janvier 2008.
Bounce2Dis: Pour ceux qui ne l’auraient pas encore écouté, tu peux nous dire quels sont les artistes présent ?
- Yes, alors c’est une compilation 19 titres, 17 titres plus mon intro et mon outro. 17 inédits et deux morceaux qui étaient déjà sortis, “Le moment est venu” de Skalpel et Sheryo, extrait de “Kommando Malik” et “Le Técora” du Konflit, extrait de “Libérable”. Donc y’a La K-Bine sur trois morceaux, Matière Première sur deux (Stef et Loubna), JB l’Otarcik sur deux dont un avec Dorian, Sheryo sur deux, les Evadés, Demi-Portion, Sianard dont la track “Le pouvoir” est clipée, Pizko, Mr.M & El Negro, Acto, Le Konflit, Paris Vice, Fuck All, Srin Po, Poutsch et Momo A.D.N.
Bounce2Dis: Comment s’est fait le choix des artistes ?
- C’est pas compliqué, j’ai invité les gens dont j’aimais le rap, et y’en a pas 50 000. D’ailleurs tu retrouves pas mal du tracklisting de “La mémoire du sous-terrain” sur “Soulèvement”. Après j’avoue que y’en a avec qui ça a pas pu se faire, genre Mysa ou Eskicit pour des raisons de timing. Dommage mais bon il y aura d’autres occases j’espère.
Bounce2Dis: L’ensemble du projet est vraiment cohérent, on retrouve principalement du rap conscient, comment tu réussi à obtenir ce résultat ?
- Merci ! Ca ça vient pas de moi, ça vient des mc’s, j’ai obtenu ce résultat simplement en invitant de bons mc’s je crois. Des mecs pour qui le texte veut encore dire quelque chose, pour qui le rap militant, revendicatif, réfléchi, ça veut encore dire quelque chose. Le thème que je leur ai donnés, c’était le rapport puissances occidentales/tiers-Monde, l’oubli et l’indifférence généralisés envers les pays les plus pauvres, en gros les injustices internationales. Rappeler que la colonisation elle est toujours là, que l’exploitation aussi, qu’on finance militairement des dictatures et des génocides, que les multinationales contribuent au massacre, qu’on laisse crever des enfants chaque seconde dans le monde, ce qui revient ni plus ni moins à un crime contre l’humanité. C’est un thème qui me tenait à cœur, qui en plus est pas si souvent abordé sur compiles ou tapes. Et les invités l’ont bien honoré, parfois ils s’en écartent un peu mais pas de problème, c’était au sens large quoi. Chacun vient avec sa touche perso. Et je pense que y’a une ligne directrice d’un point de vue général.
Bounce2Dis: Au niveau des producteurs, tu as fait appel à qui ?
- A personne en particulier, chaque groupe venait avec sa prod. La seule contrainte avec le thème, c’est qu’il fallait une prod et pas une face B. JB en signe trois, Pizko aussi par exemple. Sinon comme autres beatmakers on trouve Skeez, Drix, Sianard, Sheryo, Yellowstone, MiSeRy, DJ Saxe (deux fois), El Negro, Demi-Portion et Nozey.
Bounce2Dis: Tes morceaux préférés sur “Soulèvement” ?
- Ah c’est une question pas facile ça ! Disons que pour moi, “Le poing levé” de La K-Bine et Pizko, ça pourrait un peu être l’hymne du skeud.
Bounce2Dis: Quels sont tes objectifs avec ce projet ?
- De faire un bon produit. A notre échelle quoi, on a pressé 500 exemplaires, on essaye d’apporter notre pierre à l’édifice du bon rap, du vrai rap, du rap pur et dur. L’objectif c’est ça, d’avoir de bons retours des gens, on sait bien qu’on en vendra pas des masses, on s’en fout. Le but, c’est que le puriste se dise que c’est une putain de bonne compile. Et que le gars qui est pas trop rap, si il a l’occasion d’écouter, il se dise “ah y’a des bons textes quand même”. Après si on peut rembourser nos frais de départ, tant mieux, on verra bien.
Bounce2Dis: Tu as déjà d’autres projets en vue ?
- Oui, j’enchaine là, je prépare “La mémoire du sous-terrain 2 / piqure de rapL”. Ce sera le même support que le volume 1, tape gratuite sur le net, le même thème aussi. Je voulais faire une pause après Soulèvement mais ça m’a manqué rapidement, donc voilà on repart pour un tour.
Bounce2Dis: Est-ce qu’on peut acheter “Soulèvement” en ligne ?
- Oui notamment sur le site d’akye, www.bboykonsian.com, sur www.justlikehiphop.com, sur www.mja-distribution.fr etc…
Bounce2Dis: Les adresses internet où on peut te retrouver ?
- www.mypace.com/kifrao et www.myspace.com/extremerancuneprod. Dessus tu peux écouter “Le pouvoir” de Sianard et “Ludique” des Braconniers. On va bientôt mettre en écoute “La rage pour moteur” de Dony S, Houston et Srin Po. C’est aussi possible de télécharger nos différents passages à la radio pour présenter Soulèvement, avec le freestyle de Mr.M et EL Negro à Radio Campus Angers et celui d’El Negro, Craps et JB l’Otarcik à Verbal Attack à Bourges.
Bounce2Dis: Tu as un message pour nos internautes ?
- Rien de spécial, cimer d’avoir lu !
Bounce2Dis: Merci d’avoir répondu à mes questions ! Bonne continuation pour la suite et big up pour ton engagement dans le rap. Je te laisse le mot de la fin…
- Merci Snoop et de même, bonne continuation à toi.

Snoop b2d: Salut Daz-Ini, comment vas-tu depuis la dernière fois ?
- Je vais super bien, en pleine forme, en pleine promo, prêt a défendre ma musique sur tous les fronts!!!
Bounce2Dis: Ton premier album solo est sorti depuis quelques semaines, ça te fait quoi d’avoir enfin ton projet à toi dans les bacs ?
- Je suis heureux et fier de voir tous ses efforts aboutir!! C’est une vraie récompense de voir son disque en magasin, bien distribué!! Beaucoup d’indépendants n’ont pas cette chance donc je suis content qu’il sorte dans de bonnes conditions.
Bounce2Dis: Pourquoi l’avoir appellé “Le Magicien” ? Qu’est-ce que ça représente pour toi ?
- Je l’ai appelé “LE MAGICIEN” parce que la magie (ou la recherche de magie) est l’un de mes fils directeurs, au même titre que la qualité. Pour moi la musique, l’écriture, la maitrise du flow, les impros sont magiques. Je voulais exprimer tout ce qui m’anime depuis tant d’années. Comme c’est un premier album solo, l’objectif était de me démarquer de ce qui se fait tout en imposant mon délire, mon univers, ma sensibilité et comme dans ce monde triste et froid “ON A TOUS BESOIN DE MAGIE”, j’ai décidé d’apporter ma part, et je me suis fait MAGICIEN!!
Bounce2Dis: A l’écoute de ton album, on a vraiment la sensation de voyager dans ton univers, comment tu t’y prend pour y faire rentrer l’auditeur ?
- Je pense qu’une grande part est due a ma façon d’écrire. J’aime planter un décor, mettre en place une ambiance. Je suis parti des prods, de ce qu’elles m’inspiraient comme émotion, comme vibes, comme thématique ou comme flow. C’est ma sensibilité qui s’exprime, vu que ce sont mes choix artistiques. Cet album est le reflet de mes gouts et envies artistiques, donc c’est une invitation à venir dans ma tête, dans mon cœur. Je suis le lien entre tous les beatmakers donc c’est ma touche que l’on ressent en filigrane de chaque track.
Bounce2Dis: C’est donc ça la Daz-Inisphère ?
- On peut dire ça. La DAZ-INI sphère, c’est une petite planète ou les kiffeurs de bons sons de tous horizons sont les bienvenus. Cet album est un hommage au HIP-HOP donc c’est la partie HIP-HOP de la DAZ-INI sphère.
Bounce2Dis: L’écriture ça se passe bien pour toi ou t’es du genre à te prendre la tête pendant des heures ?
- Tout dépend du moment, il y a des jours ou tu as naturellement plus d’inspiration que d’autres.
J’aime travailler l’écriture donc je me prends la tête jusqu’à ce que cela me plaise!! Après c’est en fonction de la musique, de ce qu’elle m’inspire, des thèmes, des idées qu’elles appellent en moi. Je galère plus à trouver le bon thème, le bon angle d’attaque, qu’à écrire le texte en soi!!! Comme j’écris plusieurs textes en même temps j’alterne les vibes suivant les jours et l’humeur de la journée.
Bounce2Dis: Tu as mis combien de temps pour réaliser cet album ?
- J’ai mis à peu près un an et demi, sachant que j’ai fait plus de 30 titres, pour n’en retenir que 18.
Bounce2Dis: Les premiers retours du public sont positifs ?
- Effectivement je n’ai eu que des retours super positifs, que des big up de gens qui kiffent les vibes, l’énergie, l’esprit, qui me disent que c’est du hip-hop, de la bonne zik, que ça fait du bien dans le paysage musical français. Après ceux qui n’aiment pas n’ont pas du se manifester (rires).
Bounce2Dis: On retrouve naturellement Da’Pro et Dj Gero sur l’album, comment s’est passé l’enregistrement du titre ? Est-ce que ça t’as donné envie de refaire un projet Force Pure ?
- Ils sont naturellement sur le titre MA FORCE PURE, car c’était une façon pour moi de dire qu’on est toujours là, qu’on a pas lâché l’affaire, et que même si on se focalise sur des projets persos, l’aventure FORCE PURE est bien vivante. Ce sont mes frères d’armes depuis plus de 10 piges donc il n’y a pas de raison de ne pas les retrouver à mes côtés. L’enregistrement c’est passé simplement chez Phonk Sycke avec DA’PRO, on avait écrit chacun de notre côté avant d’ajuster ensemble nos textes pour la cohérence et pour que les passe passe soient fluides et naturels. Pour les scratchs Gero a fait ça de son côté, c’était la surprise, on a découvert le résultat avec DA’PRO et bien sûr on a kiffé, car c’est original, ça ramène de la patate!! Ca nous donne forcément envie de faire d’autres trucs ensemble, ces derniers temps avec DA’PRO on a posé sur quelques compiles, mais c’est sûr que l’envie de refaire un projet FORCE PURE nous travaille de plus en plus: que ce soit pour nous ou pour les gens qui nous soutiennent et qui commencent à s’impatienter!!
Bounce2Dis: On retrouve aussi Catskills sur “Le Magicien”, comment s’est fait la connexion ?
- C’est un pote de Genève: Luzi (big up à lui et au C Karré crew) qui me l’avait présenté y’a 3/4 ans. Il a fait 2 prods sur l’album. On a un groupe ensemble qui s’appelle THE EXPRESSIONIST, il fait les prods et moi je rappe. On est justement en train de démarcher notre premier album qui s’appelle: “DON’T CALL IT A COMEBACK” et qui j’espère sortira avant la fin de l’année ou en 2009!! On a une vision similaire de la musique, malgré nos différences, il me permet d’aller là ou je ne suis encore jamais allé et c’est ça qui est excitant!! Il met la pression l’enfoiré!!
Bounce2Dis: Il y a d’autres invités comme Dernier Pro, K-Reen, Dny, etc. Comment s’est fait le choix de tes featurings ?
- C’est soit des potes comme Dny (chanteur de genève), Dernier Pro (on c’était rencontré pour l’enregistrement du maxi de Kostaire, c’est chez lui que ça se passait, la vibe est bien passée, il m’avait lâché un ou 2 sons et moi je cherchais un toaster pour le morceau AVEC LE LOVE donc je lui ai proposé et voila…). Pour K-reen c’est la magie du destin, je l’ai contacté via myspace, elle a kiffé ma musique et a accepté le feat. La vibe est passée direct, et on a continué à bosser ensemble depuis… Je lui ai écrit des chansons!! Sachant que je l’écoutait plus jeune c’était un kiffe perso que de bosser avec elle et de l’avoir sur l’album.
Après pour Bluuwise (l’ex choriste de Dwele), qui est une chanteuse américaine, je l’ai capté à Genève. On s’entendait bien, elle kiffait ma vibe et moi sa voix, ça a collé direct!! Après on retrouve sur le freestyle: MIKE, Kohndo, Enz, 20syl, Coup?K (de KALASH avec qui j’ai tourné 2/3 ans), Madjir, Clouzo et Ricar maya (des chevaliers de bronze), SeÔsme, Dj Kozi qui sont tous des proches ou des gens avec qui j’ai eu l’occasion de travailler, que je respecte et apprécie artistiquement.
Bounce2Dis: Aux niveaux des productions, tu as fait appel à qui ?
- Les beatmakers sont: JR EAKEE, PHONK SYCKE, CATSKILZZ, DEFRE BACCARA, IANEQ, AZAIA, ASTRONOTE!! Que des tueurs dans leur registre propre.
Bounce2Dis: Quels sont les titres dont tu es le plus fier ?
- C’est dur à dire car je les aime tous, ils ont tous une résonance particulière en moi!! Mais pour répondre à ta question je dirai le freestyle LYRICISTE VENDETTA parce que c’est l’une des premières fois que tous ses mc sont réunis, le titre MA POESIE S’ECRIT AVEC DU SANG pour les lyrics et sa forme anti-conformiste, unique!! SPEAK et SI TU ME QUITTES JE TE TUE parce que raconter des histoires est un exercice de style très dur et que je pense m’en être pas mal sorti. BALLADE AU CLAIR DE LUNE pour son côté classique, ATTENDS pour son côté futuriste!!! Je crois que je pourrai tous les citer en t’expliquant pourquoi ils ont du sens et de l’importance pour moi!!!
Bounce2Dis: On a pu voir récemment ton premier clip “Le Magicien”, comment s’est passé le tournage ?
- Le tournage s’est passé sur 3 jours, les 2 premiers jours on a filmé le gars dans la boite et le 3ème jour les couplets!! On avait construit le cube blanc un jour avant. Il y avait une pure ambiance, l’envie de se faire plaisir, de faire quelque chose de différent, qui surprenne les gens!! Le clip a été réalisé par: BRILLANTINE, SONNY et ART.10 (les gars qui ont fait ma cover et toute la déclinaison graphique de l’album). C’est un vrai boulot d’équipe. BIG UP A EUX!!!!
Bounce2Dis: Y’a d’autres clips de prévu extrait de ton album ?
- On y travaille, on a trippé a Tokyo en novembre (quand on y est allé pour des concerts) sur BALLADE AU CLAIR DE LUNE, il faut qu’on monte tout ça. C’est plus système D que “Le magicien”, plus ruff, mais le but était d’avoir de l’image à proposer!! Pareil pour REQUIEM (l’inédit du maxi) on est en train de cogiter à un autre clip, mais on est encore au stade de story board!!! Affaire à suivre!! Tu seras dans les premiers informés de toute façon.
Bounce2Dis: Qu’est-ce que tu penses apporter de différents par rapport aux autres mc’s ?
- LA MAGIE bien sûr!! Ma sensibilité, mon univers et c’est déjà beaucoup!!! Je suis différent des autres parce que je suis moi!! Je ne cherche pas à copier ce qui se fait, je propose ce que je fais, ce que j’aime, ce en quoi je crois: C’EST DU DAZ tout craché.
Bounce2Dis: Tu voudrais que les auditeurs retiennent quoi après l’écoute de ton album ?
- Je voudrais qu’il retienne que je suis un vrai MC, un artiste complet, éclectique qui fait de la musique de qualité!!! Que ce n’est que le début car comme LA CLIQUA “je suis conçu pour durer” et que comme tout bon magicien “j’ai plus d’un tour dans mon sac” donc qu’il garde un œil sur moi car je compte pas m’arrêter là!!
Bounce2Dis: Quels sont tes objectifs avec ce projet ?
- Le premier était de rendre au hip hop ses lettres de noblesse en lui offrant un album riche et complet. Après bien sur le but est de me faire connaitre par ceux qui n’ont pas encore cette chance tout en réussissant à convaincre ceux qui me connaissaient déjà. Je compte emmener cet album le plus loin possible, que ce soit sur scène, par le biais de la video et des clips pour imposer le plus possible mon univers et ma touche. Il est sorti au japon en juin dernier, je suis en train de voir pour le sortir au canada, et peut etre en version instrumentale, donc l’histoire suit son cours… Je souhaite le décliner le plus possible!!
Bounce2Dis: Y’a des concerts ou showcase de prévu ?
- Le 29 mai dans le cadre du festival URBAN JAZZ SESSION organisé par sonikem le 28/29/30 mai avec ENZ, Mr Nov, 12mé et Raph… Le 25 juin je participe au festival PARIS HIP-HOP, avant ça j’ai aussi pas mal de dates en Suisse.
Bounce2Dis: Tu as un message à passer pour les internautes de Bounce2Dis.com ?
- GROS BIG UP A EUX!! j’espère qu’ils ont chopé l’album, qu’ils le font tourné et découvrir à leurs proches et ceux qui ne me connaissent pas encore! Si c’est pas le cas, j’espère qu’ils continueront a prendre le temps de découvrir ou le talent se cache!!!
Bounce2Dis: Merci d’avoir répondu à mes questions une nouvelle fois, en espérant que ton album marche bien car sur Bounce2Dis on a beaucoup aimé ! Je te laisse le mot de la fin…
- ON A TOUS BESOIN DE MAGIE, donc ON A TOUS BESOIN DE TONTON DAZ et DE SA MUSIQUE DANS NOS VIES!!!! BIG UP à tous ceux qui de près ou de loin ont participé a la création ou la sortie de cet album.


Peux-tu te présenter en quelques mots pour les gens qui ne te connaissent pas ?
Giuliano, MC et beatmaker, je forme le groupe Les Enfants Rois avec Le 4Romain. On vient tout les deux de la région de Perpignan.
Pourquoi créer ce groupe ?
Disons que j’étais artiste solo, lui venait de fonder Rouge à Lèvres avec Grems. on se connaissait depuis des années, on avait des gout musicaux très proches, et surtout on aimait écrire des textes un peu tortueux héhé !
Justement, pour les mecs qui ont connu Le 4Ro à travers Rouge à Lèvres on est dans un registre complètement différent là, les sons sont moins house, les textes plus réfléchis… C’est toi qui l’a emmené dans ce registre ou ça c’est fait naturellement ?
Non, Le 4Romain est un mec très électro c’est vrai, mais c’est également et avant tout un fondu de Pete Rock, J. Dilla, Madlib… Et c’est vrai que dans Rouge à Lèvres il avait pas eu l’occasion d’exprimer ça. C’est un peu pareil pour le coté spoken word et poétique, il est un peu schizo sur les bords !
Un artiste complet en somme… Tu parles de poésie, si demain un néophyte te dis que votre musique ressemble à du Grand Corps Malade t’en penses quoi ?
De la même manière qu’on dira qu’elle ressemble à IAM pour quelqu’un extérieur au rap, ça ne me choque pas, les gens ont besoin de cases.
Et si derrière ça le vieil auditeur de rap que je suis te sort que le slam ou le spoken word c’est de la musique pour poète égocentrique ou rappeur en manque de flow ? J’veux dire, est-ce que tu penses qu’il y a réellement un public dans les auditeurs de rap pour votre son ?
Honnêtement je me pose pas trop la question. Poète égocentrique, je dis oui c’est vrai, mais la plupart des MCs le sont aussi, c’est un moteur. D’autre part on rappe également sur plus de la moitié des morceaux.
D’un point de vue personnel j’ai l’impression que comme Madlib par exemple, vous accordez plus d’importance à la musicalité et aux lyrics qu’a l’interprétation “rapologique”. Tu te sens en décalage par rapport à ce qu’il se fait dans le rap à l’heure actuelle ?
Décalage sur le fait qu’on a pas une obsession de la technique. Parfois on soigne ça, parfois on la met de coté. Pour l’interprétation on essaye d’amener quelque chose de plus théâtrale, pour créer l’émotion, notamment sur les tracks un peu slam, c’est une démarche volontaire, et on pense qu’elle manque un peu au rap qui parfois s’apparente seulement a un sport, un “game”.
Vous êtes plus dans un délire free jazz que rap dans le fond non ?
Je dirais pas ça comme ça. A la limite “free rap” ahah. Parce que le rap c’est tellement large, comme le jazz d’ailleurs…
Un titre comme “ether” dans lequel pas un MC pointe le bout d’son mic, ça sonne plus album jazz que rap classic…
En fait, sur ce morceau j’ai piqué deux phrases du 4Romain venant d’un autre morceau hors album, et également la voix de Jim Morrisson des Doors, j’ai clairement voulu faire un morceau hippie version 2008 !
Et te dire que 99% des rappeurs français ne connaissent même pas les Doors ça t’fous pas en l’air ?
Personnellement je connais depuis trois ans, donc je fais pas le malin ahah ! Mais c’est vrai que les gens sont pas assez curieux non plus…
Dans votre musique on sent un palette bien plus large que celle du commun des rappeurs, c’est une envie récente de découverte alors ou une culture musicale travaillée depuis plusieurs années ?
La culture jazz , ça fait pas mal de temps qu’on y traine. Après j’ai découverts que très récemment tout ce qui est rock, mais pour le moment ça ne se ressent pas trop dans mes sons.
On peut espérer un prochain album plus rock à l’avenir alors ?
J’aimerais beaucoup ! Haha, je fais tourner a fond les Doors, et Jimi en ce moment, NERD aussi. J’essaye de fouiller, de me sortir de mes acquis.
Je trouve très bien que des rappeurs explorent d’autres univers, c’est même la base de notre musique je dirais. Du nord on a l’impression que le sud ouest ne fait rien comme les autres : la scène graffiti est différente, le rap plus alternatif… c’est un cliché ?
C’est peut-être parce qu’on a rien a portée de main, on est obligé de se bouger pour sortir du lot. On est un peu hors des influences de la capitale aussi, hors du business et du marketing également. Mais oui c’est peut-être aussi cliché, y a beaucoup de mecs alternatifs sur Paris, Mais ils sont noyés…
C’est vrai, mais malheureusement ils sont minoritaires, à part deux ou trois exceptions pas grand monde se fait entendre. Y a des artistes qui t’intéressent dans la scène plus traditionnelle ?
Parmi les gens encore actifs aujourd’hui : Oxmo, IAM, Kohndo… et Moudjad ! Moudjad je l’ai connu avec son album chez Deephop chez qui on sort notre album. Je suis pas forcément a fond musicalement, mais pour moi c’est un des meilleurs en France, le mec a le fond et la forme, après j’avoue être un peu autiste sur les bords, je découvre les trucs 15 ans après !
Pour en revenir à l’album, vous l’avez conçu à deux voir plusieurs, comment ça c’est passé ?
Principalement a deux, avec parfois la collaboration de quelques musiciens. En particulier le pianiste et le saxo de No Soma , avec qui on tourne en live, c’est eux qui ont composé “Du faux au vrai” avec moi a la programmation batterie. Concernant le 4Ro et moi, comme je vis a Paris et lui sur Montpellier, beaucoup de choses se sont faites à distance. Les seules choses que l’on a fait dans la même pièce ce sont les refrains, et peut-être deux ou trois titres. On a beaucoup discuté bien sûr, on a pris notre temps…
L’idée de la création du groupe et sa direction artistique vient duquel des deux ?
De moi ! En fait, y a quatre ans on avait fait un morceau afrobeat pour une association, on rappait tous les deux dessus, lui a sorti un texte limite slam et j’ai trouvé ça énorme ! Je lui ai dit qu’il fallait qu’on fasse un album comme çà. Moi je voulais faire dans le rap un peu l’équivalent des surréaliste dans la peinture, un truc parallèle. La direction artistique était simple : on fonce dans le mur et on voit si on passe au travers ahah !
Mais pourquoi faire ça dans le rap ? On sait que les auditeurs sont plus jeunes et leurs cerveaux plus petits ! Votre musique est plutôt compliqué…
On fait ça dans le rap, parce qu’on est dans le rap. C’est une démarche personnelle. On fait de la musique, après, qui écoute qui écoute pas, peu importe, du moment que ceux qui écoutent ont le message. C’est de l’art quoi, tu fais l’œuvre, et APRÈS tu réfléchis à ce que tu peux en faire ahah, le marketing c’est pour les yaourts !
“…ne dorment jamais” est un album one shot ou il y aura une suite à cette association ?
A court terme, on le fait tourner en live, avec set réorchestré pour l’occasion. Le second viendra quand on aura de la matière. Entre temps on a nos projets respectifs : Le 4Romain va bosser sur un album avec un beatmaker de Bruxelles qui s’appelle Star Propaganda (Olympe Mountain) et moi je prépare celui de No Soma, une sorte d’ovni Hip-Hop psychédélique. On continue dans les bizarreries quoi !
Ce sera jazz, rock, rap… ou un peut de tout çà à la fois ?
Oui un gros mix de tout ça ! Ces mecs sont super talentueux, ceux qui nous verront en live, s’en rendront compte. D’ailleurs nous ferons une scène parisienne le 15 Juin au Gambetta club à 21h00 sans oublier l’album qui sera disponible chez tous les bons disquaires le 30 Mai. Peace !
Sites : www.lesenfantsrois.com // www.myspace.com/enfantsrois // www.myspace.com/giuliano

Bounce2dis est parti à la rencontre de Sefyu Molotov avant la sortie cette semaine de son tout nouvel album « Suis-je le gardien de mon frère ? » près de deux ans après la sortie du premier « Qui suis-je ? ». L’occasion pour nous d’en savoir un peu plus sur ce nouvel opus et pourquoi pas en apprendre davantage sur le rappeur masqué d’Aulnay sous bois.
B2d. Bonjour Sefyu, je te remercie déjà de nous accueillir. Il y a un peu plus de deux ans, peu de gens te connaissaient. Aujourd’hui à 26 ans, tu es devenu l’un des rappeurs les plus en vue de la scène française. Sincèrement, est ce que tu n’as as été surpris d’un tel succès ?
On est toujours étonné un peu par l’accueil du public, mais tout ça, c’était appréhendé. Parce que avec mon équipe G8 et mon groupe NCC on a effectué déjà un gros boulot à l’époque. On travaillait énormément les textes déjà à l’époque. On se prenait vraiment la tête sur tout. Je pense qu’après, tout travail mérite salaire ! Je me suis vraiment donné les moyens. Ce que je veux dire, c’est que lorsqu’on persévère, lorsqu’on est motivé et qu’on a des ambitions, qu’on s’en donne les moyens, on y arrive tout simplement. Donc, je n’ai pas vraiment d’étonnement aujourd’hui du fait que ma musique va en progressant.
B2d. Après le succès de ton premier album. Les gens attendent forcement beaucoup du suivant. Peux tu nous dire dans quel état d’esprit tu t’es lancé dans ce second album ?
Le deuxième album, c’était un peu plus difficile de rentrer dedans parce que je sortais de tournée. J’avais fait énormément de route, en terme de concerts etc… Et puis, ça faisait un moment que j’avais pas écrit parce que j’étais sur les routes. Lorsque je suis revenu sur Paris, je me suis dit qu’il fallait rentrer vite en studio sinon c’était chaud. Je me suis laissé deux semaines de répit, et je suis rentré en studio. J’ai recommencé avec « Au pays du Zahef », c’est le premier titre que j’ai fait. Ensuite y a tout qui s’est enchaîné petit à petit. Entre temps, je m’étais déboîté l’épaule, donc je m’étais mis en stand by. J’ai repris les activités ensuite. J’ai voulu ne pas laisser trop de temps d’arrêt après la tournée. Entre le premier et le deuxième album. J’ai voulu tout de suite enchaîner.
B2d. Ton nouvel album s’appelle « Suis-je le gardien de mon frère ? » c’est aussi le nom d’un morceau de l’album. Après « Qui suis-je ? », tu es resté toujours dans l’interrogation…
Oui toujours dans l’interrogation, parce que pour moi le rap, c’est une forme de thérapie. Une sorte de remise en question à chaque fois. Suis-je le gardien de mon frère, ça résulte de la responsabilité des adultes, des grands frères, des grandes sœurs, des parents. On a des petits frères, on a des personnes qui nous précèdent et qui nous observent. On a un rôle important à jouer. Moi j’ai un petit frère et je sais qu’il m’observe… Au fil des concerts, des rencontres que j’ai pu faire, je me suis aperçu en fait que le rap est une force et qu’il avait une influence assez forte sur les gens. Moi, je l’ai pris en considération. J’ai senti qu’en tant qu’artiste, qu’en tant que leader d’opinion, les gens te mettent sur un piédestal. Tu as une responsabilité plus forte et il faut l’assumer.
B2d. Le deux morceaux « Molotov 4 » et « Au pays du Zahef » cartonnent bien sur le net déjà avant même la sortie. Il y aussi sur l’album un morceau en featuring avec Joey Starr qui s’appelle « Seine St Denis Style – Nouvelle scène ». Dans un premier temps, peux tu nous dire Comment s’est faite cette collaboration ? Et puis, forcément, beaucoup verront en cela une sorte de passage de témoin entre l’ancienne et la nouvelle génération, quel est ton avis là dessus ?
C’est un passage de témoin, forcément ! C’est symbolique pour moi ce genre de morceau ! Joey Starr est un artiste du 93. Il fait partie d’un groupe mythique du rap français qui s’appelle NTM. Kool Shen et Joey Starr ont oeuvrés pour que le rap aujourd’hui soit reconnu, avec aussi d’autres artistes… En même temps, c’est une rencontre que j’ai fait bien en amont, parce que Joey Starr m’avait invité à l’Olympia à faire la première partie de son concert. Il m’avait ré invité encore sur la réédition de son album, le dernier qui est sorti. Ensuite, je l’ai invité au Bataclan, et là je l’invite sur l’Album. Y a un travail de long terme qui se fait. En même temps c’est quelqu’un que j’apprécie dans la démarche artistique. Ce morceau symbolise le choc de deux générations.
B2d. A part Joey Starr, quels sont les autres personnes que tu as invité sur ton album ?
Y a RR, ST4, Baba, Kuamen, Sana, ce sont des personnes qui font partie de mon Label G8. J’ai invité une chanteuse américaine aussi pas très connue qui s’appelle Jessica Celious. Elle chante super bien. C’est un album assez simple dans sa conception, réalisé par Molotov 4, ma structure et c’est le titre aussi du morceau…. Une structure que j’ai monté avec Therapy et Baba. Tous les trois ensemble on a réalisé ensemble cet album.
B2d. Tu as des projets à venir avec ton groupe NCC ?
On envisage de sortir un album. Je pense que c’est question de consultation. Je pense qu’après la sortie de cet album (Suis le gardien de mon frère ?) on va essayer de se voir, parler un peu. Je pense que y en a d’autres qui ont des priorités. On verra ça quoi !
B2d. On sait que tu as eu une première carrière de footballeur avant la musique. Qui étaient tes idoles à toi lorsque tu étais plus jeune, sportivement, musicalement ou autre ?
Tout au départ, c’était des gens comme Jean Pierre Papin, Eric Cantona, Amara Simba, Basile Boli… Zico… Weah…
B2d. Et en dehors du foot ?
En dehors du foot… Mon père ! Mais moi c’était que foot… Ballon, ballon, ballon (rires)
B2d. Quels conseils donnerais tu aux jeunes qui rêvent d’avoir le même parcours que toi aujourd’hui ?
Chacun son destin ! Il faut pas prendre une direction parce que telle ou telle personne a réussi dans cette direction. Par exemple, moi j’ai réussi dans la musique, c’est pas parce que j’ai réussi dans la musique que toi il faut que tu te mette dans la musique. Il faut que tu te trouves une ambition, quel que soit le domaine. Se trouver une ambition et ne pas la lâcher. Même quand tu crois que c’est mort, c’est pas mort en vérité. Même quand tu crois que tout est plié, tout est foutu, rien n’est foutu. Tant qu’on vit, y a de l’espoir !
B2d. Je te remercie Sefyu pour cette interview. Un dernier mot peut être pour les internautes de Bounce2dis.com ?
Big up ! à tous les internautes qui vont lire cette interview et qui apprécieront la démarche. Dédicace à vous. L’album est dans les bacs le 12 mai. Allez le chercher ! C’est du lourd la famille !
Jude

Bounce2dis était invité ce vendredi au « Block Studio » pour une interview exclusive de S-Pi, rappeur emblématique du groupe SD Click à l’occasion de la sortie prochaine de son Street CD « Révélation »
B2d. Bonjour S-pi, d’abord merci de nous accueillir aujourd’hui au « Block Studio ». En attendant la sortie du street Album « Révélation », peux tu pour les internautes nous dire qui tu es et nous résumer ton parcours ?
Moi c’est S-pi, rappeur du 94, Les Alouettes, Alfortville. Membre du groupe SD Click. Personnellement, je rappe depuis douze ans. J’ai commencé à l’age de douze treize ans à écrire mes premiers textes. Au début, c’était un peu comme tout le monde, pour le fun. Et puis, on a commencé à créer des petits groupes dans la ville, dans le quartier. On faisait beaucoup de scènes, les fêtes de la musique. On a fait pratiquement toutes les scènes d’Alfortville. Après, comme dans tous les groupes, y en a qui arrêtent parce qu’ils sont plus intéressés. Moi, j’ai toujours persisté même si y a des moments aussi où je pensais arrêter, où ça me saoulait un peu. J’ai toujours gardé l’écriture, et j’ai toujours écrit, écrit, écrit. En 2003 on a créé SD Click, un groupe qui réunissait les différents mecs issus du même quartier. On a décidé de former un mouvement. Et depuis 2003 ça carbure ! On a créé le « Block Studio » où tu es aujourd’hui. On a ouvert le label 1.6 Block Prod, sur lequel on sort des « Block Tapes ». Et puis là, 2008, le projet « Révélation », le Street CD qui sort prochainement dans les bacs.
B2d. Parle-nous un peu plus du projet « Révélation » !
Le projet c’est un Street CD qui réunit 9 inédits et 4 classiques. Ce que j’appelle des classiques ce sont des morceaux extraits de compiles, mais qui n’ont pas été exploités comme ils devaient l’être. Y a « Etat des lieux », un morceau électrochoc du rap français qui a pas mal fait jaser parce qu’il dresse un portrait du rap français, objectivement parlant. Y a « 24 heures à vivre » une fiction ou j’me tape un délire et j’explique tout ce je ferais si il me restait 24 heures à vivre. Divisé en 3 couplets. 8 heures par couplets. Un truc bien concept comme j’aime bien le faire. Y a aussi « La loi du Block », un morceau qui a bénéficié d’une bonne exposition et qui a tourné en playlist sur une grande radio parisienne, 88,2 FM. Le clip a tourné aussi en télé, Trace, Zik. Et « le Mc qui » un morceau que j’affectionne particulièrement. Ces quatre là, j’ai tenu à les remettre dans le Street CD, et les neufs autres inédits portent bien leur nom. Personne ne les a entendu. C’est spécialement pour ceux qui iront acheter le CD.
B2d. Comment définirais-tu ton style ? Et quelles sont tes influences ?
J’écoute du rap depuis que j’ai six ans. Ma grande sœur m’a saucé avec tous les groupes de rap révolutionnaires à l’ancienne ; Public Enemy, LL cool J, Digital Underground et tout. J’ai toujours baigné dans la musique de part ma mère qui écoutait pas mal de musique africaine, de zouk, de reggae… La musique chez moi, c’est un truc qui est normal. C’est vraiment un élément majeur de ma vie. J’en écoute tout le temps.
De part les différentes influences par lesquelles j’ai été bercé, ça a donné naissance à un Mc qui justement s’accommode avec tous types de musiques et d’instrus. Pour la petite anecdote, pendant un moment, j’avais un pote à moi, Zahia du groupe l’Emeute qui lui rappait dans les gares. Je m’en rappelle, y avait Harlem aussi qui a fait la Star Ac’ récemment, et pas mal de mec qui rappaient déjà à l’époque. J’ai été voir parce que je trouvais le concept pas mal. Tu rappais dans la gare, c’était kainry, y avait un poste, des mecs passaient. Ceux qui étaient chauds ils venaient lâcher leurs freestyles. Y avait des rondes, c’était bonne ambiance ! Et j’me rappelle quand j’ai commencé à lâcher mes premiers textes, y avait des instrus sur lesquels personne voulait rapper. Une fois y avait un instru zouk, les mecs se regardaient dans les yeux, moi j’suis arrivé, Beam ! J’ai lâché un texte ! Y avait du Raï, Beam ! J’ai lâché un texte ! Ça a donné naissance à du Mc 4 x 4. C’est pour ça que S-pi ça me colle à la peau depuis. « S » comme style, et « Pi » pour le signe mathématique 3,14… On sait quand ça commence, mais on ne sait pas quand ça termine. « S-Pi » pour Style à l’infini !
B2d. Quelle est ta vision du rap français d’aujourd’hui ?
J’ai commencé par écouter du rap Kainry, et par la force des choses, je me suis mis à écouter du rap français. Ce qui m’a vraiment poussé à écrire, c’est l’époque Time Bomb, Lunatic, Xmen, Hifi, Diable Rouge tout ça. Les freestyles Génération, c’était mémorable ! A cette époque là où Diam’s s’est fait remarquer en lâchant un freestyle au téléphone, tu sentais vraiment l’ambiance Hip hop. Ça rappait sec ! C’est un peu l’esprit qu’on retrouve plus aujourd’hui. Aujourd’hui, les auditeurs qui appellent pour rapper au téléphone, on se fout de leur gueule, alors qu’à l’époque ça passait normal.
Ce que je reproche un peu au mouvement aujourd’hui, c’est le manque d’authenticité et le non respect pour la culture Hip-hop. A savoir des rappeurs qui viennent et qui disent qu’ils ne sont pas des rappeurs. Si t’es pas rappeur, qu’est ce que tu fais dans le rap ? Ne vient pas gâcher les chances des mecs qui sont bons, et qui sont dans l’ombre à cause de toi qui dit ne pas être rappeur! Le côté business des Majors me saoule aussi. Ça dénature le produit, on considère plus ton talent. Aujourd’hui malheureusement, un mec qui sait rapper, qui a du talent, c’est pas garanti qu’il pète si y a pas les moyens derrière. Ça c’est un peu relou ! Je reproche chez certains aussi le côté : j’ai un clip qui tourne un peu sur Internet, j’ai un morceau qui passe en émission spé à la radio, donc je suis une tête, donc je me la raconte. C’est n’importe quoi ! Ça saoule ! C’est sur la longueur qu’on voit qui est qui. C’est un travail de longue haleine le Rap.
Pour les bons côtés, moi je trouve qu’au niveau des productions musicales, ça s’est vraiment bien amélioré. Aujourd’hui, on a vraiment des bons instrus bien lourds. Même pour les tapes, les freestyles, la conception musicale est assurée derrière. Les producteurs vont vraiment chercher des influences qui leur sont bénéfiques et tout. Ça donne du bon taf !
B2d. Je te remercie S-Pi pour cette interview. Est-ce que tu as un dernier mot pour les internautes de Bounce2dis ?
J’encourage le média Internet, à savoir les informations vont plus vite, on peut mieux se renseigner… Mais n’oubliez pas s’il vous plaît d’acheter des CD. Même quand vous téléchargez, si le truc vous plaît, allez l’acheter ! C’est comme ça qu’on va vous redonner du meilleur encore. Si vous télécharger tout le temps, nous on se fait baiser, on a plus de quoi après faire des CD, et on se retrouve au Mc Do, au Quick, où on taffe chez Midas… Sinon, pour tous ceux qui veulent savoir ce que S-pi donne sur CD, c’est l’occasion ! S-pi « Révélation », c’est du bon ! Du lourd ! Tous ceux qui ont kiffé S-Pi jusque là, allez l’acheter, vous serez servis !! Respect aux médias, c’est eux qui nous font ! Respect a Bounce2dis !
LA NET TAPE DE SD CLICK EST DISPONIBLE GRATUITEMENT SUR:
Pour accéder au Myspace de S-pi :
Pour accéder au Myspace de SD Click :
Jude
Snoop: Salut E.Frasy, ça va ? Bienvenue sur Bounce2Dis.com et merci de bien vouloir répondre à nos questions…
- Salut, ça va bien merci. Pas de problème on y va.
Bounce2Dis: Qu’est-ce qui t’as donné envie de rapper ?
- A la base j’aime la musique et ce qui me correspondait le mieux était le rap, notamment par rapport aux valeurs que ce courant véhiculait. J’ai tout de suite été séduit par ce mouvement même si à l’époque je n’avais aucun recul. Et en toute honnêteté c’est IAM et plus particulièrement Akhenaton !
Bounce2Dis: Tu as commencé à quel âge ?
- J’ai commencé à écrire en 1996, j’avais donc 16 ans.
J’ai aussi tenté une expérience de DJ en même temps qui a commencé et terminé dans mon salon, une vraie catastrophe !
Bounce2Dis: Ok, et quels sont tes premiers souvenirs du mouvement hip hop en général ?
- Mes premières découvertes, donc le début des années 90.
J’ai des images qui me reviennent, comme lorsque mon cousin m’a fait écouter une cassette de NTM dans son walkman, on était à l’arrière de la voiture de mon oncle et ma tante et on rigolait à chaque gros mot, surtout sur le refrain du titre “C’est clair”. Aussi, en colonie de vacances, un mec m’a fait découvrir IAM toujours sur une cassette repiquée c’était le maxi “De la planète Mars…”. Et puis après je suis tombé dedans, je m’intéressais de plus en plus à tout ça et le reste a suivi : l’achat de disques, la belle époque des mix-tape, etc…
Bounce2Dis: Quels sont les incontournables du hip hop d’après toi ?
- C’est un peu bizzarre mais je ne connais pas du tout le rap U.S, donc mes références sont uniquement françaises. Je ne pourrais pas faire une liste exhaustive de “mes incontournables” car dans ce cas là je citerai des morceaux plutôt que des artistes. Et puis il y a du bon et du mauvais à chaque époque… Ceci dit IAM, NTM, Assassin, Fabe, La Cliqua, Minister Amer… et bien d’autres encore comme le crew Time Bomb avec Lunatic, Oxmo Puccino, X Men et Pit Baccardi ont fait partie de mon éducation musicale.
Bounce2Dis: D’où vient ce blaze “E.Frasy” ?
- C’est le prénom de ma grand-mère “Euphrasie” disparue en 2002 que j’ai réortographié à ma façon. Mais ce pseudo me suit depuis mes débuts en tant que rappeur (1997).
Bounce2Dis: Avant de parler de ton premier album solo, tu peux nous en dire plus sur ton collectif “Clan-Destin”, comment s’est il formé ?
- Ce collectif est né en 1997 et a rassemblé à ses débuts une douzaine de personnes environ mais sur un laps de temps extrêmement court. On était en majorité tous issus du même quartier. Après il y a eu pas mal de “va et vient” autour du noyau dur encore là aujourd’hui : 3 rappeurs et 1 DJ. Il s’est formé et transformé tout naturellement…
Bounce2Dis: Quels sont les mc’s présent dans ce collectif ?
- Parin “Don Frigeni”, Korozyf et moi (E.Frasy). D’ailleurs on retrouve le collectif au complet sur l’album dans le morceau “L’égatrip”. Notre DJ (DJ Kortez) s’est occupé de la “prod” (instru) et des arrangements (scratches).
Bounce2Dis: Ton actu du moment, c’est donc ton premier album “Entre Deux”, comment s’est passé la création ?
- Comme n’importe quel album de rap français auto-produit je pense : les phases d’écriture en fonction des “instrus” choisies et inversement, le choix des featurings vocaux et instrumentaux et toutes les questions que l’on peut se poser sur la réalisation d’un tel projet, les moments de speed, de doute, les satisfactions, les déceptions… Et tout ça bien sûr s’entremêle en même temps.
Bounce2Dis: Tu as mis combien de temps pour le réaliser ?
- 4 bonnes années ! Certains titres ont été créés en 2003 !
Bounce2Dis: Tout est fait en auto-prod ?
- Oui c’est pour ça que les choses vont lentement, car il faut tout faire en même temps et tout gérer soi-même en combinant sa vie professionnelle et sa vie de famille. Et puis il y a le nerf de la guerre : l’argent !
Bounce2Dis: Quels sont les différents invités qu’on peut retrouver sur l’album ?
- Parin et Korozyf (Clan-Destin), Le Rezo, La Devise, Arnaldo (L’Infanterie), John Sadeq (Guerilla Music) et Hip Hop Parallèle.
Bounce2Dis: Et pour les productions, tu as fait appel à qui ?
- DJ Kortez (Clan-Destin), DJ Ol’Shyne (Le Rezo), Wicked Matrix, DJ Farid (L’Infanterie), DJ Suprem (Guerilla Music), DJ Brasco (DV Corporation) et DJ Stick (Hip Hop Parallèle).
Bounce2Dis: Si tu devais définir ton album en quelques mots, ce serait…
- “Entre deux” !
Bounce2Dis: Y’a des thèmes que tu as voulu absolument aborder ?
- Pas spécialement. Cet album propose un côté “égotrip” et un côté “texte à thème”, c’est aussi ça le concept “Entre deux”. Mais le morceau “Hommage” dédié à ma grand-mère me tenait vraiment à cœur.
Bounce2Dis: Quels sont les titres que tu voulais absolument garder pour le tracklist final ?
- Franchement, tous ! Seul un morceau n’a pas été retenu car on a jugé avec DJ Kortez, qu’il n’était pas dans l’esprit de l’album. Ceci dit, le remix de “J’suis r’parti” est arrivé sur le tard et la version piano de “Hommage” a été préférée à la version de base. J’ai hésité sur le morceau “Le contenu”, moi j’étais pour et DJ Kortez était contre… Mais il est bien là !
Bounce2Dis: C’est quoi tes objectifs avec cet album ?
- Qu’il soit avant tout une bonne carte de visite et qu’il me serve de tremplin pour la suite. J’aimerais aussi que les auditeurs parviennent à rentrer dans ce concept “Entre deux” et à en comprendre le sens.
Bounce2Dis: Est-ce qu’on peut l’acheter en vpc ?
- Oui, sur www.justlikehiphop.com et les gens peuvent également se le procurer sur les plates-formes de téléchargement.
Bounce2Dis: Tu as déjà eu quelques retours sur ton album ?
- Oui, d’ailleurs je suis en pleine période de relance et les critiques sont plutôt bonnes, des titres sont placés en “playlist”, j’attends maintenant les “chroniques” !
Bounce2Dis: C’est pas trop galère de sortir un album dans le climat actuel ?
- Si c’est très dur et même usant mais tant que la passion prend le dessus… Le CD ne devrait pas tarder à disparaitre d’après ce que j’ai entendu, on est en train de “dématérialiser” le support. Les bacs se réduisent de plus en plus et les auto-prods passent largement après les grosses écuries. Les shops spécialisés et disquaires ne font quasiment plus de dépôt, certains mettent les clefs sous la porte et d’autres ont choisis l’option “buisness bling bling” ! Tout ça n’est pas fait pour arranger nos affaires.
Bounce2Dis: Tu penses quoi du mouvement rap français en 2008 ?
- C’est un vaste débat. Il y a de bonnes comme de mauvaises choses. Ce qui est dommage c’est que le rap soit un peu mangé à toutes les sauces. Et puis trop de rappeurs privilégient la logique marchande au détriment de la logique artistique et parfois même des rapports humains. Il est normal que l’on veuille vendre des disques et faire des concerts, mais si pour cela il faut se transformer en pantin, dire des conneries pour absolument vouloir répondre à une demande et “s’enquiller” dans un créneau qui rapporte, je trouve ça triste et lamentable.
Bounce2Dis: Quels sont les adresses internet où on peut te retrouver ?
- Le plus simple c’est que je donne mon adresse myspace : www.myspace.com/efrasy
Bounce2Dis: Tu as un message à passer pour nos internautes ?
- Oui, qu’ils n’hésitent pas à soutenir les petites “auto-prods”, car on en a bien besoin…
Bounce2Dis: Merci à toi et j’espère que tout se passera bien pour ton premier projet. Je te laisse le mot de la fin…
- Un grand merci à Bounce2Dis et Radio Unda pour leur soutien !

Sobre, peux-tu en quelques mots nous présenter ton équipe ainsi que votre parcours ?
Expertiseurs c’est 3 potes, Fresh Dee le DJ, MAT et moi-même les rappeurs. Fresh et MAT produisent également. On s’est formé en 2003, c’est Fresh qui m’a présenté à MAT à l’époque où j’animais des sound system HH avec lui aux platines. J’étais plus dans un délire toaster mais je me suis très vite redirigé vers le rap que je trouvais plus ouvert, plus facile d’y aborder des thèmes variés. Les yards sont un peu bloqués sur la religion ou les « fuck les batty boy » par exemple, moi je m’en branle de tout çà, je voulais être plus libre dans ma création.
T’as quand même gardé cette ambiance « piscine & champagne » qu’on retrouve souvent dans le dancehall et qui est quasi absent du rap français…
Oui car la teuf, le fun… ont leur place dans chaque musique, mais je suis avant tout Rock-N-Roll ! Pour moi le Hip-Hop est Rock-N-Roll. Effectivement le rap français est un peu coincé, on sait tous que Mobb Deep l’a traumatisé.
Sauf toi, tu n’as jamais été un de ces rappeurs tristes ?
Avant Expertiseurs je rappais avec mon homy Dikap - qui arrive bientôt avec son projet solo d’ailleurs, et j’étais déjà plus fun. Mais attention, qui dit plus fun ne dit pas forcément pas sérieux, on peut traiter de choses graves de façon plus légère. J’ai quand même quelques lignes de rap conscient dans mes dossiers, bien que moins moralisatrices que celles de certains rappeurs du moment ! L’intérêt du rap c’est de faire kiffer l’auditeur, si tu le fais chier au bout de deux mesures t’as tout loupé. Je crois que mon premier texte c’était sur du Wyclef Jean…
Ouais mais on peut l’intéresser en le faisant réfléchir tu ne penses pas ? A l’image d’un groupe comme La Rumeur…
Bien sûr. La Rumeur ont d’excellent lyrics, je pense que leur problème c’est la punchline. Mais tu vois, si je veux m’informer de ce qui se passe dans le monde ou même en bas de chez moi, je lis le Figaro !
Le Figaro ? Vous êtes donc des rappeurs de droite prônant l’ultra libéralisme et le capitalisme poussé à l’extrême ??
Ahah non justement ! C’est une blague de MAT, mais je suis fondamentalement de gauche. C’est vrai que dans mes morceaux c’est fric, meufs,… mais c’est pulsionnel, consumériiiiisme !
Et vous n’avez pas peur que les gens pensent que vos titres sont uniquement constitués de rêves de jeunes fauchés accrocs aux conneries genre MTV cribs ?
Ahah non, parce que tout ce que je rap, je l’ai vécu ou je le vis. Après j’ai pas trop à me justifier de çà et puis si on passe pour des rêveurs tant mieux : « pour les acharnés et pour les rêveurs » disait Busta, alors je suis son conseil !
Busta, c’est une de tes références en matière de rap ? Les rappeurs privilégiant la forme avant tout…
Oui et non, j’aime quand c’est bon à entendre. T’écoutes Ill, y a de la forme mais aussi du fond. C’est important la forme bordel ! Si déjà t’as pas la forme comment veux-tu avoir du fond. Si tu sais pas rapper t’auras rien d’intéressant à raconter. Tu vois ce que je veux dire ? Malgré tout c’qu’on dira, « Jeunes, coupables & libres » reste mon album de rap français préféré. Après je suis également influencé par des artistes tels que Busta, Joeystarr, Gynéco…
Et dans le rap français d’aujourd’hui ?
J’écoute pas vraiment, rien ne m’intéresse, je trouve çà dommage.
Justement, que penses tu du discours actuel qui consiste à dire que le rap français meurt à cause de ces rappeurs festifs à tendance dirty south ?
Déjà rap festif, y a un hic. L’influence est tout autre c’est tout, tu abordes les problèmes d’une manière différente. Moi je trouve bien que le rap se tourne enfin vers autre chose. D’ailleurs sur la compile FDS tu me retrouves, parce que çà se rapproche de ce que j’aime entendre. Après dire « je fais du dirty south français », çà veut pas dire grand chose…
Ces rappeurs dont tu fais sûrement partie pour la majorité des auditeurs ne sont pas vraiment connus pour aborder des sujets sociaux mais plus pour raconter leur dernière sortie en boite…
Le truc c’est que souvent, des rappeurs dit « conscient » imaginent soulever des problèmes de ouf, nananinanana… mais des fois, y a des phases qui me font marrer ! Ils t’apprennent la vie et t’ouvrent les yeux sur le monde : mon cul ouais ! C’est pour çà que La Rumeur par exemple, je respecte, parce qu’ils savent écrire.
Et tu penses que les mecs de 25 piges et plus se retrouvent dans votre son ?
Oui je pense, et même au delà, les mecs de 40 ans ! Le frère de MAT, Antoine Banville, c’est un jazz man qui vend des disques jusqu’au Japon et tout , des fois ils nous invitent sur scène à la fin de ses concerts. Donc déjà t’imagines le public quoi, et bah ils kiffent ! Ses zikos étaient assez sceptiques au début, mais au final ils nous réinvitent. Donc oui, on peut faire kiffer toutes les tranches d’âge. Après moi je n’ai que 22 piges et je n’ai pas la prétention de certains rappeurs d’ouvrir les yeux aux plus jeunes comme aux plus vieux. Mon rap est dégueu, je pense qu’il dérange car j’y parle de drogues et de sexe. Des groupes comme Express D. qui te parlent de « rotca rotca rotca… » çà manque….
On en revient au Rock-N-Roll, comme les rockers la scène semble être est un passage important voir obligatoire pour vous…
Oui c’est très important, comme des rappeurs tout simplement. Tu mates Joeystarr ou Tupac avant, si c’est pas des bêtes de scène çà…
Mais là tu parles d’exceptions, les rappeurs ne sont pas vraiment reconnus pour leurs performances scéniques. On a souvent droit à un déballage de phases inaudibles sur des instrus couvrants les voix.
Ouais c’est vrai, pour nous c’est une confrontation avec notre public, et puis c’est çà le rap, balancer un freestyle avec tes potes, 8 mesures chacun autour d’un verre. On essaie de faire bouger les gens, c’est important pour que le public suive, qu’il se reconnaisse dans ta zic. On aime faire n’importe quoi dans la vie, donc si on arrive sur scène et qu’on se fait chier bah c’est loupé tu vois ? Ensuite c’est vrai qu’à l’inverse des disques la scène rapporte de l’argent.
Venant de Normandie il est plus difficile pour vous de se faire une place dans le rap jeu, alors quand on s’auto proclame « pimp » dans une région reconnue pour son rap mélancolique s’est carrément se tirer une balle dans le pieds ! Comment les gens vous ont accueillis ?
C’est pour çà que j’essaie de m’exporter sur quelques projets. A partir du moment où les mecs t’invitent sur des tracks, je pense qu’ils n’en ont rien à foutre d’où tu viens. Ils écoutent ton son et ils aiment ou non. Après notre côté « pimp » voilà, c’est notre manière de dire qu’on pratique un rap différent et de qualité. J’ai vu des kilos de weed devant moi, des kilos de C, des bouteilles de Cognac à foison, des meufs… Mais je ne vends pas de meufs, juste du son et beaucoup d’herbe !
Votre rap sonne plus « hype » que le rap de rue, vous êtes quand même écouté dans les quartiers ?
On a joué quelques scènes dans des quartiers et c’est en général pas très bien reçu. Le problème est ancestrale, la faute encore et toujours à Mobb Deep ! Je pense que comme au moyen âge, le rap a subit un obscurantisme durant ces dernières années. Si tu prends le Val Fourré, Express D. v’là ce qu’il t’envoient comme fraîcheur. Si tu écoutes El Matador bon bah voilà quoi, l’équation est résolu ! Mais par exemple j’ai bossé avec un jeune qui s’appelle Vodoo, il a un groupe et c’est un putain de rappeur, je suis sur sa compile, lui reconnaît le bon travail.
Et les ambiances sudistes ou de la bay, c’est nouveau pour vous ou çà fait longtemps que ces artistes vous intéressent ? Il est bien difficile de déceler les passionnés des opportunistes de nos jours…
Je vois ce que tu veux dire, mais t’inquiètes, Sobre n’est pas un arriviste ! Ca fait longtemps qu’on pratique le style « dumb », déjà sur notre premier mix-tape, introuvable aujourd’hui, on parlait de tout un tas de conneries, « rébou style »… Je pose aussi bien sur FDS, que sur la compile west coast du Suisse Chromatiks. Parce que notre son n’est ni south, ni east, ni west, il est reconnu parce qu’il est d’abord de qualité. Après les mauvaises langues diront probablement que je n’ai pas mon propre style etc…mais moi les fasts flows j’en écris depuis toujours. C’est un héritage de mes influences Jamaïcaines. Moi je prends de tout ce qui est bon en France et rien pour le reste tu vois ? Ce serait dommage de se cantonner à un style particulier pour revendiquer une identité.
Il n’empêche que de vos CDs ressort plus le côté festif que politique…
Bon là d’accord je ne peux rien dire, mais c’est comme çà que j’envisage les choses, disons que ma démarche est de commencer par un sujet tranquille , plus léger et qu’ensuite je place quelques révélations universelles ou des clin d’œil politique tu vois ?… Si tu écoutes les lignes et lis entre elle çà se tient.
On pourra t’entendre sur des projets extérieurs prochainement ?
La prochaine compilation de Chromatiks, la FDS où je pose sur un titre avec Diomay et RMA2N, un projet de DJ Alks et peut-être sur le projet de Driver « libérez Driver », enfin si il aime ce qu’on lui a envoyé ! J’essaie d’être au max sur toute sorte de truc qui me paraissent intéressants tout en restant égal à moi-même.
MAT est plus en retrait au sein du groupe, c’est volontaire ou les aléas de la vie ?
Les aléas, disons qu’il aime produire des tueries avec lui-même, mais on bosse tout le temps ensemble. Là il s’était barré quelques temps donc j’en ai profité pour sortir ma tape histoire de garder la forme ! Il prépare une tape en solo mais pour l’instant je ne peux pas en dire plus.
Lentement mais sûrement la scène Caennaise commence à emmerger grâce à des mecs comme Skread, Orelsan, Gringe ou encore vous-mêmes.
Ouais c’est cool ! Moi je bosse pas trop avec eux, Dieu sait pourquoi mais ils ne sont pas chauds. Mais avant tout chose je représente le 1 treuk !
L’union fait pourtant la force…
C’est vrai mais disons qu’ils sont « au-dessus », avec Skread qui produit pour Diam’s ou Booba, on a pas les mêmes valeurs héhé ! j’ai beaucoup de respect pour leur travail, je les ai souvent sollicité mais ils n’ont jamais répondu présent. C’est dommage, je pense qu’il serait bien qu’on s’unisse pour avoir une vraie image, mais bon… eux ont déjà un nom comparé à nous.
Pour terminer, l’actu d’Experty c’est quoi ?
Pas trop de scènes pour le moment, j’essaie de rebondir avec ma tape pour apparaître sur quelques projets, MAT prépare la sienne de son côté et voilà, Experty est là ! La Normandie a toujours était un vivier de créations, c’est peut-être son heure avec nous et 7th Magnitude. C.A.E.N arrive avec aussi mes homies Jeune Karn et Dikap, la nouvelle capitale du rap ! Allez télécharger nos mix-tapes gratuites sur notre Myspace et libérez Le Roi Heenok !!
Plus d’info :

Snoop: Salut Réel Carter et bienvenue une nouvelle fois sur Bounce2Dis ! Comment vas-tu ?
Merci pour l’invitation, ça va et toi Snoop?
Bounce2Dis: Très bien, merci… Depuis notre dernière interview pour la sortie de l’album “Essence du cœur”, que s’est t’il passé pour toi ?
Il y’a eu des participations à différents projets comme “melting-pot”, l’album de Drag. One. J’ai fais quelques scènes, puis j’ai pris le temps de préparer ce nouveau disque “contre vents et marées”.
Bounce2Dis: Depuis quelques mois, ton nouvel album “Contre vents et marées” est dans les bacs, comment définirais-tu cet album ?
Cet album est dans la continuité de mon précédent. Il est plus musical, p